CHAPITRE XIV
Coadamoation de Marie-Stnart. — Sa lettre an pape. — « Démarches de Sixte pour la sauter. — Ses mstructions à l'ambassadeur extraordinaire de Henri III à Elisabeth. — Supplice de Marie. — Alliance du pape et de Philippe II contre l'Angleterre.— Le roi de France refuse de prendre part à l'entreprise. — > Espion d'Elisabeth à Rome exécuté. — Triste état de la France ; embarras de Henri III. — Inutiles efforts du nonce pour le récon> ciiier avec les Guise. — Proposition refusée du mariage du prince de Joinville avec une petite-niè^ du pape. — Bref adressé au duc de Goiseà l'occasion de ses succès sur ns reitres. — Nouvelles instructions du pape à son nonce. — Tentatives d'accord entre le roi et les ligueurs. — Propositions du roi d'Espagne. — Paix apparente. — Le nonce est créé légat; recommandations qu'il reçoit du pape. — Excommunication d'Elisabeth.— Manifeste de Philippe II aux Anglais. — Convention secrète entre ce prince et le pape. — Préparatifs de VArmauia. — Conseil du duc de Parme rejeté. — Représentations de Sixte au roi d'Espagne au sujet de la nomination des évèques et des cardinaux. — La flotte espagnole est dispersée par les tempêtes. — Explosion de joie en Angleterre et en Hollande. — Sentiments manifestés par le pape, le roi Philippe , Henri III, le duc de Guise et le roi de Navarre.
Si la situation de la France, qui devenait chaque jour plus menaçante, préoccupait vivement le souverain pontife, il fut encore plus profondément impressionné par la fin tragique de Tinforlunée Marie Stuart. Après une très-longue captivité, la reine Elisabeth s'était déterminée à faire passer sa rivale en jugement, ou plutôt à s'en défaire, afin d'intimider le parti catholique, et de s'attacher encore plus étroitement les presbytériens et les partisans de l'Église établie par son père Henri VIII. La malheureuse reine
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d'Ecosse ayait été condamnée à mort par le parlement anglais, le 21 octobre 4586. Elisabeth avait approtiyé cette sentence le 4 décembre suivant; mais^ hésitant d*abord à donner Tordre d'exécution, elle avait laissé Fillustre victime attendre pendant plus de trois mois le dédoûment fatal. Dans cet intervalle, Marie avait trouvé moyen^en dépit des espions et des gardes, d'adresser et de faire parvenir, par un messager fidèle, au chef de rÉglise catholique, une lettre touchante, ddns laquelle elle implorait sa protection.
Dans cette lettre, elle commençait par protester de sa soumission à TÉglise universelle, apostolique et romaine, et de son respect pour la personne du vicaire de Jésus-Ghrist, successeur de saint Pierre : elle invoquait , en témoignage de sa foi , son sauveur Jésus- Ghrist^ la bienheureuse Trinité, la glorieuse vierge Marie, tous les anges et archanges^ tous lès saints et saintes du paradis, et en particulier saint Pierre, saint Paul, saint André et saint Georges.
« Étant le seul rejeton du sang royal anglais et écossais resté attaché à la religion catholique, elle se plaignait d'avoir été retenue en prison pendant plus de vingt ans^ et finalement condamnée à mort par le parlement hérétique du royaume d'Angleterre; et parce qu'on lui avait enlevé son confesseur catholique , elle considérait comme un devoir de se tourner d'abord vers Dieu^ et ensuite de s'adresser du fond du cœur à Sa Sainteté, pour lui faire connaître toutes choses. Si elle n'était pas sûre de pouvoir lui faire parvenir cette lettre avant de mourir^ elle se flattait au moins que le pape serait pleinement informé de la cause de sa mort. Cette cause devait certainement être attribuée aux tentatives faites par elle
et par ses partisans, poar sabstitaer en Angleterre la religion catholique au culte établi dans ce pays, et pour défendre son droit à la couronne d'Angleterre.
