‹ Histoire de SoissonsChapitre 6 sur 16 · Bit'ceiRE · texte numérisé non relu

Bit'ceiRE

€liûère 4u comte de Hainaa^ ne ceasaitde travailler .à la paiï entre la France et F Angleterre , et cette bmne dame y qm s'était jetée plusieurs Fois aux pieds de son frère, priait aussi Jean de Hainaut de s'interposer auprès d'Edetuard ; elle réusât enfin a mot/snnerune trêve d'un an à partir du 2 septdmbrç 1340^ laquelle fut prolongée wsuite de deux ans entr^ les deux rots, et lem de Hainaut fut un dçs traiteurs de la partie du roi d'Angleterre : il. profita aussi des bénéfices de la trêve et se fit rejndre le comte de Soissons aitisi que les seigneu- .ries qu'il possédait en France et que le rài avait saisies sur son vassal rebelle. .Hais la guerre re^ jCjOmmença d'un antre coté : Charles de Blois^ frère du comte de Soissons , ayant épousé Jeanne de Penthièvre , héritière de Bretagne , Jean , comte •d^ Montfort, frère du dernier duc , disputa le duichéàsa nièce Jeanne; Philippe de Valois se dé-* dara pour son neveu Charles , et le roi d'Angleterre , pour le comte de Montfort ; Louis de Chàtillon fut un des barons de France qui allèrent ^ en 134^ , prêter l'appui de leurs armes a^ Ci^arles de Blois et qui contribuèrent à la prise du comte de Montfort dans la ville de Nantes. Il retourna . en Bretagne l'année suivante , quand Jeanne , comtesse de Montfort , se mit a la tête des partisans de son mari, prisonnier dans la tour du Louvre ; il se trouva au siège de Hennebcm, puis à celui d'Âuray# La guerre de succession fut suspendue par une trêve , pendant laquelle la comtesse de Montfort pasça en Angleterre pour y obtenir du roi, son allié,

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nne armée capable de faite triompher sa cauâe contre Charles, de Blois : Edouard se* préparait à ' rentrer lut^-méme en campagne cmitre le roi. de France et présidait a une grande et noble fête , remplie de joutes oii figurèrent Jean de Hainaut et fmd' foison de chevalerie dé son pays. Louis de Chatillon fit encore partie de la chevaiéckée que Philippe de Valois envoya en Bretagne, sous la con^ duite de son fils Jean, duc de Normandie : le comle de Soissons avait pris alors, ^ la mort de son père , en 1343, le titre de comte de Blois , qu^il adoptait sealdans la {dupart de ses chartes , sans mention* ner ses nombreuses seigneuries. Il était veiAi hâti" vmen^dans sa ville de Blois , après avoir fait foi et hommage au roi pour ce comté, et ilTavait quittée presque aussitôt jbxmr aller à l'aide de son cher frère conPre $es ennemis et à V ennemi du royatmte, ayant de confirmer les franchises des ha* bilans de Blois, qui s^alarmèrent de cette omission contraire aux coutumes de P entrée ,du comte dans leurs murs ; mais il protesta , pai^ lettres patentesf qu^il n'avait pas prétendu par \k acqûerre fifmvel droit ni établir un précédent quHl pût faire ' valoir kTaveiùr* Lociis de GfaàtiUon retourna sans : doute dans le comté de Soissons ok sa ftaimé Jeaime loi. élev^ait trois fils, Louis , Jean et Guy , ' lorsque Us Dégâts da pape imposèrent UM trîfvb^ <ie trois »anaau£ partis de Blois et dB'Môntfort. Il prit possession , en .1344^ de ce comté et ^^ autres terres de Frwnoe^ queson bèttu^pèreet sa beUe*mfèreconseiiftit*ent & lui céder, sans douter

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pour les mettre à rabri^le nouvellcfir représailles de- Philippe de Valois \

Ce fut pendant cet intervalle de paix^cpie Loms de Châtilion réconcilîa son beau^père avec le roi de France, 4]ui Tavàit chargé de traiter envers meS" sire Je<jm de Hmnaut (pour) qru^tl voidét éîrefran^ çaU* Philippe de Valois faisait offrir à ce seignenr autant de reivmue en France quHl en avait en Angl/eterre ; mais Jean de Hainaut «c ne s^aceorda pas iegèrementa ce traite, car il avait la'fleur de sa j^eanesse usée au service du rcM d^ Angleterre , et âTTavait toudis (toujours) ce roimouteainaé^ » Louis de GhâtilloB employa l'entrenûse du se%aeur de Fa* gnoelles , j[l^i.ét(Jii^ compagnon ^tùiit Jetm de Hainaut et le pli4â grand de son àtmaeil, pour lui f^ire entendre ^^onrefusait de lui payer ses pensions en AQ|^t!tt6rre* Jean^de Hainaat ^w mérançùUa et finit par i^énoiièer auœfiefe^ auw eanvemmeeeet ai^ ^oeZ/e» qu'ils tenait du roi Edouard. PhiKppe de Valois' profita de ce moàient pour * envoy>er suffirons hompiss k Jeaiar de Hainaut^ qme: (^ il'rèlint à lui et de son conseil , à certains ffsigcs^ ep \e récompensa enjsonro;ati«»e d'autant de ^eveime^et plus qu'il en av^it en Angleteri^e.' Ainsi idemean: messire Jean. français tout son vivant. »'Jéan d^ Hainaut éomipençad^ ^paraître iMXiekevaùohéemdvL roide France,, en 134l|$i loraque'le roi d'Aagkl^eiTe eut ; repris; >les^ armes! , sous prétexte • dei irengtt* la

