‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 140 sur 174 · Fol. 38, ut supra · texte numérisé non relu

Fol. 38, ut supra

3. Traduit de l'allemand par J.-B. Haiber, avee des notes de M. de Saint-ChéroQ, 3 toI. in-S», 2^ éd. Paris, Sagnier et Bray, 1848, t. H/p. 88.

était un immense avantage pour ce quartier et poar toute la ville. L'Aqua Felice donne* en vingt-quatre heures, 20,537 mètres cubes d'eau et entretient vingtsept fontaines. On commença, en effet, à construire de nouveau sur ces hauteurs ; Sixte y encouragea par des privilèges particuliers... Il établit la Via Felice et le Borgo Felice^ ouvrit de tous côtés les rues qui conduisent encore aujourd'hui à Sainte-Marie Majeure, et il avait, de plus, le dessein d'unir toutes les basiliques de Rome par de larges et grandes rues. Les poètes, dans leurs éloges, disaient que Rome se doublait et cherchait à occuper de nouveau ses antiques demeures. »

Après avoir expliqué les diflBcultés qu'il eut à surmonter pour amener cette eau à Rome, Fontana fait remarquer que, comme elle arrive dans l'endroit le plus élevé de la ville (sur la rive gauche du Tibre), il devint facile de la diriger de ce point culminant sur le sommet des autres collines, qui s'en trouvaient alors privées, telles que le Capitole, le Palatin, le Gœlius, le Yiininal et le Quirinal. a Si bien, ajoute-t-il, que ces monts seront désormais aussi commodément fournis. d*eau que les parties les plus basses de la ville. Cette eau a été cause qu'on voit à présent (1590) ces sites^ abandonnés auparavant par suite de leur aridité, embellis de ruisseaux qui en font la richesse et décorés de fontaines dues aux concessions libérales de notre seigneur (Sixte). La salubrité de l'air est revenue avec ces eaux; on recommence à habiter ces monts; on y construit des palais et des maisons en grand nombre, et comme une nouvelle Rome. Les jardins, en absorbant cette eau, qu'ils attendaient depuis si longtemps, montrent en toute saison une fraîcheur verdoyante et

une végélation plantureuse, et, avec les fleurs qu'ils étalent et Tombre qu'ils offrent, ils présentent Timage d'un printemps perpétuel, attirant la cour et la ville, et engageant les Romains à venir se flxer sur ces collines si riantes et si fraîches, surtout pendant les chaleurs de l'été*. » — Cette idylle de l'heureux architecte de Sixte n'est pas complètement vraie : sans douie, depuis la conduite de YAqua Felice^ on a bâti sur la, place des Thermes et dans les rues voisines, et la population, bien que clair-semée, est revenue prendre possession de ces lieux, entièrement déserts auparavant; mais l'eau et les constructions ont été impuissantes pour chasser de ces lieux la malaria, qui règne dans la plupart des quartiers de Rome.

Pour couronner son œuvre. Sixte voulut ériger une fontaine monumentale, plus belle que celles qui existaient alors dans sa ôapitale *. Il en demanda le plan à son architecte, et celui-ci, pour flatter son maître, choisit, comme sujet. Moïse faisant jaillir avec sa baguette l'eau du rocher. Cette fontaine fut établie sur la place Sainte-Suzanne,' le long delà rue qui conduit du Quirinal à la porte Pia, non loin des anciens thermes de Dioclétien. Du palais de sa villa, dont une des façades était vis-à-vis de ces thermes, transformés par Michel-Ange en l'église de Notre-Dame des Anges, Sixte pouvait voir couler comme trois rivières des trois bouches de cette fontaine. Sa construction est tout en travertin, avec quatre colonnes antiques d'ordre ionique, deux en marbre Cipollin, deux en brèche

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