« Elle appelait Tattenlion de Sa Sainteté sur le préjudice causé par sa condamnation, la priait de faire réciter des prières pour le repos de son âme, de distribuer des aumônes, et de faire en sorte que les rois catholiques agissent de même en faveur de ceux qui survivraient à ce naufrage.
Il Elle promettait de confesser ses péchés selon le commandement de rÉglise, d'en faire pénitence, et de recevoir le viatique, si elle pouvait obtenir son chapelain ou tout autre ministre de la légitime Église. Pour le cas où cette satisfaction lui serait refusée, elle se prosternait, avec un cœur contrit, aux pieds de Sa Sainteté, et elle confessait à Dieu, à tous les saints et à Sa Paternité, qu'elle était une indigne pécheresse, méritant une damnation étemelle, à moins que Dieu , qui est mort pour les pécheurs, ne voulût bien lui être propice et la recevoir dans son infinie miséricorde.
« Elle suppliait le pontife de lui accorder Tabsolotion générale, et priait Dieu de la recevoir, malgré le poids de ses péchés, comme un père reçoit son enfant prodigue.
« Elle le suppliait, en outre, d'obtenir du Roi Très- Chrétien qu'on payât toutes ses dettes avec sa dot, et qu'on récompensât convenablement tous ses meilleurs serviteurs, attendu que ses ennemis ne lui avaient rien laissé de ses biens.
« Elle invoquait le témoignage de ses fidèles serviteurs, pour affirmer à Sa Sainteté qu'elle aurait oflFert volontiers sa vie pour ramener les hérétiques d'An-
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gleterre à la religion catholique , apostolique et romaine, et qu'elle aurait abandonné tous ses droits à la couronne, si Elisabeth avait consenti à s'abstenir de toute persécution contre les catholiques , n'ayant ancun désir de régner, mais seulement de servir rÉglise et de gagner des âmes'à Dieu.
ce Elle le priait, non sans une douleur plus poignante que la mort même, douleur causée par la damnation de son fils, de s'interposer de toutes les manières; comme un véritable père, pour le gagner à la foi de rÉglise romaine, et alors de lui faire contracter une alliance avec le roi Catholique, afin qu'il aidât Sa Sainteté à soutenir ses intérêts personnels, et afin que, d'un commun accord avec le roi d'Espagne , le pape essayât de le lier par un mariage.
a Mais si Dieu permettait, ajoutait-elle, qu'il demeurât dans son obstination, à cause de ses propres péchés, sachant qu'il n'existe aujourd'hui aucun autre prince qui soit mieux disposé en faveur de la religion que. le roi Catholique, et qui puisse, avec ses forces, mieux assurer la conversion de cette île, lui étant d'ailleurs grandement redevable pour les secours en argent que lui seul m'a fait parvenir dans les nécessités les plus urgentes, et pour les conseils qu'il m'a donnés, je laisse à votre volonté et à celle du roi Catholique, la liberté de disposer du droit que je puis avoir sur ce royaume, tant que mon fils demeurera obstinément en dehors de TËglise.
a Si l'on parvient à Ty faire rentrer, je désire qu'il soit aidé, défendu et dirigé par les conseils du roi Catholique et des Guise, nos proches parents, et je commande à mon fils, pour dernière volonté, qu'après Votre Sainteté, il les tienne pour ses pères, et qu'avec
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lear conseil et consentemeotf il oontraote mariage ayec Tane de ces deuK familles.
« Oh! plut à Dieu qu'il devint digne d'être fait gendre du roi Catholique! Yoiei le secret de mon cœur, et la fin^ dans ce monde, de mes désirs, lesquels tendent, je le crois, à Tavantage de TÉglise, et au salut de mon âme, et ce que je dépose aux pieds de Votre Sainteté» lesquels je baise humblement.
c( On vous dira de quelle manière j'ai été persécutée dans ces derniers temps, et ce qu'on a fait contre moi et pour moi, afin qu'après avoir entendu la vérité^ vous puissiez réfuter les calomnies dont les ennemis de l'Ëglise voudront me charger, et que la vérité se fdsse jour : c'est à cette fin que je vous envoie la per^ sonne qui vous remettra mes lettrés.
