‹ Histoire de Soissons (volume 2)Chapitre 4 sur 17 · MÉTIS. AUG. D, V. S. L · texte numérisé non relu

MÉTIS. AUG. D, V. S. L

On lisait antrefois Isi et EwspecttUus (Ronssean-Desfonlaines ; hiêt, M. S» de Soîssbns', écrite en VtVt), Un accident a altéré ces deux mots. Mabîllon (tfer ^ermanieum) , dom Martin (J^iêt, de la religion des Gaulois) y et d'autres érudîts du dernier aiècle ont décrit dans leurs ouvrages la pierre deSoissons. On a cru assez généralement y lire : Isi ^'^ riowymm et Serapi Esspeciatus Métis Augu9U$s Dieaiiii^ FoffU , sacravit , tocavii (à Isis Myrtotrjmë 'et v Séra^itf , Aû« gnitte attendu à Hetz a dédié , a toàé], a con'sacié , h posé cette pierre). Cette explication sôiilêve cej^ndaiH deë ôfcjec*

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QûoiquUl en soit de cette problématique foii^ dation d^ Auguste, ce fut vers ce temps que Novio-

tion$ fort graves : le surnom à'Augustus n'apparaît jamais, dans les monamenii du premier des emperenrs , isolé du nom patronymique de César. VExspectaius Meiis (attendu à Metz) n'offre ni une bien pure latinité, ni un sens complèfement satisfaisant, et il serait d^ailleors aèsez étrange qu^Âuguste e&t élevé un temple à Isis au fond de la Gaule , vers le même temps où sou gendre Agrippa, remplissant les fonctions d'édile , comprimait à Rome les cultes égyptiens , et en défondait Pexercice dans les murs de la cité et à cinq cents pas à Tentour : comment expliquer cet bomniage rendu aux divinités de l'Egypte Taîncue par le vainqueur d'Antoine , par l'homme qui avait été le représentant do l'Occident contre l'Orient dans sa lutte contre l'amant de Gléopàtre? Le» dieux orientaux n'ont été admis officiellement dans le Panthéon romain que long-temps après Auguste.

L'abbé Lebenf (disseriaL sur VéM des anciens habU, du Saissonnais , e/c, 1735) a proposé une autre Torsion , dans laquelle Exspeeîaius eut été un nom propre : /s» etc. Expectatus Hermeiis AugusH Dispensa/k^r^ovii^ sacrc^vit, loâ^- «tl, prétendant que la preinière syllabe de Hermeiis avait été effacée comme la dernière d'Espspectatus : Pexamen du monument repousse cette supposition , et il n'y a jamais eu d^ Auguste ou à^empereur Hermès dont un Exspectatus eût pu être le Dispensateur \ pourquoi changer le mot Métis et ne pas écrire i.Expectatus^ Métis Augusti Dispensator^ f^ort^, eto..(^ C'est-à-dire: Exspectatus^ Dispensateur deTem* pereur,à ]\|[etz (intendant des t7»7/a< césariennes de la cité de Metz), a yott^,.etc. La version de Lebeuf , ainsi modifiée dcviendraît .peut-être acceptable. Nous ne pouvons que soumettrç o^ti^,q;iestion à la seule autorité compétente en pareille matière, à l'Académie des Inscriptions.

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dun , a r exemple de beaucoup d^ autres villes , se plaça solennellement sous le patronage du prince qui renouvelait la face de la Gaule, et prit le titre âHAugttHa des Suessons ; Augosta, et non plus Noviodun, figura, par ses représentans , dans cette fameuse assemblée de Lugdunum, où les soixante cités gauloises décrétèrent Férection d^un temple gigantesque en Fhonneur de Rome et d^ Auguste , au confluent du Rhône et de la Saône ; la statue d^ Augusta des Suessons fut une des soixante statues qui s^ élevèrent autour du colosse de la Gaule , et son nom , Tun des soixante noms gravés sur l'autel du César romain , qui , divinisé de son vivant , remplaça le vieil Hésus au sommet de TOlympe gaulois, emblème du triomphe de lasociété romaine sur la société druidique (an 12 av. J.-C).

La pierre d'Isis, qaelle qu'ait été la main qui la posa , est un monument précieux pour i^histoire. Elle gisait depuis dea j|]iifé^(|^ publiée p^rmi des décombres et abandonnée aux injures de Tair dans la cour de THôtcl-Dieu , lorsque M. le docteur Godelle, de Soissons, la signala de nouveau, en 1821, a ^attention de ses concitoyens et des amis de la science. Grâce au zèle de cet honorable archéologue , \b, pierre d'Isis fut préservée d*une dégradation et d'une destruction à peu près inévitables, et figure maintenant au Mu^

sée de Soîssons.

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