‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 138 sur 174 · Ëdilion dl Nopoli, 1733, iii-4«, p · texte numérisé non relu

Ëdilion dl Nopoli, 1733, iii-4«, p

extraordinaire pour amener les eaux et construiie des fontaines le témoignage le plus éclatant, dans la magnifique nappe qu'il alla chercher à trente-cinq milles de Rome, et qu'il fit jaillir comme un fleuve^ du haut du Janicule> près de Saint*Pierre in Montorio, par les bouches et les vasques élégantes de la superbe fontaine élevée par Paul V, en 1612. L'eflfet de ce château d'eau est bien plus imposant que celui de ; la Fontaine du Moïse, à laquelle il avait travaillé avec son frère.

La conduite de Teau, achetée par Sixte-Quint, jusque sur le Quirinal et TEsquilin présentait, si l'on en croit Domenico, des difficultés égales à celles que les anciens Romains avaient eues à surmonter. Pour trouver la source, il fut nécessaire de creuser une montagne de pierre dure, sur une étendue de plus de deux milles. L'eau court sur un espace de vingt-deux milles, tantôt sur des aqueducs très-élevés, tantôt dans des souterrains profonds, au milieu d'un massif de rocs des plus durs. Fontana assure que deux mille, et quelquefois môme jusqu'à trois et quatre mille ouvriers, selon les saisons, furent occupés à ces travaux, qui furent poussés avec la plus grande célérité, afin de répondre au désir du pontife de les voir promptement achevés. Ce désir était motivé chez Sixte, nonseulement par l'ardeur naturelle de son caractère, qui le portait à vouloir la prompte fin de ce qu'il avait entrepris, mais en outre pour prouver à ses sujets qu'il ne s'était pas trompé. En effet, la difficulté de l'œuvre et la grandeur de la dépense avaient excité des doutes, jusque dans son entourage, sur la possibilité de sa réussite. On disait publiquement à Rome, que ni les contemporains ni leurs descendants ne verraient ja-

mais cet ouvrage terminé ^ Il le fut néanmoins en trois années : commencés à la fin de juin 1585, les travaux étaient achevés dans le cours de 1588. Ils avaient coûté, selon le témoignage de FontanaS en«viron deux cent soixante-dix mille écus, y compris le prix d'acquisition de la source.

A Texemple de Claude et des autres empereurs, qui ont fait amener de Teau à Rome, Sixte voulut perpétuer, par des inscriptions sur les aqueducs, le souvenir de cette grande et utile entreprise. Il en a fait placer quatre, qui rappellent que c'est à lui qu'on en doit la pensée et la réussite.

D'abord, hors de Rome, à l'endroit nommé le Monte del Grano, dans la direction de Frascati, sur l'arc qui traverse la route, du côté qui regarde cette ville, on lit :

Sîxtus V. Pont. Max.

Quo fontibus restitutis

Deserti urbis îterum habitarentur colles

Acquas undique inveniendas mandavit

An. MDLXXXV. Pontifie. I.

Sur le môme arc, du côté de Rome :

Sixtus Y. Pont. Max.

Plures tandem acquarum scaturlginçs inventas

In unum collectas locum subterraneo ductu per

Hune transire arcum a se fundatum curavit

An. MDLXXXV. Pontifie. I.

Dans l'enceinte de Rome, en dedans de la porte Saurliprenzo, sur une arcade du même aqueduc, à droite en entrant dans la ville, on lit :

Page 1