Rome, etc, parte anticOf t 11, p. 463 et Buirantet
Un siècle après, Pétrarque énumérant, dans ses lettres familières à Giovanni Colonna, les monuments de Rome, rappelle le Septizontum, désigné alors par le peuple sous le nom de Sede del Sole (Demeure du Soleil). Vers la fin du quinzième siècle, cet édifice était entièrement ruiné, enfoui dans la terre et recouvert de décombres. Néanmoins, une grande partie des colonnes et des marbres était intacte.
L'état de dégradation du monument détermina sans doute Sixte-Quint à y faire prendre les matériaux précieux dont il avait besoin pour décorer l'intérieur de Saint-Pierre, et bâtir le nouveau palais qu'il élevait à côté de Saint-Jean de Lalran. Cette détermination est regrettable ; car les monuments antiques, môme à l'état de ruines, sont toujours intéressants et doivent être respectés. Toutefois, deux raisons peuvent expliquer, et même, jusqu'à un certain point, justifier la conduite du pontife : la première est l'état du Septizonium^ qui n'admettait pas, comme le Cotisée, la possibilité d'une consolidation; la seconde, c'est qu'en transportant dans la basilique de Saint-Pierre ses colonnes et ses marbres, on les sauvait d'une destruction à peu près certaine.
Aucun pape, aujourd'hui, n'imiterait cette manière d'agir de Sixte-Quint. Depuis 1803, Pie VII, par son rescrit du i" octobre, a mis définitivement terme à toute dévastation des monuments antiques. Ces précieux restes, qui décorebt la ville de Rome, ont été placés sous la surveillance et la sauvegarde d'une commission spéciale» composée des archéologues et des artistes les plus compétents. Le célèbre Canova avait été choisi par Pie VU, comme Léon X avait désigné Raphaël, pour inspecter ces monuments et les
faire respecter. Selon les termes de ce rescrit, Canova était investi du pouvoir : « de prendre toutes les mesures nécessaires pour conserver et accroître, dans rintérét de l'instruction générale, les monuments de Tantiquité et les beaux modèles des arts, afin d'exciter rémulation de ceux qui les cultivent. » Cet acte fait le plus grand honneur à la mémoire de Pie VII. Depuis, tous ses successeurs, même au milieu des événements les plus graves et des préoccupations politiques les plus pressantes, n'ont pas cessé de veiller avec une louable sollicitude à la conservation de tous les édifices antiques, de toutes les ruines de l'ancienne capitaie du monde.
3^ Nouvelles rues ouvertes dans Rome, Création du quartier du Château Saint- Ange.
Dès la première année de son pontificat, Sixte fut frappé du mauvais état de certaines rues, de la difficulté d'accès de plusieurs autres, et de l'insuffisance des voies existantes pour permettre aux fidèles de se rendre commodément à un grand nombre d'églises : il résolut donc de faire ouvrir immédiatement six rues nouvelles.
La première qui fut livrée à la circulation en 1585, fut celle qui, delà Trinità de'Monti, conduit à Sainte- Marie Majeure, au commencement de laquelle on lit :
Sixtus V. Pont. Max.
Vîam aperuît; relîgionî^ ornamento,
Commoditati.
La seconde, fut celle qui, de Sainte-Marie Majeure, s*étend jusqu'à Sainte-Croix en Jérusalem, au milieu
de laquelle, sur un endroit élevé, on voit cette inscription :
Sixte V. Pont. Max, Quod Yiam.felicem aperuit
stravitque Pont, sui anno I, MDLXXXV.
La troisième et la quatrième conduisent de la porte San-Lorenzo à Sainte-Marie Majeure, et de Sainte- Marie des Anges au Quirinal. Elles furent créées par Sixte avec les fonds de son revenu particulier, ou liste civile^ dont il se priva pour en faire jouir le public. On lit rinscription commémorative, gravée sur l'arc où passe YAcqua Felice, au milieu de la rue.
Sixtus V. Pont. Max.
Vias utrasque
Ad Sanctam Mariam Majorem
Et ad Sactam Mariam Angelorum
Ad populi commoditatem et devotionem
Longas^ latasque sua impensa stravît
A. D. MDLXXXVI. Pont. H.
Sixte fit frapper l'année suivante une médaille commémorative de l'ouverture de ces quatre premières rues.
La cinquième mène de la colonne Trajane, par le Viminal, aux Esquilles, ou deux collines formant autrefois le mont Esquilin. Il aurait voulu qu'elle s'étendît jusqu'à Saint-Pierre, et, dans ce but, il avait fait jeter à terre un grand nombre de mauvaises petites maisons, ce qui contribua beaucoup à embellir la ville, en la débarrassant de ces tristes bâtiments tombant en ruines.
494 VIE DE SIXTE-QaiNT.
Enfin, la sixième rue qu'il créa, conduit de Saint- Jean de Latran au Colisée.
Sixte avait l'intention d'ouvrir une septième rue, de Saint-Jean de Latran à Saint-Paul; une huitième, de Saint-Paul à Saint-Pierre, et une neuvième, de Monte- Cavallo au Vatican. Il fil restaurer la Via Flaminia, hors de la porte du Peuple, et celle qui s'étend de Monte-Cavallo à Porta-Pia; il y fil établir des trottoirs de chaque côté, afin qu'on pût les parcourir à pied sec. Il fit paver en briques et en pierres beaucoup d'autres rues défoncées, dont l'aspect était affreux et le parcours incommode *.
Pour attirer et maintenir des habitants dans les rues qu'il venait d'ouvrir, et particulièrement dans les rues Felice et Pia, Sixte n'hésita pas à concéder plusieurs privilèges à ceux qui viendraient y fixer leur résidence, fussent-ils même étrangers. Sa bulle Decet ramanum Pontificem, du mois de septembre 4587', fait connaître quels étaient ces privilèges.
Le premier consistait en ce que, une fois bâtis, les maisons et édifices construits dans ces deux rues ne pourraient être ni confisqués, ni abattus, à moins que ce ne fût pour crime de lèse-majesté divine et humaine.
Par le second, ceux qui auraient fixé leur résidence pendant deux années consécutives dans ces nouvelles voies, devraient jouir de tous les droits de citoyens romains.
Par le troisième, les personnes ayant contracté des dettes hors de TÉlat ecclésiastique, qui viendraient