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verser leurs États et domaines, les susdits devaient les faire immédiatement arrêter, et les consigner aux magistrats; et s'ils ne se trouvaient pas assez forts pour exécuter cet ordre, ils devaient réclamer du secours aux domaines voisins, selon le temps qu'ils avaient à leur disposition.
III. Tout particulier, de quelque grade ou condition qu'il fût, qui entendait sonner la cloche d'alarme, ou voyait arborer un signal, était tenu de prendre les armes, sous peine de cinq cents écus, outre les autres peines édictées dans la bulle, suivant la faute, pouvant s'étendre jusqu'à la peine du dernier supplice.
IV. Les barons, ducs, princes, communes, qui n'exécuteraient point les prescriptions contenues dans la constitution apostolique, ou qui auraient facilité l'évasion des brigands, les auraient cachés, et leur auraient procuré les moyens de commettre des crimes, devaient, outre les autres peines encourues, être condamnés à la réparation des dommages occasionnés par ces bandits.
V. Les particuliers, lorsqu'ils ne pouvaient pas les arrêter, étaient obligés de les dénoncer, de convoquer les voisins, et d'accuser ceux qui se montreraient coupables de négligence, sans qu'on pût avoir égard à aucune excuse pour cause de privilèges, parenté, ou autre.
VI. Enfin, Sixte terminait sa bulle en exhortant tous les princes, dont les domaines étaient situés en dehors de l'JÉtat ecclésiastique, à poursuivre les brigands et à en faire justice, ou à les consigner à son bras, lorsque les bandits seraient des sujets du saintsiége, ou lorsqu'ils auraient commis des méfaits dans les États de FÉglise, leur promettant d'agir de la même manière pour la tranquillité de leurs États.
«V VIE DE SlXTE-QUlNT.
Celte bulle n'était que le commencement d'un système de répression, entièrement dû à Tinitialive du pontife, et à sa connaissance approfondie du caractère et des mœurs du peuple qu'il était appelé à gouverner. Sixte savait bien que la garan lie la plus certaine de la destruction du brigandage consistait à intéresser les populations elles-mêmes à faire aux bandits une guerre acharnée, d'abord par la crainte des peines et des amendes, ensuite par l'appât des récompenses.
La bulle Hoc nostri avait pourvu au premier point; un bando ou édit du cardinal de Saint-Georges, Francesco Sforza, gouverneur de Rome et de la campagne environnante, vint mettre àprixles têtes des brigands, et exciter leurs chefs et leurs compagnons à les livrer morts ou vivants au gouvernement pontifical.
Ce bando fut publié le 1" juin 1585 : en voici la traduction littérale, sur l'italien du Père Tempesti •.
« L'expérience ayant démontré que la récompense facilite l'extirpation des bandits, voleurs, homicides, sicaires, et semblables scélérats, qui, ayant déposé la crainte du seigneur Dieu, du prince et de la justice, ne cessent de répandre le sang humain, d'intercepter les roules, de dévaliser les passants, de commettre des incendies, rapines et autres abominables délits, par ordre exprès de notre seigneur, extrêmement préoccupé du salut et du repos de ses peuples, afin que les susdits malfaiteurs reçoivent promptemenl, sous son très-saint pontifical, un châtiment mérité, on notifie, par le présent bando public, les récompenses, encouragements, et grâces, lesquels seront inviolablement observés.
« Si un chef de bandits tue ou consigne vivant dans