' Prôièsatiî; Ed. do Panthéon Hit, Uv. i. cK. Tï, 85, 8è, 8T, 88, 8p, 84»8«; 4<»V*05^ 41»,» Î^T, 1»»V 18«,'MJv t^, 170, 185, 192, %09^ Hifii jgm. de ChâOllon, Uv. .4^ etlc3 preiiv. ^êt['gén\ d'e$ G\ Ofic, t. u. p. 505.

mort du sire^ de Clis&on cl des seigneurs bretons décapités par ordre de Philippe: il se rendit avec son gendre à St-Depis y où se rassemblait U chevalerie, pendant que les Anglais, venaient brûler des villag^es aux portes de Paris ; il était , ainsi que le comt^ de Soissons, au souper oii le roi convia ^ le 25 août, tous lès lioytê princes qui étaient adonc dedans Abi)eville , et, le lendemain , le roi lui donna ua grand coursier noir, sur lequel^nonta le chevalier qui portait sa bannière à la bataille de Crécy, Jean de Hainaut et Louis de Châtillon étaient du nombre des vaillans bommes et bons chevaliers , ce qui , pour leur honneur , chevau* chaient toujours avant et avaient plus cher à mourir que faite vilaine leur fût reprochée. » — ce Certes , sire, dit le premier à PhUîppe de Valois qui lui demandait conseil fu milieu de la mêlée , je ne vous saurais conseiller le meilleur pour vous , si ce n^était que vous yoiisretraissÂez.et missiez à sauvetë , <^jen^y Yoispoint de recouvrer! » Le carnage était horrible dans r obscurité qui empêchait de ^tinguer les Français, des Anglais: le comt^e de Soissons et le due de Lorraine, son beau-frère, avec leur^ g^ens et leur^. bannièrea, a se co^at^ taient moult .vaillamment, et it^ent enclos d^u^. l'oate.dlAag^ et de Gallois qud.nul ne prenaient ; à m<;rci. là if^evkl^ çw « de lenrç cprps , plusieurs grandes^appertises dWmes, car. ils étaient moult vaiUaas chevaliers et bien cqmbattans.; mais tour tefcis leur prouesse qe leur vahit rien , caj^ ils deine^èrent rarla place, et tous ceujc qui de Lez (au-

pràs) eux étiiient. » TJost du roi était en déroute sur tous les jpoihls, lorsque Philippe , qui avait ei\ un cheval tué sous Ihi , se trouva entouré seulement de soixante honames de sa Compagnie : le reste avait péri. Alors, iFean de Haitiaut, ^ui avait à garder et conseiller le roi^ saisit la bride du éhevâl de Vinfortuné roi de Fram.ee , en lui disant : — « Sire, venez-vous 6n; il est temps! lae vous perdez mie si simplement : si vous avez perdu cette fois, vous recouvrerez une autre. » Et V emmena comme par force. Philippe de Valois regretta grandement le comte de Soissons et tous les seigneuré , Ftm 'après Fautfe , qui étaient morts dans cette désastreuse joiirnée oil s^accrut la gf^àruf fiance quUl avait en Jean de Hainaut. Louis de Châtillon fiit inhumé dans i^abbaye de la Gtiiché , près de Blois , oà Reposaient plusieurs 'de ses ancêtres.

Jeanne , sa veuve , ressentit de cette perte une afBictioh qui iie lui' fit pas oublier les intérêts de ses trois enfans en bas âge : aussitôt après la mort du comité, Charles de Blois , duc de Bretagne, voulut faire valoir Certains droits qù^Si prétendait avoir sur les villes de Guise et d'Hirsoii , ' en raison de son apanage j^égfê eiitre son Frère et lui, dutivant de leur père; Charié^ de Blois -réclamait donc fa saisine dé ces deux villes, quUl n^avait possédées que quelques 'mois -, car^ ses gens en avaientiétëdhtàâRsés violemment par son frère qui refusait hiême dé lui payer ia l'ente * anttudle assignée slïr lies tert^s pâtrimôniaicis ;' en 'conséquence, il obtint ;dés

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léftres royales de jnssioa adressées au bailli de Vei^ mandois pour faire occuper , en son prive nom y le châteaa d'Hirsoa ; mais Jeanne dé Hainaut empéeUà , k main armée , reïécolion de cette ordon* oanee, et supplia lè roi delà révoipier) lorsqu'elle lui fit hommage pour les iénfoas du feu c6mte de Soisseiis. Le paiiement évoqua cette cause devant lui, «t, après un ptoeès qui dura deux bob , rendit un arrêt en faveur de Charles de Blois« Il est vrai qu^à celte époque , Jeaikne s'était remariée , sans perdre la garde et i4if7 de ses enfalis mineurs , et qu^elle consentit à un accord que ^^. mort prématurée ne lui permit pas d'exécjUtér. Dans les premiers temps de son veuvaj^ , con$idérant que les reliffieum\àé St'-Cr.^nOi^n^Clkaye, de leur béndgne grd0£ijteVvohntàlui avmefii ucaârdé une messe de reqmùm)a^uk) pigilest .ei commanfUefiS à chanter et cHébreii, okoewiitm^ perpSwUement^ en leiir éiflièey pour rime de sen.tr es cher et^fyrès Umàs^i-' gnevr. Louis ,. dont Difu aitl'ânm^ elle confirma ions leslMiebs de leur abbaye et. leur accorda d'en |<Miir.paisiblemeiit^ la plupart de ces bieds^ maisons et ceris ànérelêy relevant de. la Tour des Comtes et:ae trouvnat dans T-^iceinte de Soissons. li^Ue ha* bîAail; alors le obàteau de VilIcneavcTlèi-Soissons ^ bâû par sa.^ve, Maf^uerite, décédée depuis peu d'années; or, connne^ile et ses gens passaient continuellebaent à tl?aïVers,.les prés de St-Crépin-le- Grand^ elle dâivra; lit domain (dernier) jour de décembre 1347, de son plein gré^ aux reSigieux de cette abbaye , un acte constatant que ces allées et

venues ne pourraient acquérir auxdiU prés sertitude en propriété ni en saisine ^. .

