‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 21 sur 174 · Teœpesti, ni tupra · texte numérisé non relu

Teœpesti, ni tupra

en faveur du royaume de Naples, afin que les bandits ne pussent plus se réfugier en sûretô dans les lieux d'asile anciennement établis parles officiers de TËglise, mais pussent y être arrêtés et consignés au bras séculier du roi. Il promettait de promulguer de son côté des mesures absolument identiques. Le pape accepta cette proposition : il édicta la constitution Alias felicis^ par laquelle il commandait à tous les légats, vice-légats et particulièrement au gouverneur de la province de Bénévent, de ne plus donner aucun refuge aux bandits du royaume de IJaples, de ne leur assurer aucun asile, et de ne pas les protéger, mais de les livrer immédiatement au vice-roi. Il leur ordonna en môme temps de faire punir ceux des bandits, natifs des États de rÉglisie, qui auraient commis des crimes dans le royaume de Naples, et qu'ils détenaient alors entre leurs mains. De plus, il accorda aux officiers du viceroi la faculté de poursuivre les bandits sur le territoire ecclésiastique, jusqu'à la dislance de dix milles (envi- 15 kilomètres), même dans les domaines, villes et terres non fortifiées; de les transférer à Naples; de pouvoir rechercher les brigands dans l'intérieur des églises, monastères et cellules des religieux, aussi bien dans le royaume de Naples que dansles États deTÉglise, avec l'assistance des supérieurs et des ordinaires (évêques ou prêtres) du lieu. La même faculté fut accordée au grand-duc de Toscane, aux ducs d'Urbin, de Ferrare, de Mantoué, de Savoie, ainsi qu'aux républiques de Venise, Gênes et Lucques.

Par suite de celte entente, le grand-duc de Toscane refusa d'accueillir dans ses Etats Lamberto Malatesta, fléau de la province Flaminienne, qu'il parcourait en tous sens comme la foudre, selon l'expression d'un his-

lorien de ce pays\ commettant tous les excès. Traqué par ordre du pape, il s'était réfugié à Florence à l'aide d'un déguisement. Le grand-duc, informé de sa présence, prescrivit de l'arrêter : mais, protégé par un personnage puissant de sa famille, car il appartenait à la haute noblesse, Malatesta parvint à s'échapper. Se croyant en sûreté, il eut l'imprudence de traverser les États pontificaux; reconnu et saisi à Pérouse, il fut conduit à Rome, et puni du supplice de la roue.

Le duc d'Urbin, Francesco Maria II délia Rovere, usa d'un moyen souvent employé dans le sixième siècle, pour se défaire d'une bande de trente brigands, reste de la bande de Curzietto. Depuisle départ de leur chef, ces sicaires s'étaient réfugiés dans les montagnes les plus abruptes du duché d'Urbin, où ils étaient parvenus à échapper à toutes les poursuites, mais où ils souffraient souvent de la faim, ne pouvant que trèsdifficilement se procurer des vivres. Le duc feignit d'aller à la chasse, avec une suite nombreuse, et il envoya en avant plusieurs mules, ostensiblement chargées de provisions, comme pour faire un somptueux repas au milieu de la partie. A la vue de ces comestibles, étalés à dessein, les brigands se hâtent de descendre de leurs repaires, et, comme des bêtes féroces affamées, ils se jettent sur les provisions préparées en apparence pour le duc et sa suite; se moquant du prince qui leur avait offert ce repas : mais les vins et les mets étaient empoisonnés : aussi, presque aussitôt en proie à dos convulsions violentes, les trente bandits, hors d'état de se défendre, furent entourés par les soldats du duc et eurent la tête tranchée. Le prince envoyâtes trente

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