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du souverain pontife de laisser passer outre, sans exiger aucun avertissement préalable à Henri de Navarre. Et, de fait, Sixte, consulté, répondit au légat par le cardinal de Montalto : « Que s'il était vrai qu'il avait fait écrire qu'on devait inviter le roi de Navarre à revenir à la vraie foi, c'était seulement à l'époque où Henri III avait voulu lui faire la guerre : mais que maintenant, et alors que les États le condamnaient et refusaient de traiter avec lui comme élantexcommunié, ils parlaient très-bien^ » Ainsi le pape voulait avec les Guise, les ligueurs et Philippe II, qu'on condamnât Henri de Bourbon sans l'avertir, et par conséquent sans l'entendre.
Les Guise étaient alors parvenus à l'apogée de leur puissance; ils disposaient entièrement de la majorité dans les États du royaume, et^ chaque jour, ils se montraient plus exigeants. Depuis quelques mois, le duc de Guise avait été créé commandant en chef des armées françaises. Mais il manquait d'argent, puisqu'il avait dépensé, à Timitation de Jules César, des sommes énormes pour se faire des partisans. Il avait des créatures et des espions jusque dans le conseil du malheureux roi de France. Afin de se procurer de nouvelles ressources, il déterminale légat à les obtenir de ce prince. Le cardinal alla trouver Henri, qu'il soupçonnait depuis longtemps de tramer un complot contre son rival. 11 l'aborda en lui rappelant la nécessité de l'union, pour combattre avec avantage les ennemis de la religion, l'engageant à mettre à la disposition du duc de Guise les moyens qui lui permissent d'exercer son commandeinent. Le monarque répondit,