JTeanne de Ilainaut, dans cet acte, s^ntitulait encore comtesse de Blois et de Soissons , maïs elle perdit ce titre, en épousant Guillaume de Flandre^ comte de Namur, dans le courant de Tannée 13AS: elle ne survécut guère à ce second mariage. La peste noire , cette maladie contagieuse avec cra * cha4s de sang^ par laquelle la troisième partie des hommes et des femmes de l'Europe moururent , arriva dans le Soissonnais à la fin de 1348 , et y causa de grands ravages , surtout aux ^ivirons de Braine : les malades n'étaient que deuâs ou trois jours au lit ^ et les jeunes Paient ceux qu^ estte pestilence saisissait le plus ièt. L'épidémie sévit à Soissons jusqu^en 1350 , et Fabbaye St-Jean-des- Vignes perdit trente-huit clianoines. La cointesse douairière fut aussi une des victimes : on Penterra à côté de son premier mari dans l'abbaye de la Guiche. La peste noire , qui attira, de nouvelles persécutions contre les Juifs , accusés d'avoir empoisonné les puits et les fontaines , eut pour com-pagne une horrible famine , plus horrible dans le Soissonnais^e dans lesautres provinces : on man* geait de Therbe , des racines , des écorces «Tar-

• Froiss. liv. i, ch. 250, 2fT3, 288, 2*9, 29i; 29S,. à96. Hist. gén. de ChàUl. liv. iv, et prenv. MSS. de domGre« nier, paq. 43, n. 5. C'est M. Devismes^ qui, dans 8on Manuel Hisi. du Dép. de T^Mna, raconte qae Jeanne de Haioànt enleva Hirêon , à mam armie^ à Charles de Biais : nous n V vona pas trouvé la source de ce fait. }K$t» de St-Crep, MSS. Melch. Regnault p. 147. et preûv. MâS. de Cabaret.

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bres ; pas de récolte , pas de commerce : l'argent même n^ayait plus cours. Les pauvres erraient , pales, amaigris, gonflés, moribonds , dans les rues des villes, dans les champs , dans les bois. Durant cette longue calamité , Tabbaye Notre-Dame, qui avait ses greniers bien remplis, répandit beaucoup d^aumônes et ne sou ffrit ptM néanmoins de notable diminution dans ses reventes, a II y avait telle faute d'hommes , au dire d^un chroniqueur , qu^on ne . pouvait trouver aucun par les petites villes, pour apprendre les petits enfans h. lire ; » ce fut sans doute le motif des fondations de Jean Dumont , prévôt de la cathédrale , qui destina une rente de 35 livres parisis,,assise^ur la boite des Halles de Paris, àF entretien de trois içcoliers, qui voudraient étudier dix ans dans ime des cinq universités du royaume; le même Jean Duipont, paraipour des lettres^, légua encore à Tabbaye St-J^an-des-Vignes , qui était chargée de veiller à P emploi de ces trois bourses, deux maisons q^^il possédajit à Paris et qu^il avait affectées au logement d^& écoliers , npujcris a sesi {hôs^çt cl^Qisis par Tabbé de St-Jestn ^

' Jniiq. de la Gaute^èîg,^ par Wisaemboarg. Ann. de franw, par BeÙefivét. Bise, du Fixais, t. il, p. 300; Dor-' may, t. u, p. 310 et 317. CAron. ai5. StJoan , p., 153., Meic. RegDault dit avoir vu un acte de Tan 1362, tiré des ^urdiives de TÉvéché « par lequel Jeanne reconnaît que le ûear évéquse de Soiatoùs lui a &il &veur de' recevoir d'elle, en sa mmoû de Yilleneate » le» toi et hommage, qu'elle devait rendre en Vhètel épiseop^l ; n mais , :â coup sur, ftegnauU s'est; trompé 4e date^ comme il en a l'habitude ; ear, Duchesne rapporte , dans- les preuves dçi VHùt. gén. de . CUii//oii, un autre act9 de 1350, dont les termes ne laissent aucun doute sçr Tépoque de cette mort: depuiê h ira- >

Lé décis de Jeanne de Hainaut ôta là tutelle des enfcms deBlois au comte de Mamur et la partagea entre Jeaii de Hainaut , leur ayeul , et Charles de Blois, duc de Bretagne, leur oncle. Mais cette tu-' telle engendra tant de difficultés, que les deux tuteurs demandèrent Pa^^ëment du roi, le 25 février 1350, pour se faire représenter par les^a^e^ et honorables Regnauld de Barbançon, clerc , et Pierre de Bocourt, chevalier, pris et élus Vun d'une partie ' et VamJtre de Vautre , pendant une année, pour s'informer du droit des parties , gouverner les terres des mineurs, recevoir les profits et revenus^ en ordonner h. la nourriture desdits enfants, etc. Il y eut entre les deux tuteurs une transaction amiable , qu'approuva le roi Jean, Tan 13S1 : par cette transaction, le duc de Bretagne devait fentr en gardenoble une partie desterred de sé^ neveux , sôusle contrôle des deux exécuteur^ testàmentait^es , à charge de payer , pour cause du vivre desdits enfimSj chacun^ on, cinquante mille livres tcù/hiois , tant qUe Loys Ï^^Atièyaira quatorze a/fis accomplis , selon la coutume dé yérmànd6is;iîs*éAgàgeàîe en outre à laisser dans le même état l'affaire de Va^sietie de saterr$ de Cuise non p(sr faite , jusqu^à la majorité du jeune Louis. L'administration du comté

