CHAPITRE YIII
Lois eontra le luiet — Licence des oouvenU réprimée. — Tricheries au jeu poursuivies. — Astrologie Judicieire défendue. — Prophétie du Père Félix, capucia.— Miracles attribués à Slxte.'^U protège ses siyets contre les abus de pouvoir des fonctionnaires publics. — - Il améliore les bâtiments et le régime des prisons.— Il rachète et délivre des chrétiens esclaves des Turcs.
Dès la seconde année de son pontificat, frappé da luxe effréné qui régnait à Rome, Sixte entreprit de renouveler les lois somptuaires édictées par ses prédécesseurs, contre les dépenses de vêtements, de table et autres, source de ruine pour un grand nombre de familles. Il convoqua les conservateurs et le sénateur de Rome, et leur dit : « qu'il avait résolu de promulguer de nouveau , non-seulement les défenses décrétées par Clément VII , Pie IV et Pie V, mais encore celles que les empereurs avaient publiées dans le temps de la magnificence de Tancienne Rome, contre les excès du luxe scandaleux qui appauvrissait les familles; qu'il était donc décidé à faire un règlement sur cette matière : mais comme il savait qu'eux, en leur qualité de laïques, connaissaient parfaitement ce qui convenait au siècle, il voulait qu'ils lui fournissent toutes les informations nécessaires pour réformer ces abus.» Le sénateur et les conservateurs, pour obéir au désir de leur maître, convoquèrent des délégués, au nombre de sept, pris dans les différentes classes de la
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population ^ et après s'être mis d'accord avec eux sur les réformes à proposer, ils rédigèrent un projet, qu'ils soumirent aux trois cardinaux Santorio, Aldobrandini et Salviati, délégués à cet effet. Ensuite, ils le présentèrent au souverain pontife, qui, l'ayant approuvé, le sanctionna définitivement par sa bulle Cum unoquoquey du l^' janvier 1586^. dont il remit Texécution aux conservateurs du peuple de Rome.
Cette bulle comprend onze titres, et elle avait pour objet les réformes suivantes :
1° Les vêtements des hommes; 2° ceux des femmes, et spécialement des femmes mariées ; 3° les habits de noces; 4° ceux des veuves; 5" les dots, qui ne peuvent s'élever au-dessus de cinq mille écus ; 6° le» cadeaux de noces; 7** les dépenses des repas; 8° celles des lits; 9" les présents à éviter entre les parrains et marraines, le jour du baptême des enfants; 40° les funérailles; il** et les peines établies contre les personnes qui violeraient ce décret.'
Les prescriptions qu'il renfermait, les pénalités qu'il édictait contre les délinquants, restèrent impuissantes, et cette bulle tomba promptement en oubli et en désuétude. Le luxe se releva plus hardi, plus scandaleux que jamais; car ce n'est point avec des menaces et des peines qu'on peut le combattre, mais seulement par la raison et les mœurs. Comme tant d'autres, Sixte obéissait aux idées anciennes, et il croyait plutôt à l'efficacité du châliment qu'au libre résultat de la modération dans l'opulence et des bons exemples de conduite.
Les mesures qu'il adopta pour ramener les religieuses