‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 15 sur 174 · Jbid., lib. VI, li» xxx, p · texte numérisé non relu

Jbid., lib. VI, li» xxx, p

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San-Sislo et des nombreux cardinaux créés par Grégoire XIII, son oncle, sur lesquels il exerçait une grande influence. Ils en gagnèrent assez facilement quelques-uns, par promesses et par menaces. Quant à San-Sisto lui-même, voici le stratagème dont ils se servirent pour l'amener à leurs Ans. Us lui envoyèrent Riario, créature de Grégoire, mais très-dévoué à Montalto, qui lui dit : — « Monseigneur , le projet de nommer pape Montalto est si fortement combiné, que, dès actuellement, ce cardinal est pape : si donc Votre Eminence essayait de s'y opposer, non-seulement elle perdrait son temps, mais, en outre, plie s'exposerait à son ressentiment, puisqu'il n'en serait pas moins élu. C'estpourquoi, je lui conseille de vouloir bien consentir de plein gré à ce quelle ne peut pas empêcher par force. » Il ajouta que Montalto serait pour lui un autre Sixte IV, qui était du même ordre, et fit Riario cardinal vice-chancelier. — San-Sisto fut comme étourdi par ce raisonnement, d'autant plus qu'un autre partisan de Montalto, le cardinal Guastavillano, vint lui répéter la même leçon. Il se résigna donc à la nomination de Montalto, et promit de lui donner son suffrage ^

Comme cette adhésion inspirait peu de confiance aux chefs du parti de Montalto, qui connaissaient San- Sisto pour un esprit irrésolu et changeant, ils se décidèrent à brusquer l'élection et à la proposer le lendemain par acclamation. Ce plan, accepté par les adhérents de Montalto, fut traversé par l'arrivée du

1 . TempesU , l. I , lib. V, n» xii, p. 84 ; Voy. à la noie (U), la ciiaiion lalme d'un historien anonyme, qui altribue à un tout autre inoUf la délerminalion prise par San-Sislo de voler pour Monlallo.

cardinal Madruccio qui, venant de Trente en toute hâte, entra au Conclave le mardi soir. Il passait pour être le porteur des volontés du roi d'Espagne, et quelques cardinaux auraient voulu, pour être agréables à ce puissant monarque, élire pape Madruccio luimôme. Mais, après son arrivée, le bruit se répandit que Philippe n'entendait point exclure Montalto, ce qui rassura ses partisans et les détermina de nouveau à pousser leur entreprise. En conséquence , ils résolurent de le proclamer pape le lendemain matin, mercredi 24 avril, lorsqu'ils seraient rassemblés dans la chapelle Pauline pour la messe et le scrutin. Mais à ce moment, le cardinal de Vercelli se présenta pour entrer au conclave, ce qui retarda la célébration de la messe. Lorsqu'elle fut terminée, le maître des cérémonies se mit à lire les bulles aux deux nouveaux arrivés ^

C'était la circonstance qu'attendaient impatiemment les partisans de Montalto pour le faire pape. Dès que la lecture des bulles fut commencée, le cardinal d'Esté fit un signe de tôte à Alessandrino, et ce dernier sortit de la chapelle Pauline, emmenant avec lui son collègue San-Sisto. A peine entré dans la salle royale, Alessandrino dit au neveu de Grégoire XIII, qu'il y avait accord entre bon nombre de cardinaux pour nommer Montalto pape^ et qu'il le priait de vouloir bien appuyer cette entreprise. San-Sisto répondit qu'avant de prendre un parti, il désirait en conférer avec les cardinaux créés par son oncle, et que s'ils approuvaient ce choix, il l'approuverait également. En

1. Selon la rolalion anonymo do Bologne, le dernier venu aurait été le cardinal Madruccio. — Tempesii, /oc. ci7., u°* x-xi, p. 82-83.

conséquence , tous ces cardinaux avertis sortirent de la chapelle et se rendirent dans la salle royale, où, interrogés par San-Sisto, les chefs, déjà gagnés à Montallo, répondirent que le sujet choisi leur convenait, étant un cardinal très-capable et très-saint. Seul, le cardinal-archiduc d'Autriche voulut savoir le dernier mot du roi d'Espagne : il renlra dans la. chapelle, et fit part de cette ouverture au cardinal Madruccio , confident de Philippe, lequel lui dit que le choix de Montalto serait très-agréable au Roi Catholique, et qu'il pouvait lui donner sa voix. Retournant donc dans la salle royale, Tarchiduc se joignit aux autres cardinaux, et tous, conduits par Âlessandrino etSan-Sisto, se dirigèrent processionnellement vers la chapelle, avec ri mention arrêtée de proclamer Montalto pape. «A leur rentrée, dit un historien du Conclave \ on vit les cardinaux qui étaient restés à leurs places, les uns pâlir, les autres rougir. » Sans perdre de temps, Alessandrino et-San Sislo s'avancant ensemble, allèrent embrasser et adorer Montalto, s'écriant : Papa^ Papal — « Nous vous avons fait pape, » se félicitant avec lui ; et San-Sislo lui dit : — « Je vous prie de prendre le nom de Sisto, » ce qu'il lui promit de faire. A cette vue, les cardinaux qui n'étaient point dans le secret restèrent stupéfaits : mais ils furent invités à ne pas quitter leurs places, et tous ensemble, renonçant au scrutin, donnèrent ouvertement leurs suffrages au cardinal di Montalto, qu'ils proclamèrent pape. Pour lui, fidèle à sa promesse, il vota en faveur d'Alexandre Farnèse. Il déclara ensuite prendre le nom de Sisto - Quinto, afin de renouveler celui de Sixte IV, qui avait

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