‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 74 sur 174 · Tempesti, t. 1, p. 155, adnotam (tt · texte numérisé non relu

Tempesti, t. 1, p. 155, adnotam (tt

2. Jean de Vlvonne, marqula de PlMni, «efgneur de Sainl-Goard»

cause par le tribunal de l'Inquisition : mais n'ayant pas une entière confiance dans les chefs des ligueurs, qu'il considérait comme les ennemis du roi de France, il était mort laissant l'affaire pendante, sans avoir pris aucune résolution. Olivarès se servit habilement des événements qui troublaient la France, pour obtenir de Sixte la reprise de ce procès. La guerre civile désolait le royaume, et Henri HT, abandonné de la plus grande partie des catholiques, avait été réduit à consentir aux principales exigences de ses ennemis. A la suite d'un congrès réuni à Nemours, le 7 juillet 1585, il avait promis d'exterminer les huguenots, de donner aux chefs de la Ligue le commandement des armées, d'accorder aux premiers d'entre eux, notamment au duc de Guise, des gardes pour veiller à la sûreté de leurs personnes, enfin de fournir des subsides pour la levée de soldats catholiques allemands et suisses.

En exécution de cet accord, Henri avait publié un édit qui prohibait l'exercice du culte de la religion réformée, sous peine de mort et de confiscation des biens de tout contrevenant. Le roi de Navarre et le prince de Gondé avaient protesté contre cet édit, et bien qu'Henri HI eût envoyé Philippe de Lenoncourt pour engager le premier à renoncer de nouveau au calvinisme, il s'était contenté de répondre qu'il en appelait au futur concile légitime, par lequel il voulait être instruit.

Le pape témoigna une grande satisfaction des mesures adoptées par le roi de France, espérant sans doute que ce prince, poussé par la Ligue, n'hésiterait pas à les mettre à exécution. Il voulut, de son côté, profiter de cette circonstance, pour ranimer le zèle

des princes calholiqnes d'Allemagne en favear de la reli^on romaine. Il écrivit donc un bref à Temperenr, ainsi qn^aux denx archidncs Charles et Ferdinand d'Autriche, les suppliant de ne pas souffrir que les hérétiques français fussent protégés et soutenus par des souverains allemands, et les exhortant à s'opposer aax levées des reitres, destinés à rejoindre en France les troupes protestantes ^.

Bnsuite, trouvant Foccasion favorable pour humilier le roi de Navarre, et flétrir son obstination persévérante dans rhérésie calviniste, le 5 septembre 1585, il fulmina contre lui la fameuse bulle Ab hn- YReit«a, qui fut pendant si longtemps le plus grand obstacle que le Béarnais eût à surmonter, pourarriTer a la possession non contestée de la couronne de France.

Dans son préambule, le pape déclare que, dès leur enfance, le roi de Navarre et le prince de Gondé avaient suiTi les erreurs de Calrin : mais qu'ensuite, cédant aux exhortations de Gharies IX, roi deTrance, de la reine mère Catherine de Médicis, du cardinal de Bourbon, oncle du roi de Navarre, et d'autres personnes, notanmient d'insignes théologiens, ils avaient fait une solennelle abjuration du calvinisme, reconnaissant la sainte Église catholique romaine et son chef visible, vicaire de Jésus-Christ, Grégoire XIII, duquel ils avaient obtenu Fabsolution par leur supplique, jurant de vivre toujours et de mourir comme de vrais et bons catholiques. Que malgré tout cela, ils étaient revenus peu de temps après à l'hérésie, çonmie le chien au vomissement, se faisant le soutien de Tin-

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