poêêement de fnadûmê la etmêêêsê âêBMs de^ènik^fiinèni iri* pas9éê èêiitw iertêê (de» enfans de BloU)^ MSS. de fierîette : c'est lô seul historien qui attribme à répidémiele Â^cès de Jeanne de Hainaut. Hist. d^Vabh. N^D.^ p. 221. L'hiafierien de St-Crépin-le*Graad parle de quantité i^hénnêêes per» êonnei qui firent dea donations à l'abbaye et y oboisîrent lenr sépaltiure prinoipaiêmeni bs années 1349 eê 1360.

Soissons resta sans doute dans le bMl de Jean de Haioaat, qui ne vit pas ses petits-fils majeurs et qui mourut, k Yaienciennes , le 11 mars 1356^ en leur laissant toutes les seigneuries qu'il arait en Hollande et dans le Hainaut. Dès cemoment, Iiouis II de Châtillon prit le titre de comte de Soissons, comme op le voit dans une charte de 1357, où il exempte, de certains droits de yinage , les religieux de St- Jean-des-Vignes, et il se l'attribua toiqours, quoiqu'il eut cëdé le comté à son frère puinë, Guy, dans un parttige fait avec ses trois frères, en 1361. Louis se réservait le comté de Blois heréditablemeni à toujours ^nec les seigneuries d'Avesnes et de Chimay, etc. ; Jean devait avoir les terres de Hollande, de Zélande et de Frise; Guy tiendrait dès tnainienant la comté de boisson» e$ touHs les appartenances et appendances ayecltsiérresàe Dargies,de Gatheu, deBeMmont, etc., lesquelles retourneraient alu comte de Blois sml et pour le tout^ s'il advenait quç. Guy mourut sùn^ hoirs de . s^f^hair , encore que S041 frère Jean lai survécût; Ces devis ^ pa/rtor tagesj ordonnances et assignation , lurent avisés par les parens et amis de la liiaison de Châtillon , le 17 a^ril 1361, approuvés pat le duc de Bretagne^ Ckarles de Blois , et ratifiés par; le rdi ^.

Fendattt.la minorité des en fans de Blois , Soissons et le SoissOotois durent à subir toutes sortes d'exactions fiscales et de contributions de guerre, sat^ pr^<^icA des iJiaux inséparables de k pré-

* Bisi, gén, ^sla maii, dû Chai, liv. iv, et les preuv. Dormay, t* ii, p. 321. -, -

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9ence desrotdierget des jacquiers, qui ravagèrent le plat-pays, assaillirent les châteaux etles abbayes, rançonnèrent les habitans* Depuis TaTèneinent du roi Jean , chaque année avait vu plusieurs convocations des £tats>Génëraux et des Etats provinciaux ; mais le roi n^appelait a lui les députes de» bonnes villes du royaume que pour leur demander des aides^ qui étaient absorbées aussitôt que tait" lées. Le dernier jour de mars 1350 , le roi afyant fait requérir^ par Tévéque de Laon , les noble»^, Communes , échevinages et autres gens des villes du bailliage de Yermandois , de lui faire une aide convenabhy ils lui accordèrent une imposition de 6 deniers par livre sur toutes les marchandises qui se vendraient pendant un an , laquelle imposition serait perçue par deux prudhommes élus dans rassemblée des nobles et des bonnes villes. En 1352, le roi fit requérir les Trois-Et&ts du bailliage de Yermandois de lui donner une autre aide, et on lui accorda denouYeau, 6 deniers à lever durant un an, sur chaque livre de marchandise vendue ; en 1354, cette aide fat encore continuée au roi pour un an dans une réunion des Trois-Etats du bailliage de Yermandois,, où le bailli, Pévéque d^Ârras etTabbé de St-Médard étaient commissaires royaux. Les députés de Soissons, clergé^ nobles et Com/munes^ ne manquèrent pas de venir à Paris pour les Elats- Genéraux de 1355, de 1356 et de 1357, et voulurent savoir ce qiû était devmu fo grand^ tréior qu'on avait levé dans le royaume en dîmes y en maltôtes , en subsides , en forges, do montiaio et

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totUes autre* extorsion», dont lêtgenê avaient été surchargéê,îeaMoudoyera,malpa^t;étleroyaume, mal gardé et défendu ; maù , de ce, ne gavait nid rendre compte. Ces Etats-Généraux ne serraient qa*à tirer l'argoit du peuple , par les mains de ses conteillert.- An mois de mai 1358 , le dauphin Charles , qui était régent pendant la captivité du roi Jeanen Angleterre, asssembla, pour la seconde f<HS/à Complète, les prélats et antres personnes de Sainte-Eglite , les ducs , comtes , barons , bannerets.cheTaUers et antres nobles, etleshabitans des bonnes viUes du royaume de France de la langue d'oyh tons nese rendirent pas tamandement du dauphin, parceque les Anglais battaient la campagne et interceptaient les chemins ; mais Soissons ne fit pas début, et sa Commune envoya Pierre de Yalenciennes, Jean de Calais et Jean Gonlin : dans ces Etats, qui Furent peu nombreux, le régent exposa la misérable situation du royaume déchiré par la guerre civile et étrangère , épuisé d'hommes et d'argent ; ensuite, les meuagert du roi Jean peignirentf sons des couleurs .non moins sombres, la prison de ce prince et les dettes qu'il avait été' Forcé de contracter par défaut et nécessité de finance depuis sa venue en y^n^/«f«rr«. L'assemblée s'émut à ce récit et protesta de son dévouement à la chose publique , comme de France : elle accorda ut prisonnier des Anglais, poui vilenie et déshonneur que I Terain Ferait encourir à ses

