Tempesli, t. 1, lib. H, n© xxxviii, p
2. Ibid., no xxxix. — Le doge élnif alors J. Priuli» élu en 1559.
de la République, et que, quant à ce qui lui arrivait maintenant , c'était pour la conservation des ordonnances de la République^ : mais qu'il espérait, dans dix années, le voir inquisiteur, et qu'il le verrait toujours volontiers. »
Ainsi, le père Montai to était bien sacrifié, comme le lui dit le Doge, à la conservation des ordonnances de la République, et nullement à cause des tracasseries qu'il avait éprouvées de la part des religieux ses confrères.
Toutefois, si la politique lui fut contraire à Venise, il éprouva une ample compensation d'amour-propre, par la publication qu'il y fit, de concert avec son disciple Posio, des œuvres d'Aristote et d'Averroès dont lo douzième volume contient la Table d'Or, Aureo Indice. Bien que, dans la préface de ce dernier volume, Posio reporte au père Montalto tout l'honneur de cette vaste entreprise, les ennemis de Perclti s'obstinèrent à le lui refuser. Mais ces attaques ne troublèrent pas le cœur de l'élève, qui, restant fidèle à son maître, voulut quitter Venise avec lui et le suivre à Rome.
Arrivés dans cette ville , ils s'empressèrent d'aller se prosterner l'un et l'autre aux pieds de Pie IV. Le pape reçut Montalto avec la plus grande faveur, lui sachant gré d'avoir résisté aux exigences du Sénat vénitien, et de n'avoir obéi qu'à ses ordres. Assuré, par cette lutte soutenue contre le corps politique le plus habile et le plus redoutable de l'Europe, de l'énergie, du dévouement et de la capacité du père Montalto, le pontife l'en récompensa sur-le-champ, en le nommant
1 . Era per conservazione délie ordinazioni di questa Republica, — Tempeeti, ibid,, p. 37'.
théologien du Concile général, consulteur du Saint- Office et lecteur au collège de la Sapience à Rome, trois charges également importantes, qui devaient le mener plus haut.
On assure ' qu'à la suite de cet avancement, soit par générosité de caractère, soit par politique, il intervint auprès du cardinal da Carpi en faveur du père gardien du couvent des Franciscains de Venise, qui Tavait dénoncé au conseil des Dix, et borna sa vengeance à lui faire retirer cette charge. Mais il paraît plutôt problable que ce religieux fut rappelé de Venise comme étant trop dévoué aux intérêts de son gouvernement.
En nommant le père Montalto théologien du Concile général. Pie IV avait en vue de renvoyer en Espagne, comme attaché à la mission confiée à son légat, le cardinal Ugo Buoncompagni, auprès de Tarchevôque de Tolède, Caranza, qui soutenait dans son église l'ancien culte mozarabe. Il fallait des théologiens exercés pour discuter cette question délicate avec un archevêque, très-versé lui-même en cette matière. Indépendamment du légat et du père Montalto, cette mission se composait de deux prélats : Jean Baptiste Castagna et Jean Aldobrandini, et de Stefano Bonucci, religieux de Tordre des Servîtes. On remarqua plus tard que les choix de Pie IV, dans cette circonstance, lui avaient fait le plus grand honneur : puisque trois de ses envoyés, Buoncompagni, Montalto et Castagna devinrent papes, et les deux autres cardinaux. Mais cette mission n'aboutit à aucun résultat : car, h peine arrivé à Tolède, le légat Buoncompagni ayant appris la mort de Pie IV et l'ou-