« Finalement, je demande votre sainte bénédiction : je fais mes derniers adieux à Votre Sainteté, et je prie Dieu qu'il vous maintienne longtemps, gardé'par sa grâce, pour le bien de l'Église et de votre troupeau afïligé4 spécialement celui de cette île, que je laisse ici bien dispersé; à moins que Dieu, avec sa miséricorde^ et vous, avec une paternelle sollicitude, vous ne daigniez le secourir. 9 «De Fodringa, ce jourd'hui S3 novembre (1586). n -^ « Pardonnes à la faiblesse de mon bras ce qu'il fait connaître à Votre Sainteté. J'entends parler, non sans une grande douleur, des coupables relations de plusieurs qui sont à Rome près de votre personne, desquels on dit qu'ils reçoivent de l'argent de cet État, pour trahir la cause de Dieu. Et in eare eardinaleà qUoque implicantur : (et des cardinaux sont impliqués dans cette accusation). J'en donne avis à Votre Sainteté^ afin qu'elle examine cette affaire, et qu'elle surveillé un certain seigneur di San Giovanni,
que beaucoup soupçonnent d'exploiter le grand trésorier. Il y a réellement de faux frères : mais je puis affirmer à Votre Sainteté que ceux que je lui ai recom-i» mandés sont fidèles. —De Votre Sainteté la très-humble et trè&-dévouée ûlle, Marie, reine d'Ecosse, veuve de France. »
A la réception de cette lettre, le cœur de Sixte tressaillit d'indignation et de pitié. Réunissant aussitôt les cardinaux en consistoire il leur dit : a Que la Jéza* bel anglaise donnerait au monde le plus mauvais exemple, si elle faisait trancher la tête d'une reine innocente, qui n'était pas sa sujette, mais seulement celle de Jésus-Christ, le roi des rois, ainsi qu'elle le confirmait dans sa lettre à son vicaire sur la terre. » Il s'empressa d'adresser des copies de cette lettre au roi Catholique, au roi Très-Chrétien et à différents princes» pour les exciter à empêcher l'exécution de la malheureuse Marie Stuart. Il obtint de Henri III d'envoyer à la reine d'Angleterre un ambassadeur extraordinaire, pour la détourner de ce cruel dessein. Le roi de France ayant choisi pour cette honorable mission un de ses plus sages conseillers^ Pomponne de Bellièvre, le pontife fit expédier à cet ambassadeur un bref, pour lui recommander de présenter à Elisabeth, en faveur de la malheureuse reine d'Ecosse, les considérations suivantes :
1° <r Que par l'exécution de Marie Stuart, on donnerait un exemple funeste et même opposé aux droits de tous les princes; car^ en ne faisant aucune distinction entre les personnes royales et les autres, tous Tes princes se trouvaient désormais exposés à perdre ce droit divin, en vertu duquel ils n'avaient pas de supérieur sur la terre, à Texception de Dieu seul.
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2"" a Queiquand mégie' ïl serait vrai que Marie Stuart eût donné son consentement aux tentatives des conjurés, pour lîa!rràchc|r:dîune:prison dans laquelle elle était détenue depuis.' environ ? vingt années, elle n'aurait fait rien autre chose que de chercher à se procurer son propre avantage, conformément aux lois ifiviolables de la nature.: d'autant mieux, qu'elle était exempte, d'après toute loi, de la juridiction d'Élisabelh, et qu'elle n'était pas la justiciable des juges qui la condamnaient pour un crime : dont elle était innocente. Et que même, sî on voulait supposer qu'elle était leur justiciable, ils ne pouvaient ni ne devaient exécuter leur sentence, parce qu'ils étaient à la' fois accusateurs et juges.
