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à Tobservation du vœu de chasteté, sont empreintes d'une rigueur excessive. H commença par menacer de châtiment ceux qui, sans une permission expresse du cardinal vicaire ou du souverain pontife, attireraient les religieuses à la porte des couvents pour causer avec elles. « Il régnait alors, dit un historien^, une si grande licence, que les parloirs étaient constamment remplis d*oisifs, lesquels entretenaient les religieuses dans des conversations continuelles, les détournaient de leur vocation et excitaient les plus grands scandales. Comme il était arrivé que des jeunes gens avaient violé des religieuses, et que d'autres, pour pénétrer dans un couvent, avaient forcé avec effraction les grilles et les fermetures des fenêtres et des portes, Sixte exigea qu'ils expiassent sur-le-champ ce forfait, en subissant le dernier supplice. Prié par la supérieure d'avoir égard à l'honneur de son couvent, le sévère pontife répondit : « L'honneur a été rendu par nous, puisque nous avons fait disparaître les indignes qui le lui avaient ravi avec tant d^ scandale, et en donnant à d'autres de si mauvais exemples. Nous avons fermé les yeux, tant que le respect, la piété et la clémence nous le permettaient : mais là où l'amour ne sert à rien, il faut employer la justice, et quand le fer ne suiBt pas, il faut user du feu, autrement, cette poix ne serait pas consumée. »
Par d'autres édits, il défendit, sous peine de mort, les tricheries qui se commettaient en jouant aux dés et aux cartes. Il établit aussi une police très-sévère pour les femmes de mauvaise vie, chez lesquelles des assassinats se commettaient journellement. Les blas-
t. Le père Tempesti, t. II, lib. 1, n^xu, p. 15.
phémateurs furent également poursuivis avec une cruauté empruntée au moyen âge; et Ton raconte qu'il fit mettre à la torture et écarteler, après lui avoir fait percer la langue avec un fer rouge, le cochçr d'un grand seigneur, reconnu coupable de ce méfait. Enfin, il ne montra pas moins de rigueur à Tégard des astrologues judiciaires, qui prétendaient prédire Tavenir : il fulmina contre eux sa bulle Cœli et terrœ creator^ et les punit avec une sévérité implacable.
Il est vrai que ses ennemis soutenaient qu'il n'avait défendu cette astrologie, que parce qu'il l'avait pratiquée lui-môme pour arriver à la papauté. « Mais, répond le père Tempesti, son astrologie judiciaire fut la prophétie qui lui fuf faite par saint Félix, capucin, et par d'autres serviteurs de Dieu. » 11 faut savoir que, pendant qu'il était venu prêcher le carême à Rome, en 1552, le père Montalto s'était lié avec un religieux capucin, nommé Félix, originaire de Cantalice, du diocèse de Civita-Ducale, dans TAbruzze. Ce capucin étant mort à Rome, en odeur de sainteté, en 1588, Sixte alla voir son corps exposé dans l'église de Saint-Bonaventure, et il ordonna qu'on fît sur-le-champ le procès-verbal pour sa canonisation, ce qui eut lieu sous la surveillance du cardinal Santorio, qui rapporte le fait. Or, un des miracles attribués au nouveau saint dans les actes de sa canonisation , fut précisément d'avoir prédit au père Montalto qu'il deviendrait pape ^
Un autre miracle à noter, c'est celui prêté à Sixte lui-même. Voici comment il est rapporté par le père Tempesti : « Puisque j'en suis à parler de Tillustre