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Il demandait d'abord la restitation de Cambrai, ville qui avait été enlevée an roi son maître. En second lieu, il exigeait que le roi de France cessât de protéger D. Antoine, prétendant à la couronne de Portugal. Enfin, il proposait de faire reconnaître Philippe II comme souverain légitime du royaume de France, proposition que repoussait Henri III. L'ambassadeur ajouta que Villeroy était le seul des conseillers de Henri qui pût mener à bonne fin cette importante négociation. Le nonce, en conséquence, s'en ouvrit avec ce ministre, qui promit d'en parler au roi. Mais, avec sa versatilité ordinaire, ce prince, dans Tintervalle, avait encore changé d'avis. Il s'était décidé à ratifier les articles de paix proposés par les ligueurs. Ils furent signés à Paris, le 15 juillet 1588, en son nom par sa mère, Catherine de Médicis, et par le duc de Guise et le cardinal de Lorraine, au nom de la Ligue.
Par ces articles, le pape obtenait l'assurance que l'hérésie prolestante serait entièrement exterminée et détruite dans le royaume ; qu'après la mort de Henri de Valois, aucun prince hérétique, quels que pussent être ses droits, ne serait admis au trône de France ; que le concile de Trente serait publié le plus tôt possible, mais sans préjudice des droits et de l'autorité du roi et des libertés de TÉglise gallicane, lesquels, dans l'espace de trois mois au plus, seraient spécifiés et déclarés par une congrégation de prélats et de magistrats de la Cour du Parlement (de Paris), et autres que Sa Majesté députerait à cet effet. Les autres articles avaient pour principal objet l'exécution de l'accord fait à Nemours le 7 juillet 1585, et Taccroissement de la prépotence des Guise et de la Ligue, sur le parti peu nombreux resté fidèle au roi de France.
Mais, indépendamment du traité public, il y avait des articles secrets, tels que Tobligation par le roi de renoncer à toute alliance avec l'Angleterre, d'abandonner toute protection sur Genève, de n'accorder au duc d'Épernon qu'un gouvernement éloigné de la Cour, et de consentir à différents avantages au profit du cardinal de Bourbon, du duc de Guise et de plusieurs autres.
Ces dernières conditions n'avaient été acceptées par Henri que comme contraint et forcé. Il avait exigé quelles restassent très-secrètes, et il se promettait bien de ne pas les exécuter, dès qu'il serait assez fort pour s'y soustraire, sans danger pour sa couronne^
Aussi, cette apparence de paix, reçue à Paris avec les plus grandes démonstration de joie, n'émut pas le souverain pontife. Il partageait l'opinion de son nonce, et pensait, comme lui, que la paix ne pouvait exister en France que de nom ; que la réconciliation du roi avec les ligueurs ne pouvait être sincère, que la nécessité seule l'avait contraint à dissimuler ses sentiments, mais que, plus tard, dès que Foecasion lui paraîtrait propice, il ne manquerait pas d'user de son autorité pour se venger de la rébellion de ses sujets^.
En attendant, ce prince, cédant aux instances du nonce Morosini, avait demandé au pape et obtenu de lui qu'il le créât cardinal et légat en France. Sixte, qui avait à cœur de ménager le roi pour exiger de lui en retour des concessions plus importantes, ne se fit pas prier, et grâce à cette recommandation Morosini obtint à la fois la pourpre romaine et le titre de légat a latere en