3<» « Que le prétexte :de la condamner pour délivrer Elisabeth des conspirations, était un prétexte affecté ; puisque, si elle-même ne l'avait pas indignement tenue pendant si longtemps eh prison, il n'y aurait eu aucune révolution : tellement, qu'en y réfléchissant de sang-froid, et sans > passion, ce n'était pas iMàrie Stuart, mais bien Elisabeth qui fomentait les conspirations contre elle-même. ' ! :
4*» « Que les rois ont le droit incontestable dese secourir les uns les autres, par honneur et par:intérêt de la majesté royale. .'
5** «Que, conformément àcedroitinviolable,lareine d'Ecosse se voyant menacée de mort par ses sujets rebelles, avait eii. recours à Elisabeth, non pour tramer une rébellion, non pour usurper son trône, mais pour trouver assistance en elleet par elle.
6» «Qu'alors qu'elle rpouvait se réfugier : seit en France, soit en Espagne,! elle s'était adressée aune parente, à une femme de son propre sang ; et, circonstance
qu'on ne pouvait rappeler sans horreur, elle s'était adressée à celle qui; Pavait non-seulement appelée, mais invitée, attirée, caressée, pour l'avoir entre ses mains et la trahir : à ce point, que la pauvre reine, trop confiante, avait même servi de bouclier contre ceux qui haïssaient Elisabeth.. . .
7** « Que si le parlement et Elisabeth fondaient des espérances de tranquillité sur l'exécution de Tinnocente Marie, ce n'était point un sage raisonnement; parce que cet événement ne pouvait manquer de susciter des guerres sanglantes à TAngleterre, étant trèsnaturel que. ses parents, ses amis cherchassent à renverser le trône anglican, avec les puissants secours de tous les princes catholiques, puisque tous ils auraient reçu, chacun pour sa part, comme faite à leur majesté royale, une injure aussi atroce.
8** « Qu'Elisabeth elle-même devait bien ouvrir les yeux, pour voir dans quel précipice l'entraîneraient les conseillers, chez lesquels il n'y avait aucun amour soit pour sa personne, soit pour son trône, soit pour le bien public; mais seulement le désir de donner satisfaction à leur intérêt personnel, à leur propre avantage, et à leur ressentiment particulier^ »
Bellièvre partit avec ces recommandations du souverain pontife, emportant en outre les protestations du roi de France et des Guise. Reçu par la reine d'Angleterre, il lui soumit verbalement et par écrit les raisons politiques, les considérations d'humanité, les motifs de haute convenance qui devaient la déterminer à ne pas ratifier la sentence de mort prononcée par le parlement d'Angleterre, contre une malheureuse parente
1. Tempesti, t. I, lib. XX, n»» i et ir, p. 311 à 316, d'après un manuscrit de la Libreria Barberina,
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qai s'élail confiée è sa parole. Ces démarches, cette insistance de Tambassadeur parurent d'abord faire impression sur l'esprit de riieareuse rivale de Marie : elle sembla flotter indécise, et laissa écoaler plus d'un mois sans prendre aucune résolution. Mais, par son ordre, le 18 février 1587, l'infortunée reine d'Ecosse, veuve d'un roi de France, fut conduite à Téchafaud. Les témoins de son exécution ont attesté son courage, sa fermeté d'âme, sa résignation toute chrétienne. L'impression produite par cette mort effaça le souvenir de ses fautes, et la commisération générale qu'elle inspira, rendit encore plus odieuse cette conduite d'Elisabeth .
