Guerra^ 1. 1, p. 482, l'* cotonne
Si
rer la conservation des monuments antiques. Ce pontife, ami des arts et des lettres, auquel le BUmdo dédia sa Ronia imtaurata, fut sans doute excité par les savants qui Tentouraient à protéger Rome contre de nouvelles destructions. Par sa bulle de 1482, Cum almam noitram urbem, il défendit, sous des peines sévères, de démolir en totalité ou en partie les restes des anciens édifices, soit qu'ils fussent situés en dedans ou en dehors des murs de Rome, et encore que ces restes se trouvassent placés sur des propriétés particulières, urbaines ou rurales.
Ces sages prescriptions ne paraissent pas, néanmoins, avoir empêché Paul II, successeur de Pie II, de 4464 à 1471, de se servir de matériaux tirés du Colisée pour construire le palais de Venise. Cet exemple fut imité par le cardinal Rafaello Riarto , lorsqu'il fit élever, avec les mêmes matériaux, le palais de la Chancellerie, sur les dessins et sous la direction de Bramante.
Le successeur de Paul II, Sixte IV délia Rovere, oncle du cardinal Riario et du cardinal Julien délia Rovere, qui fut depuis Jules II, n'hésita pas à suivre l'exemple donné par Pie II, et s'efforça de faire respecter les précieux restes de l'antiquité qui existaient encore à Rome.
Par sa bulle Cum provida, de 1474, il défendit d'enlever des églises publiques et de leurs annexes, les marbres antiques sculptés ou unis de toutes sortes, les inscriptions, les mosaïques, les urnes, sarcophages et a;utres monuments anciens de tous genres. Cette bulle eut pour effet d'immobiliser lesstatueSfbas-reliefs, tombeaux, etc., qui se trouvaient dansles églises de Rome, de telle sorte qu'il fallut, à l'avenir, un ordre ou per-
mission spéciale du souverain pontife, pour en autoriser le déplacement ou reiilèveifient. C'est ainsi, par exemple, que le magnifique sarcophage de porphyre rouge antique, qui a servi de tombeau à sainte Constance, est resté dans l'église de ce nom, près de celle de Sainte-Agnès hors des Murs, où il avait été placé du temps de Constantin, jusqu'en 1789, époque à laquelle, sur Tordre de Pie VI, il fut transporté au musée du Vatican.
Sixte IV ne se borna pas à proléger les anciens monuments, il chercha également à rappeler la population dans la campagne qui avoisine Rome, et à embellir rintérieur de cette ville, en y ouvrant des rues et des places publiques, et en y faisant construire des lûaisons sur des plans soumis à l'approbation du magistrat préposé à la voirie.
Sa bulle Et siuniversi, de janvier 1475 \ accorde aux citoyens romains, tant ecclésiastiques que laïques, qui dans une distance de dix milles de Rome constitueront des fermes , des palais, des maisons d'habitation, le privilège de disposer de leurs biens pendant leur vie, et à Tarticle de la mort4 qu'ils soient ou non capables de disposer et de tester, et ce, en faveur de qui bon leur semblera, à l'exception des criminels <îoupables de lèse-majesté et des ennemis de l'Église, pourvu que les biens ne soient ni ceux des églises ni €eux des moïiastères^
Dans la prévision du grand flombre de fidèles que lé Jubilé * devait attirera Roiiûie, Sixte IV, par sa bulle Et si de cmctarum, de juin 1480, ordonna^ pour l'hon-
1, Guerra, t. I, p. 482, 2^ col.