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aux affaires publiques. Enfin, le cardinal d'Esté, chef du parti français, voulait, avant tout, écarter Torrès, Espagnol dévoué à Philippe II.-
D'ailleurs, selon le témoignage des historiens, Montalto, dans le Conclave, avait agi avec une grande prudence et une extrême habileté ; ménageant tous les partis, ne disant du mal de personne, au contraire, faisant des avances et des politesses à tout le monde : sans montrer une ambition déclarée, il promettait néanmoins de rendre les services que le temps et le lieu exigeraient; s'humiliant devant ses collègues, leur rendant des visites, et recevant d'eux, à l'occasion, des promesses, avec les protestations d'une éternelle reconnaissance. Avant l'ouverture du Conclave, il alla voir Farnèse et lui offrit son vote, se recommandant en même temps à sa protection ; ce qui fît dire que Farnèse lui avait promis de ne pas s'opposer à son élection. Avec Este et Medici, il protesta de son dévouement au grand-duc de Toscane et au duc de Ferrare. Le matin de son élection, il alla faire visite à Altemps, dans sa cellule, et il lui déclara qu'il lui devrait une éternelle obligation s'il voulait bien le favoriser de son appui ; déclaration qui décida ce cardinal à le faire nommer.
Du reste, il faut ranger au nombre des fables ce qu'on a dit et répété des infirmités simulées de Montalto, qui auraient beaucoup contribué à le faire choisir pour pape, dans l'espérance avouée , par un grand nombre de cardinaux, de le voir bientôt mourir et de conserver la chance de lui succéder promptement. Ces calomnies répandues contre Sixte, et reproduites même en peinture, sont formellement démenties par les historiens du Conclave, qui ne dissi-
mulent cependant aucune des pratiques blâmables des cardinaux. Loin de représenter Montalto comme cherchant à paraître malade et infirme, ils s'accordent à dire qu'un des motifs qui déterminèrent le cardinal Medici à le patronner, fut : « qu'en faisant Montalto pape, encore vert d'années, puisqu'il n'atteignait pas soixante-quatre ans et qu'il jouissait d'une constitution robuste et vivace, il pouvait se tenir pour assuré qu'il ne manquerait pas d'enterrer Farnèse et ses partisans : ce qui le délivrait de tout ce qu'il avait à redouter de lui et des siens ^ »
Au milieu de toutes ces compétitions, le scrutin du mardi 23 n'avait donné que onze voix à celui qui avait obtenu le plus grand nombre de suffrages. Les chefs du parti de Montalto continuèrent donc leurs pratiques en sa faveur. Le cardinal di Santa-Severina raconte, dans ses Mémoires, que son collègue Alessandrino, plus jeune q'ue Montalto, le prit à part et lui dit : — « Ne nous opposons pas à ce pauvre vieux, parce que nous en serons les maîtres ; » — et qu'il lui aurait répondu à l'oreille : — « Fasse Dieu que Votre Éminence ne s'en repente pas demain ^! » Néanmoins, Santa-Severina promit sa voix.
Les cardinaux Alessandrino et Rusticucci, bien qu'ils eussent mis Medici et d'Esté dans les intérêts de Montalto, savaient bien qu'ils ne réussiraient pas à le faire pape, sans le consentement et le concours de
1. aE considerb ancora che col far papa Montalto , fresco in un certo modo d*anni^ non arrivando a 64, di cosi robusta e vivace cornplessione , che per ordine di tiatura si potea tenere sicuramente fosse per seppellire Farnesc e tuili i suoi fautori ; veniva a liberarsi d' avère a temere pifi di lui e decjU aftri suoi,* Tenipesti, loc, cit. , n® V, p. 7 7 •