Roma^ etc., parte antica^ t. Il, p. 2tl
nage. Preziosa, Tabbesse de ce couvent, ayant concédé à plusieurs prêtres la jouissance de Féglise de Saint- Nicolas, située au pied de la colonne Trajane, il s'éleva entre ces prêtres et Tabbesse un procès sur l'étendue de cette concession; il fut jugé en 1162 par le sénat d^ Rome, qui décida en faveur des religieuses. Il résulta de ce jugement, que la colonne de Trajan devait faire retour en toute propriété au couvent de ces religieuses; mais le sénat ou tribunal explique que ce retour doit avoir lieu — « salvo honore publico urbis^ » -*^ en respectant Thonneur public de la ville, — et il défend, sous peine du dernier supplice et de conflsca-» tion des biens, à qui que ce soit, d'endommager la colonne \ Ainsi, un monument élevé par le sénat et le peuple romain à la gloire d'un des plus puissants mai' très du monde, devient la propriété des vestales de cette religion nouvelle, traitée avec tant de dédain par Trajan et son panégyriste ^. Quelle histoire peut mieux attester la vanité des grandeurs humaines, et justifier la pensée exprimée dans ces vers de Dante :
Non è il mondan romore altro tK un fiato Bi venta, ch*or vien quinci, eiorvien quindi, E muta nome perché muta lato,
La mondaine rumeur n'est rien qu'un vent qui passe. Qui d'ici, qui de là, souffle à travers l'espace. Et qui change de nom en changeant de côté '•
On ignore à quelle époque et de quelle manière la colonne Trajane entra dans le domaine public de la