‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 151 sur 174 · Leilres de Botlarî, éd. îii-12, t. VI, n* m, p · texte numérisé non relu

Leilres de Botlarî, éd. îii-12, t. VI, n* m, p

antique, parmi lesquels il suffira de citer le groupe de Laocoon trouvé, du temps de Jules II, dans les thermes de Titus.

Malheureusement, la mort prématurée de Raphaël et celle de Léon X mirent obstacle à l'exécution des projets qui avaient été préparés avec tant d'intelligence.

Quelques années plus tard, en ^ 527 , la prise de Rome par le connétable de Bourbon et les dévastations commises par ses soldats, que sa mort avait jetés dans tous les excès de l'indiscipline, couvrirent cette ville de nouvelles ruines ; il fallut de longues années et des sommes énormes à Clément VII et à Paul III pour réparer ce qu'il y avait de réparable dans ces désastres.

Bien que ce dernier pape puisse être accusé de s'être servi des pierres du Colisée pour construire le palais Farnèse, néanmoins, sous son règne, les anciens monuments furent respectés. Des fouilles, entreprises par son ordre aux thermes deCaracalla, amenèrent la découverte du fameux Torse du Belvédère; au Vatican, celle de l'Hercule et du Taureau Farnèse, ainsi que de la Flora, statues aujourd'hui à Naples.

Les successeurs de Paul III, sans prendre aucune mesure spéciale, laissèrent les ruines antiques dans l'état où il les avaient trouvées. Pie IV, de la famille de Médicis, qui régna de 4559 à 1565, fit faire quelques fouilles et découvrit plusieurs statues, entre autres celle nommée Saint-Hippoly te , avec la chaise épiscopale sur laquelle est gravé le célèbre calendrier dont l'explication a tant exercé la sagacité des savants et des astronomes, et celle d'Aristide de Smyrne, auteur d'un discours élogieux sur la ville de

Rome. Ces deux statues ont été placées depuis dans la principale salle de la bibliothèque du Vatican.

Grégoire XIII, pendant un pontificat de treize an* nées, s'occupa beaucoup plus d'embellir Rome moderne que de restaurer les édifices antiques. Cependant, le Baglione% dans la notice qu'il donne des travaux exécutés par ordre de ce pape, lui attribue la transformation d'une partie des thermes de Dioclétien en greniers d'abondance, et la réparation des anciens murs de Rome, du côté de Saint-Jean de Latran, où, après avoir supprimé l'ancienne porte Àsinaria, il fit faire celle qui donne accès sur la route conduisant à Naples.

Sixte-Quint continua, en i586, la réparation des anciennes murailles, mais beaucoup plus en vue de la sûreté de la ville que de leur restauration. Malheureusement, à la même époque, il mit à exécution la regrettable pensée de détruire un monument très-curieux, le Septizonium^ construit par Septime-Sévère. Cet empereur avait le goût de restaurer les édifices publics et d'en construire de nouveaux, dignes d'être comparés aux plus remarquables monuments de ses prédécesseurs. Spartianus, dans la Vie de ce prince, cite le Panthéon, le Portique d'Octavie et le temple de Jupiter Tonnant, comme ayant été réparés par lui. A l'exemple de Titus, de Nerva et d'autres, il avait fait établir des bains publics qui portaient le nom de Thermes de Sévère. L'arc de triomphe placé au bas du Capitole, du côté de l'ancien Forum ^ ne fut pas bâti par cet empereur, mais par le sénat et le peuple romain qui le lui dédièrent. Il fit considérablement agrandir le palais des Césars sur le Palatin, et c'est à

i. Éd. di Napoli, in-40, 1733, p. 6.

lui que sont attribuées les énormes constructions dont 4es restes enveloppent Tangle méridional de cette colline. Là se trouvait aussi, en face de Téglise ac-tuelle de Saint-Grégoire, le Septizonium^ monument l'emarquable par sa disposition et ses grandes proportions.

Selon SparlianusS — «lorsque Sévère construisit le Septtzonium^ il tint beaucoup à ce que ce monument ise présentât le premier à ceux qui arriveraient d'Afri- -que : il aurait môme établi de ce côté l'entrée d'honneur du palais impérial, si, pendant qu'il était absent, le préfet de la ville n'avait pas déjà placé sa statue au milieu de cet édifice. » — Il était décoré d'un portique à trois étages de colonnes, comme on peut le voir sur les plans et gravures, antérieurs à Sixte V, des monuments de l'ancienne Rome. On ne connaît ni l'origine ni la véritable signification du mot Septizonium. Les uns veulent qu'il ait été ainsi appelé du nom de son auteur Septimius; d'autres, à cause des sept avantiîorps que formait sa disposition architecturale ; quelques-uns, des sept rues qui, partant de cet édifice, se <]irigeaient dans sept directions ou zones différentes. <2uoi qu'il en soit, il se faisait admirer non-seulement pour sa forme, mais aussi pour la beauté des matériaux entrés dans sa construction. Les colonnes du portique étaient de granit, de marbre africain et de jaune antique ; comme les arcs du Colisée, elles avaient payé leur tribut aux vicissitudes de la ville éternelle. Après la chute de Tempire d'Occident, le Septizonium resta désert et abandonné comme le Palatin. Dès le com-

1. Vie de Septime-Sévère , éd. de Panckoucke , Ecrivains de 4' Histoire Auguste, dans la seconde série des classiques latins^ t. I, 1844, traduction de M. Fi. Legay, u9 xxiv, p. 147.

meneement du dixième siècle, il appartenait aux moines chartreux, qui possédaient Tëglise de Saint-^Gré^ goire. Au milieu des troubles et des combats qui désolaient souvent la ville de Rome, ils s'y réfugièrent plus d'une fois, et s'y fortifièrent pour résister aux attaques soit des Romains, soit des étrangers. Dans le siècle suivant, le Septizonium servit d'asile à la famille de Grégoire VII, Hildebrand, qui habitait dans le voisinage, et l'on voit dans la vie de ce pape, écrite par Pandolfo Pisano ', que Rustique, son neveu, s'y retira en 4084 et y soutint Tassaut de l'empereur d'Allemagne, Henri IV. Jusqu'en 1145, le Septizonium resta en la possession des Chartreux; ils le cédèrent alors à Ancio Frangipani. Comme la famille Frangipani, ajoute Nibby, auquel nous empruntons ces détails ^ soutenait ordinairement les papes contre leurs ennemis, une partie des cardinaux se retira dans le Septizonium en 1198, après la mort de Célestin III. En 1227, après celle d'Honorius III, il s'y retirèrent de nouveau et y tinrent le conclave dans lequel Grégoire IX fut élu. En 1256, les Romains y mirent en prison leur sénateur Rrancaleone ; mais ayant recouvré la liberté l'année suivante, il exerça la plus cruelle vengeance sur ses ennemis et fit détruire plus de cent quarante tours qu'ils avaient établies pour se défendre, la plupart sur des monuments antiques, ce qui causa la ruine d'un grand nombre de ces édifices. Le Septizonium eut beaucoup à souffrir de ce démantèlement, comme si Rrancaleone eût pris à cœur de se venger même du lieu où il avait été retenu prisonnier.

] • Apud r«r, Italie, seriptores.

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