Le supplice d'une reine catholique, qui avait porté deux couronnes, ne tarda pas à exciter contre l'An^ gleterre, ainsi que l'avait prévu le souverain pontife, une guerre terrible. Sixte ne pouvait compter sur la co(H[>ération du roi de France, placé alors dans Timpossibilité absolue de disposer d'un seul homme, menacé qu'il était en même temps par le roi de Navarre, les reitres allemands, les Guise et les Ligueurs. Henri, auquel le pape avait fait proposer par son nonce de s'allier au roi d'Espagne, pour déclarer la guerre à Elisabeth, s'était excusé sur l'état dans lequel se trouvait son royaume, et cette raison était malheureusement sans réplique. Sixte dut borner ses efforts à exciter Philippe II, cet ardent champion de la foi catholique, contre l'hérétique Angleterre. L'occasion semblait favorable à ce prince pour faire valoir de nouveau ses droits à la couronne de ce pays. Les catholiques anglais et écossais, émus de la condamnation de Marie Stuart, s'agitaient sourdement, et paraissaient n'attendre que le signal de secouer le joug
tyrannique imposé à leur foi par l'Église établie. Philippe promit au pape de préparer, dans le plus bref délai, un armement maritime considérable, avec lequel il espérait disperser la flotte anglaise, aborder dans rîle, s'emparer de Londres, et proclamer de nouveau la suprématie exclusive du culte catholique, en se faisant reconnaître roi d'Angleterre. Mais, avec sa prudence habituelle, il exigea du souverain pontife une coopération plus efficace que celle de ses bulles. Alléguant les dépenses excessives qu'il était obligé de faire pour cet armement, Philippe demanda au pape un million d'écus d'or (environ 8,500,000). Sixte qui avait eu le talent, ainsi qu'on l'a vu, de rétablir les finances de la Chambre apostolique dans l'état le plus florissant, promit de donner cette somme. Mais il mit à sa livraison deux conditions : la première, qu'il en fournirait la moitié lorsque la flotte espagnole aurait abordé en Angleterre, et s'y serait emparé d'un port ; la seconde, qu'il remettrait l'autre moitié lorsque le duc de Parme, Alexandre Farnèse, aurait battu l'ennemi en bataille rangée, ou pris Londres. Ces conditions ayant été acceptées par le roi d'Espagne, le traité fut signé secrètement à Rome, au nom du pape, par les cardinaux CaraffaetSantorio di Santa Severina, et, pour Philippe II, par son ambassadeur, le comte d'Olivarès ^
Ensuite, pour complaire au roi Catholique, le pape nomma cardinal, en consistoire, l'anglais Guillaume Allan, docteur en théologie ; ce qui fit dire à plusieurs membres du Sacré-Collège, que Sixte était le premier
1. Tempesli, loc, cit., p. 317, n^' v, selon les Mémoires du cardinal Santorio.
à violer sa propre bulle, par laquelle il avait décidé que les créations de cardinaux ne ^e feraient qu'une fois Tannée, aux qualre-temps de décembre. Mais il répondit ;qu' il y était contraint par la nécessité, qui n'admet pas de loi. Il écrivit à Philippe pour lui annoncer cette nomination et Tinviler à ne pas perdre de temps dans ses préparatifs militaires, — « afin que les pauvres catholiques d'Angleterre n'eussent plus à endurer de nouvelles persécutions ; car, en tardant, ce que le roi avait jugé utile tournerait à mal. » Il ajoutait qu'il avait consenti, pour cette entreprise, à tout ce que le comte d'Olivarès avait demandé '.
Bien qu'il n'espérât aucune coopération du roi de France, il résolut de faire de nouvelles tentatives pour l'amener à entrer dans cette coalition. Ayant su par son. nonce, que la reine mère se plaignait que son fils n'eût pas d'argent pour s'opposer aux reîtres allemands et au, roi de Navarre, le pontife consentit à l'aliénation en France de certains biens ecclésiastiques, jusqu'à concurrence de cinq cent mille écus, demandant en même temps l'exécution de sa bulle sur la visite des évéques aux lieux saints, à Rome, et recommandant l'alliance avec le roi d'Espagne contre l'Angleterre. Henri fit remercier le souverain pontife de son consentement à la vente des biens de l'Eglise; il s'excusa de ne pouvoir admettre la bulle sur la visite des évéques, sans l'assentiment de son Parlement, et quant à l'alliance avec l'Espagne, il répondit au nonce : — « Qu'étant lui-môme assiégé de révolutions et exposé de toutes parts à tant de périls, il lui était impossible de songer à apaiser les troubles chez