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firirent aussi de coopérer de leur corps et de îevtt ^bourse a la défense du paj^s : le elergé cQmeBlit a payer des décimes^ la imMessê se taxai elle-mêinç it 100 sois par lOOfrancs de revenu , .et le Tiers-État promit de fournir un homme d^avmes par 70 feux; de plus y rassemblée décida que ses engagemens seraient ob1igatoii*ea pjarr toute la Frai^ce, et, e» effet, le roi Jean adressa, de Lcmdres , ses lettres patentas aux prélats, aux seigneurs et aux gens des villes , pour ks prier de ne, pas ^i faire attendre ladite aide dont il avait imbesoièf extrême dam sa eaptivité; il écrivit, le 15 juin, à ses tréâ cher», féaux et bien aimés les abbés, collèges et avttes j^ens d'E* glise. du diocèse deSdssonSj en les invitant a croire leur évéque, ouson vicaire, sur ce qu^ilkur dirait^ et à faire ce quUl leur recpierrait de par le roi» L'aimée suivante , le bailli de Vermandoia éonvoqua encore à Béthime plusieurs nobles et certaine quantité de gens de chaouna benne vUle ^pour le fait du roietdu.régenp; enfin, en 1360^ cette lon-^ gue série d'impôts, qui grévaicntle peuple de Sois* sonSy n'était pas close, pinsque Jean de Villebain^ chanoine dé St-Gervais, et T officiai de Tévéque, furent adjoints avec six bourgep» aux commissairesdu roi chargés dW^^atr une somme dé huit mille royaux9sxe les habitans de la ville pour la rédemp' tien du roi Jeanr Ce fut peut-être en reconnaissance de là. généreuse âdélité de ces habitans, que ce roi, de retour à Paris au mois d'octobre 1363, leur permit d'élire leurs gouverneurs, trésorier» et collecteurs en présence du prévèt de Soissons y

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lonque le bailli de Vennaiidois serait absent*. LeSoissonnais avait été croeUèment ravagé , en 1358 et 1358: ce n'était plus ces nobles, ayant droit de guerre les une ùuw autres et ientrê-por-^ Umt dommage êitât que l'un avait défié l'au^e^ : G^étaient les Jacques^Benehommee ^ ces paysans soulevés qui avaient juré une guerre k mort aux gentikhomAies ; c'étaient les Anglais sansaveu ou Navarrpis (ainsi nommés de leur préiendu chef, le roi de Natarre), qui pillaient également tous les partis..' Dans Tété de f année 1358, plusieurs menues gens dçs villes champêtres du BeauVaisis «'assemblèrent, Mn# nulles armes , fors que de bâtons ferrés et de couteauss^ contre les nùhles du royaume, afin de se vengw des cruels itcaitemens qu'ils enduraient saQs cesse : Guillaume Chariot, 4e Glermontr sur-Oise, se mit à leur té.te , et ils icomme9cèrent à brûler les châteaux, k tuer les chevaliers , à violer les dames , ^ faire le pis qu'ils pouvaient , ainsi comme ohi^ns enroigés* L'insurrection des vilains se {NTOpagea pai: tpute la Picardie et surtout dans le id^cèsc/de SiiNissons : le^ gtAnds violeurs st malfaiteurs étaient en la Perre deCoucy et eMowr Soissons* £^ l'espace d0 qi^elques sev^^i^i», plus de cent. çhâ-t^fmsf et bçnnes mo^isons de ckonalisrs et; édujfers

' \ OrA dêMfsis de fr^\t. m, p. 2Z, a7;99, 80, 88; M, âe lapréf. do Secou«8e, p. 599|.et 692 dea Ordon. Dorm^y, t. u, p. 322 et 3Î3. Frowsard. '

* Ord. dêê raie de Fr., t..u, p. 305. Cette erâoniutaee de Philippe-le-Bel relative aux gaeirea privées des nobles du bailliage de Verinandois , avait été modifiée, eu 1350, par le roi Jean»

furent exiliés (détrak^) par les Jac^es , sar le terriloire de Laon, de Soissons et de Noyon. Les gentilshommes des terres où des méohans gens faisaient leurs forceneries , mandèrent secours à leurs amis en Flandre , en Hadnaut, en Brabant , et les cent mille hommes de la Jacquerie f vivent successive-^ ment défaits par la chevalerie , qui sentait que la prompte soumission de Ja<)ques Bonhomme était une question de vie ou de mort pour elle : les débris de ces bandes gprossirent celles des Navarrofs qui désolaient alors les provinces du Nord \

Ces pilleurs se tenaient de préférence par devers Soissons et rançonnaient tout le pays de là en-tour : un chevalier navarrois , nommé Pondrir gais, qui s^était emparé de Creil-snr-Oise, vendait des saufs-conduits à toutes gens pour aller de Paris a Noyon ou à Compiègne^ et de Compiègne k Laon ou à Soissons ; Radigois de Derry, Irlandais , maître du château de Mauconseil, courait tous les jours sans faute et pillait tout le pays environ Noyon. Le régenl « envoya par toutes les cités et boiQies villes de Yermandois, en priant que chacune, selon sa quantité, lui voulut envoyer un nombre de gens d^armes à pied et achevai, pour résister à ces Navarrois ; les bonnes villes se taillèrent , chacune selon son aisément , de gens d'armes à pied et à cheval, d'archers et d'arbalétriers, n auxquels se joignirent plusieurs chevaliers et écuyers de Vermandois et dePicardie^ Cette petite armée alla po-

