‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 150 sur 174 · Ibid., ibid · texte numérisé non relu

Ibid., ibid

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neur et la commodité des Romains, d'élargir les rues étroites, et d'en ouvrir de plus larges.

11 concéda donc le pouvoir au camérier de la sainte Église romaine, ainsi qu'aux maîtres des voies, de faire plusieurs petites maisons, et de les louer aux indi*» gents, si les propriétaires des maisons ne peuvent les construire eux-mêmes.

S'il y a plusieurs propriétaires de maisons démolies, il veut que Tun d'eux soit tenu d'acheter les autres, et de bâtir s'il le peut : autrement les maîtres des voies bâtiront.

On devra établir des places aux endroits où cela paraîtra le plus commode, et s'il se trouve là des maisons, les propriétaires seront forcés de les vendre au syndic de la ville.

Du reste, ceux qui voudront bâtir en auront la faculté; mais ils devront communiquer le plan de l'édifice et indiquer le délai danslequel la construction sera terminée.

Les maisons seront vendues au propriétaire le plus voisin ; autrement les ventes seront considérées comme nulles.

Le camérier aura autorité sur les personnes ecclésiastiques, les maîtres des voies sur les laïques.

Enfin, le pontife veut que cette bulle soit inscrite sur les statuts de la ville de Rome.

On le voit, Sixte IV établissait une loi d'expropriation pour utilité publique, et cherchait, par les moyens eu son pouvoir, à embellir la ville de Rome, à peupler sa campagne et à conserver ses anciens monuments. Ce pontife mérite donc les éloges énumérés dans les distiques latins que nous avons rapportés, et qui sont encore aujourd'hui inscrits au-dessous de son portrait au Vatican .

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Mais c^est surtout sous les pontificats de Jules II et tle Léon X, pendant lesquels Tart moderne s'éleva si haut, que les antiquités de Rome furent réellement étudiées avec amour par les grands artistes et les illustres amateurs contemporains, et protégées avec une haute intelligence par ces deux papes.

On sait que sur Tinvitation de Léon X, et d'après les conseils de Baldassare Castiglione, Raphaël avait relevé les mesures des principaux édifices de Rome, et reconnu remplacement de ceux qui étaient encore «nfouis sous les décombres, dans le but de pourvoir plus tard à leur restauration , ainsi qu'on le voit par la lettre ou rapport qu'il adressa à ce sujet à Tillustre pontife K

Vers la même époque, en 1515, Léon X avait nommé Raphaël architecte de Saint-Pierre. L'année suivante, pour mener à bonne fin cette immense entreprise, il lui conféra, par un bref du 27 août 1516, l'inspection générale de tous les marbres, de toutes les pierres qui , à l'avenir, seraient fouillés soit dans rintérieur de Rome, soit au dehors, dans l'espace de dix mille, afin qu'il pût les acheter quand il le jugerait à propos, pour les employer à la construction de la basilique. « C'est pourquoi, ajoute ce bref, j'ordonne à tous, de quelque condition qu'ils soient,

1. On a supposé pendant longtemps que cette lettre, qui a été trouvée dans les papiers de Baldassare Castiglione , et publiée dans «es lettres par Gomino, en 1760, in-4*', Padoue , 1. I, p. 149, iétait de cet écrivain. Une dissertation de Tabbé Daniel Fraucesconi, publiée à Florence en 1799, in-8<', Tattribue à Raphaël. Cette opinion a été adoptée par le comte Luigi Rossi, dans le ^« toI., p. 172 «t suiv. , de sa traduction italienne de la Vie et du Pontificat de Léon J, par Roscoé ; elle est partagée par M. Quatremère de Quincy dans sa Vie de Rapknël^ et par son traducteur, Longhena, p. 345 «t 531, Miiano, 1831.

nobles et élevés en dignités, ou dans une classe inférieure, de vous donner avis, comme étant surinten^ dant en celte partie, de tous les marbres et de toutes les pierres, de quelque nature qu'ils soient, qui seront fouillés dans Tespace que je viens de déterminer; et celui qui ne le fera pas dans les trois jours sera, sur votre jugement, condamné à une amende de cent à trois cents écus d'or. En outre, étant informé que les tailleurs de pierre emploient et taillent inconsidérément des morceaux de marbre antiques sur lesquels sont sculptées des inscriptions, lesquelles contiennent des souvenirs mémorables dont il importe d'assurer la conservation pour l'étude de la littérature et de la langue latine, et sachant que les susdits détruisent ces inscriptions, je défends à tous ceux qui, dans Rome, exercent l'art de tailler la pierre, de mutiler ou couper aucune pierre écrite, sans votre ordre ou votre permission, sous la même peine s'ils n'exécutent pas mes commandemeiits '. »

Investi de ces pouvoirs, le Sanzio avait entrepris une description des plus précieux restes de Tantiquité conservés encore dans la ville de Rome ; il avait même composé un instrument pour prendre avec plus de facilité la dimension de tous les monuments, dans le but d'indiquer au souverain pontife les moyens à employer pour présider à leur restauration et les mettre à l'abri de dégradations nouvelles.

Cest également sous les pontificats de Jules II et de Léon X que furent entreprises, dans divers quartiers de Rome, les fouilles qui amenèrent la découverte d'un grand nombre de chefs-d'œuvre de la sculpture

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