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Nibby, Roma, etc,, parte antica, t. U, p

Qaades et les Marcomans sont sculptées sur les blocs de marbre qui composent son fût. Elle a été faite sur le modèle de celle de Trajan ; mais le travail en est beaucoup moins beau. Comme la première, elle fut dépouillée par Constant II de la statue de Tempereur qui la surmontait, et pendant le moyen âge, en 955, elle devint également la propriété d'un couvent. Après Tincendie des Normands, dans lequel elle avait été fortement endommagée, l'abbé de ce couvent, qui était celui de S. S. Stefano, Dionisio e Silvestro, fut obligé, pour la protéger contre des dégradations nouvelles, de faire défense, sous peine d'excommunication, d'être déclaré sacrilège et spoliateur des biens sacrés de l'église, à tout abbé ou moine, son successeur, de la donner en location. Cette défense se voit encore gravée sur une pierre placée dans le portique ou porche de l'église de Saint-Silvestre m CapiteK

Pour rappeler aux fidèles la pose de la statue de saint Paul sur le sommet de la colonne Antoninc, Sixte fit graver sur le piédestal les inscriptions suivantes :

Du côté du Levant, tourné vers le Corso.

Sixtus V. Pont. Max.

Golumnam banc

Ab omnî impietate

Expurgatam

S. Paulo apostolo

^nea ejus statua

Inaurata in summo

Vertice posita. D. D.

A. MDLXXXÏX. Pont. V.

' 1. EHe est rapportée en entier par Nibby, loe, cit., p. 642-643.

Du côté du nord :

Triumphalis

Et sacra nunc sum

Ohristî vere pium

Discipulum ferens-

Qui per crucîs

PraBdicationem

De Romanis Barbarisq.

Triumphavit.

Du côté du couchant :

M. Aurelius, imp.

Armenis. Parthis

(îermanisq. Bello

Maximo devîctîs Triumphalem hanc

Golumnam rébus

Gestis insîgaem

Imp. Antoniao Pio

Patri dicavit.

La dernière inscription, au midi, porte :

Sixtus V. Pont. Max.

Golumnam hanc

Goclidem imp.

Antonino dicatam

Misère laceram

Ruinosamq. primae

Formae restituit

A. MDLXXXIX. Pont. V,

2* Destruction du Septizonium.

Les monuments antiques, et spécialement les temples païens, eurent beaucoup à souffrir, dtns les premiers siècles du christianisme, de la foi ârdetite et

(lu zèle des prêtres et des fidèles. A la sollicitation du pape saint Sylvestre, l'empereur Constantin donna l'exemple de ruiner plusieurs de ces édifices, entre autres celui de Vénus et Rome, pour décorer la basilique qu'il faisait élever sur le tombeau de saint Pierre. Il dépouilla dans le même but le tombeau d'Adrien des magnifiques colonnes dont il était entouré, et les fit transporter dans le portique ou atrium qui précédait cette basilique.

Lorsque les barbares, vainqueurs des Romains dégénérés, se ruèrent sur l'ancienne capitale du monde^ ils lui enlevèrent ses ornements les plus précieux, et firent d'un grand nombre de ses monuments un monceau de ruines. Ces dévastations continuèrent pendant tout le moyen âge; les soldats allemands des empereurs, les Normands de Robert Guiscard, poursuivirent l'œuvre de destruction commencée par les Hérules, les Vandales, les Huns et les Goths. Les démolitions et les amas de matériaux de toutes sortes encombrèrent pendant plusieurs siècles les anciennes rues de Rome. Le clergé séculier, les congrégations religieuses et les grandes familles romaines venaient y chercher, comme dans un magasin inépuisable ouvert à tous, les plus beaux blocs de pierres, les marbres, les colonnes qu'on employait à construire des églises, des couvents, des palais et des forteresses. Ces dévastations eurent lieu sur une grande échelle, surtout après la translation du Saint-Siège à Avignon en i 305, translation qui laissa Rome en proie à une anarchie sanglante, et livra pendant plus de soixantedix ans les monuments de la civilisation antique à toute la rapacité des démolisseurs.

C'est ainsi, par exemple, que le Colisée devint, en

VIE DE SIXTE-QUINT. 4at

4312, la propriété de la famille Ânnibaldi, qui s'en empara. En 1332 , on y donna un brillant tournoi : mais trente ans après, il était dans un tel état de ruine et d'abandon, qu'il servait de carrière, dans laquelle on venait de toutes parts chercher les plus beaux blocs de travertin pour construire de nouveaux édifices. Le retour des papes dans la capitale de la chrétienté, en 1378, paraît avoir mis un terme à ce vandalisme ; car on trouve qu'en 4381 il fut établi un hôpital dans le Cotisée, ce qui empêcha probablement sa complète destruction.

Il s'écoula toutefois encore près d'un siècle, avant que les souverains pontifes se décidassent à faire usage de leur autorité, pour s'opposer complètement à la dévastation des monuments de l'antiquité.

On trouve bien, à la date du mois d'avril 14S5, une bulle Et si cunctarum \ de Martin V, qui rétablit la charge de magistrat des routes, rues, places publiques, édifices, etc.; mais il est douteux que cet ofiSce ait été créé pour assurer la conservation des anciens monuments, car, parmi les pouvoirs attribués à ce magistrat, on voit qu'il a ceux de : Destruere antiqua œdificia, alia erigere , vias aperire, occludere alias, « Détruire les anciens édifices, en construire de nouveaux, ouvrir des rues, en fermer d'autres. »

Il appartenait à l'illustre et savant iEneas Sylyius Piccolomini, qui fut élu pape en 1458, sous le nom de Pie II, de promulguer la première loi propre à assu-

]« Voy.» sur le Colisée, la dissertatioa de GIov. Marangoni: Dalle memorie sacre e profane deW anfiieatro Flavio di RomOy vu/» garmente ditto il Coîotteo; dans le 1. 111 , p. 421 el suiv., Délia piaeevole raccolta di opuseoli topra argomento di belle arii, Roma^ iipogrqfia Menicanti, 3 toI. in-lS, 1846.

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