■ Froissard, IW. i, ch. 65, Départie. Hiêi, de France , pur H. Martin, d'après le contin. de NangLs. Bist, do f^al. ^liv, v.

ser le siège devant Mauconseil , livra des assauts meurtriers et îal décanfUe sxxr le chemin deNoyon, par les rouies ou compagnies q ui venaient au secours de la place assiégée. Âpres cette déroute comf^ète , la garnison du repaire de Mauconsril atdit la plus grande partie de V abbaye d^Orcamp; les Navarrois se répandirent plus impunément sur les bords de TOise et de VÂisne ; Radigois de Derry et Robin Jjescotvinrentprendrepar échellement la bonne ville de Vailly^ dont ils fi/rent une bonne garnison et la réparèrent et fortifièrent durement. Ces deux capitaines avaient bien quatre cents compagnons à leurs gages ^ sans compter tous les aventuriers Allemands, Hennuyers, Flamands et Brabançons qu41s retenaient moyennant certaines soûldées (soldes). Les Navarrois, qui s'étaient établis k St-Valery et commandaient ainsi le cours de la Somme/portaient un tel préjudice à la province, que le connétable de France', Moreau de Fiennes, fit une chevauchée pour ressaisir ce poste militaire important: Guy de Chàtillon , qui n'était pas encore comte de Soissons , alla au siège de St-Yalery avec ses gens d'armes et les milices des Communes de Picardie, et concourat à la prise de cette ville , r^idue par composition au moment où le roi de Navarre, poursuivi Fépée dans les reins par le connétable et les éeigneursde France , leur échappa et parvint à gagner le château de Yailly. La gar-* nison de ce château avait surpris sauvagement celui de Roucy oii le comte, sa femme , sa fille et ses gens furent faits prisonniers et mis a rançon ; mais,

220 HISTOIAB

peu de temps après , le chanoine Robertsart , de PierrepOnt , eut^ belle journée star oes pillewrê et dont il fui grande renommée en Véviohé de Laon et Soissons. Le cïoihle de Roucy , qui arait a cœur de tirer Tengeance des .détenteurs de sa terre , ne réussit pas dans sa rencontre avec les Allemands de Çissonne et retomba une seconde fois, mais blessé, à la merci d^ Radigois de Dekry.Les prin* cipal^s forteresses du Soissonnais, Damery , Lu<rf , Saponay ,Troissy y Ploissy, Ârcy , servaient de refuge a ces brigands de tous les pays , guerroyant pour leur propre compte , et rappelant les jours désastreux du XI* siècle, la guerre perpétuelle des barons entre eyx aux dépens de Jacques Bonhomme.

La résidence des ennemis dans le Soissonnais obligea toutes les villes et toutes les abbayes à faire de grandes dépenses en fortifications et en garnisons. Ce dût être en 1358 et 1350 , que Soissons se mit à Fabri d'un coup de main par de noaveanx remparts e t de nouvelles ifé/%fi«d^, qui s^étendirent sxiv remplacement même de Téglise et du couvent des Cordeliers, situés hors des nrars : ceux-ci , chasses de leur maison sacrifiée à Futilité générale de la ville , demandèrent un asile au roi Jean qui leur octroya, comme pure ausnAne , en 1383^ oértam lieu et plaee qui avaient été autrefois destinés au sabbat des Juifs demeurant à Soissons^ Cette synagogue, de la rué de làfiaerie n^appàrtenait plus aux Juifs , mais à im boutgeob qui la tenait en fief du roi pour 36 sous parias derente; les Cordelîers s'y trouvèrent pliis en sûreté que dans leur doitre

oB soisicmau 221

des fauboui^ , ums^ comme ils étaieM for( resserrés dans la synago^ttê^ au milieu du' quartier le phis populeiiz et le -çboA sale de la viUè, plus tard , en 138Q, le coinle Ed^errand de Gouiy leur donna une maisoiL foraine avec un jardin^ près de remplacement de leurancieii oquT^nt^ K abbaye St*Crépin4é«Grand s^ environna d'uti large foss^, qili ne lapréserrapasde plusieurs attaqués que Pespërance d^im butin considérable rendait plus acharnées ; mais Fabbé Guillaume de là Rochefoucaald , ses relijfieuot et Uûrs amis^ qui étapient enfermés dans le monastère Y s^y defendirmt avec intrépidité y^^ ■ coniraints dMvacuer successivement leurs toiirs et leurs créneaut, se retirèrent dans, leur cglÎM oii 'les afôaillans ne purent jamaiê les foroef. Les €(mrfi^s, qui âvàîmt envaEîtout le reste de l'alKbaye, y laissèrent la trace de leur passagç»: les dortoirs, les celliers, les salles^ les greniers^ pres^* que tous les corps-de4ogis et le bourg abbatial furent dévasCës et brûlés. ; le feu fit éclater les W* ' ires de Téglise, et, pour comble de misère, les plus belles fermas def St-Crépin , Aoy , Jbuy , Celles , Chemy , n^échàppèi^ent pas à une entière deslrus- . tion. L'abi^aye no se releva janjais ^e ses pcrtèsr^ et vingt ans ne lui suffirent pas pour la reconstruction des bâtimens conventuels. L^abbaye deLongr -, pont, qui avait fait réparer ses murailles, en 1347, et qui était protégée par un château tr^ès fort, bâti prés de Téglise , dans lequel on entretenait deux cents hommes de pied et quarante de cheval , fut presque abandonnée de ses religieux qui étaient

