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dînai Santorio, présent à cette scène, loi ferma la bouche avec un mouvement d'indignation, et le fil sortir du Consistoire ; mais, lorsqu'il fut terminé, Santorio s'approcha du souverain pontife, et s'efforça d'excuser son collègue de Joyeuse, sur ce qu'étant encore très-jeune, il ne connaissait pas encore les usages' du Sacré-CoIlége. Sixte lui répondit de faire ce qu'il jugerait convenable. En conséquence, Santorio alla chez le cardinal français, qu'il trouva fort affligé, et s'apprétant à quitter la Cour potitificale. Il essaya de le consoler, et le détermina à se présenter au prochain Consistoire et à se jeter aux pieds du pape, pour lui demander pardon, ce qu'il fit ^
Cependant, la congrégation de cardinaux nommés pour examiner la conduite de Henri de Valois, qui était composée des cardinaux Santorio, président, Santi-Quattro, Lancelotto, Pinellî et Mattei, sollicitée sans doute par les ambassadeurs de France et par les membres du Sacré-Collége attachés à celte couronne, laissa écouler plusieurs mois sans prendre aucune résolution. Sixte lui-même ne la pressa pas de conclure, craignant sans doute d'exaspérer le pauvre prince, et de le jeter dans les bras du roi de Navarre et des huguenots.
Dans le mois de juin 1589, il réunit un Consistoire, et y déplora les calamités qui affligeaient l'Europe et particulièrement la ville de Rome, souffrant de là famine, et dévastée par une récente inondation du Tibre. Pour apaiser la colère divine, qui châtiait les peuples par les fléaux de la guerre et de la disette, il déclara qu'il était décidé à publier un jubilé uni-
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versel ; il recommanda aux cardinaux de fréquenter les saintes stations des églises, les exhorta à méditer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et leur déclara qu'il avait l'intention de renouveler l'obligation du jeûne, observé dans la primitive Église pendant le saint temps de l'Avent, si toutefois la congrégation des Rites donnait son assentiment à cette proposition. Dans le même temps, Henri III, enhardi par le silence du souverain pontife, envoya Révol, un de ses secrétaires d'État, trouver le cardinal-légat pour lui donner communication du bref qu'il avait obtenu du pape l'année précédente, et en vertu duquel il avait le droit de se choisir un confesseur, qui pouvait lui donner l'absolution de tous ses péchés, môme de ceux réservés au Saint-Siège par la bulle In cœna Domini. Leroitiraitdubrefla conséquence, qu'alors qu'il aurait commis un péché tombant sous la censure ecclésiastique, dès qu'il s'en était repenti et confessé à son confesseur ordinaire, il ne devait pas encourir Texcommunication du souverain pontife ^
Le légat transmit cette explication du roi au cardinal de Montalto, qui la communiqua au pape. Mais Sixte répondit avec amertume : « Nous ne nous rappelons pas avoir concédé au roi la faculté de se faire absoudre des parricides et des sacrilèges commis, en s'appuyant sur un bref ; c'est pourquoi il ne suffit pas qu'il nous demande par votre intermédiaire notre bénédiction, ayant encouru, parle meurtre de notre cardinal, les plus graves censures, à raison desquelles il a besoin de notre absolution : outre que notre discussion avec le roi n'est pas relative aux mérites ou démérites du duc