bien 9ept vingts, qtie religieuaf , que convers, au commencement de ladite commotion^ et qui cherchèrent une retraite dans d^aatres maisons de F ordre : soixantendix furent emoiemb captife par les . Nnvarrois; quelques-uns périrent massacres ; trente . seulement restèrent pour garder ie monastère et se -virent obitgésde vendre les joyauxles ptiis précieux de leur trésor, dix-huit calices et trois croix d'or en- ' richisde pierreries, pour subsis.t6r. On n aperçoit pas que Tévéque de Soissons , qui était alors Gmir laume Bertrand, auparavant chanoine de Laba, . et qui mourut obscurément, eu 13^3 , après avoir siégé douze ans, presque inconnu , ait encouragé^ i à Texemple du prélat de Noyon , la résistance de . son peuple, et se soit montré , en armes i dans les. . chevauchées qui s'assemblaient de l(^ki en lœa pair la coopération des seigneurs et des bonites villes de la Picardie ^

La nécessité de défendre les viUesfermées contre V insulte des Navarrois, appelés aussi J^Qtnanççns^ Routiers , TardventùSy Lin fards , Mc^nndtins ^t. . CoUeréau^ , donna naissance, aux C.ompagmes d^ TArc et de F Arbalète , milices urbaiatô oïgapiss^^f; , en temps de paix pour agir en t^uips de gijiQrjce' ;

» Frois». liv. i, deuxième partie, oh. 74, 75,76, 79,'8(r, * 81^82, 84 et «aiy. HUi. de St-Crép. M5S. Dormaf , t-'ii^p; 217 , dit que la translation du couvent des GordcUers dans la synagogue des Juifs , n^eut pas lieu en 1363 ; il eût'pensé ' autrement s'il avait vu le texte de la ehartedu roi Jean, laquelle se trouve parrai^les MSS. de dom Grenier, paq. 13. n? 5. Continuât, Chron. GuiL de Nangis, t. ic.du Spidleg, G al. Christ, t. ix. Chroniq. abh. Longip, p. 335 et 338. Eatr* des chartre$ de Vabb, de Longpont, à la fin de la Vie de Jean de Montmirel , p . 539 .

civile.' On a tout lieu de croire que la formalion de ces milices libres fut toute spontanée dans les Communes , et ^ que plus tard seulement , les ordonnances des rob régularisèrent une institution quis^étenditpar toutle royaume; or, cette institution semble originaire du Sobsonnab , puisque Tabbé deSt-Médard était or domiateur- général des compagnies de Tare eh France, lesquelles relevaietit toutes de ce monastère , qiii possédait les reliques de St-Sébastien leur patron* La compagnie de l'Arbalète deSoissons prétendait à une antiquité chimérique , et, faisant remonter son premier établissementà Fan 471, avant Clo vis, en attribuait Thon* neur à St^Prinoé. U ne faut pas ajouter foi davan* tagè à une autre tradition, plus vraisemblable pourtant, qui voidait que le comte Raoul de Neslese fut fait iuscrire, en 1100,. sur les listes des confrères, et lear eut fondé une chapelle, aous Tinvocatioii de St-Dçni^^ dlœs F église de St-Crépin-le-Petit , qui devint, depuis le monastère de la Congrégation.. Quoiqu'il en soit, cette coilipagnie ou connétfi,bUe existait à Spi^^ns en mémq tçmps que celle, de l»^on, qui av^.été créée pùvù^ Jouer deV arbalète tmtaua sièges et à. la délivrance des ohâteaHw. ^^ Sofcmfl^y^'Rjoiéch/ et Siss^rme^ lors QQovpés des ^nemis^ • coMme ailleurs entaur ledit pç/ys , et qui reçut de Charles V, en 1367, des lettres d'exemptipn de tailles et subsides pour vingt-cinq l^^onnes choisies dans ses rangs. Les privilèges accordés par le roi aux arbalétriers deSoissons, ne pouvaient pas être moindres que ceux octroyés ,

en 1366; aux ' cûmpoffmfns de làl àonhétahlie des arbalétriers de Cqmpùèghé , poar les recènopenser d^avoir eànposé leurkptopkesoorpsà V em^akiste^ mentdàsfortsdeLûngueily Moreuti it autres plan ces> pendant dcm^e «nëes eiiviron : ^ Gômpiegne, la cofimétabUê se composiait de vin|^ compagnons ariKilëtrifers , ^lùs par leur connétiaiblè / qû^îls ëli-^ saieht eut^mèmes tous les deoxans, et à qui. il» ^ tdient forcés ^ sous peine d^nne amende de cinq sols pariais, d'obëif en ioui ce qui regardait le fade du tràiti; le connëtalile, avec ses bié^ ^ femiiCe et matWM (dbttie^quesf), iëtaîtplâcé, piiir ton élection seule, s6us' êol^éêteepécicUe gaa^de daroî; tout ai^bâléVrîer , ^tiee^dant; à «tin conFpÀK'ttiért où malade otiliè^veiàépiôurûàyilpê {tébiie)dainnable^ s^<9K« g[dg«aitj par seifmcffii/de^^^rtiii^it^ik^ei^ leya^rdmi lé rôi au^U de Tarbalète, pai^'^oui i^iiil plait^aitiH celui-ci idbe Vitk^ùjtvôemink'a^huléiri&tJC^ix^^ seulement^ en 13|d4, quelles coxiapagirikd'ardiers et arbaléijrièrs, autorisées dans ehd^uê'vjftfe et: chai ^ que village, réçureiH.dés^ppérôgatïvcH qiii 'p^^i^té^ refit ombrage ia(ix nobles et ^ai furéM suppriinféé^ oùiiloiHfiées; Les pri^Hges de l'i^rlMilètèi ' de S6is^ sôtxd, qttonOU ne ctikïukis^^tis pas -, fUt'éAt transifiiâ rel^euëém^enl de père" ëiiH fils jtiÂ^'aii^glié' de HfenrilH, qui les côtifitiiàÀ. Ges^ài'bàWftici^sV g^ùvernéj partm roi hxi^^éonnétàbte^ Wak^t- dë^gi^^ ses arbalètei d'jicier massif , avec- tirié-'ioraè fài^ te de ^x- cent» as -dé chaiivrc tordus * ensémble.v Long-temps après , ces lourds insttnimeîis , qtl^ôh bandait à Tâidc d^i(h rouet ou étriér dé fer à met-

trele pie4, furent remplacés , surtout dans les cérémonies publiques , par de légères arbalètes de parade en bois sculpté et incrusté d^or, ou d'écaillé ou de nacre ^. avec un arc d^açiw mince el; poli ,da* masquiné ricbement. La rdyauté de l'Arbalète dura sans interruption jusqu^en 1640^.

Louis de Châtillon , comte de Blois , prit peutêtre le titre d'arhalétrier de Soissons , à Texemple de {^usieurs comtes , ses prédécesseurs ; car il continuait ^ malgré le partage fait avec ses frères ^ en 1361 , à trancher du comte de Soissons ^t, k s'en donner la qualification-, durant l'absence du véritable CQiptç^ G^y» ^^ éisiljet/tne écuyer alors et qui avait généreusement renoncé k &a liberté et à soili pays , en remplaçait le comte de Blois au nom]|>re des quarante dtagierê de Franpe , livrés a l'Angleterre, ps^r suite du traité de Bretigay, pour répondre;. dti retour du ]roi Jean , dans le cas oii la France refuserait d'acquitter la ranço^i de ce royal prisonnieir. Ce fut sans doute au.«iom de çon frère ^uy, que Louis de. Châtillon régla, au mois de septemb're 1364, un grand différend avec St-Crépin4e-Gra|id,.au sujet des droits seigneuriaux que l'abbaye prétendait avoir daqs la ville ; la dévotion particulière qu'il avaîjt pour les saints patrons de ce monastère lui conseilla de transiger , au lieu de poursuivre, un procès qui aurait pu causer beau-

' Bitt. du ralM, t, u, p. 6M. MSS. de Cabaret, d'après ^)n oonipte des revenus de Ifi compagnie de TÂrbalète, Jléposé aux afchi?e8 de l'HQteWe-Ville, en 16,40, paV Robert ('aadeohot^boargeoie deSoiteôn». Ord. d^êr^d&Fr,^ t. v, M3i,144.

ib

coup de peine aux religieux : on <;onvint donc que les comtes de Sgissons auraient le larron et la grande justice en toutes les hôtises ou maisons que les religieux possédaient dans la ville; mais que ceux-ci y; conserveraient la justice moyemxe et basse et seraient à toujours exempts de payer au comte les droits de rouage , de vitrage^ èî!arri' vage, de vinage^ à^nvalage^ sur les vins et les blés qu'ils Feraient voitures par eau ou par terre dans toute rétendue de la ville et du comté, pourvu qu'ils déclarassent, par eux-^mémes Ou par leurs :gens, a la Tour des Comtes , que ces denrées provenaient; de leurs terres ou biea avaient été achetées pour leurs besoins. Les délimitations des justices avaient déjk donné Ueu à bien des querelles dans Soissons , ^et elles commençaient a peine à s'établir d'une manière stable: ainsi, la justice du Chapitre ne fut fixée qu'en 1350 par une sentence arbitrale de l'évéque Guillaume Bertrand. L'évé^ que, choisi pour arbitre, à cause de son intégrité , dans une caus£ oii son pouvoir épiscopal était intéressé , appela devant lui vingt bourgeois , reçut Iciur seranent et re^dit^son arrêt d'après leur témoignage; Par cet arrêt qui eut tqpjours depuis force, de loi dans les contestations des chanoines avec les officiers du comte , de l'évéque , du roi et de la Commune, ilfit savbir à tous que , suivant la coutume, le Chapitre tiendrait sa justice ecclésiastique dans la salle cs^pitulaire ou dans V Hôtel aux fers^ devant le doyen ou Tofficial, et sa justice lâï que dans une maison du Cloître nommée la Char*

tre , sans doute parceque la prison s^y trouvait : cette justice devait s^étendre sur les terres du Chapitre, et comprenait la cathédrale, leGloitre ; la rue de la Buerie , depuis celle de Jàuzy jusqu'aux Bar^^ biers (ne faut-^il pas lire plutôt les Cordelters 9); les rues St-Nîcolas, St-Ghristophe, de V Amandelière ^ des Treilles^ du Sm-BchtcIou, (on ne peut préciser quelles étaient ces rués qui ont changé de noms ), du Puits-Herluin, ta rue Neuve jusqu'à la Porte au^ jines {Ho$anna)y' et d'autres lieux dont il est impossible de déterminer la place aûjoutd'tiui. Plusieurs' maisons situées au milieu de cette justice n'étaient pourtant pas soumises à son action et furent exceptées dans la sentence del'évéque^

Cependant le comte de Soisson», Guy de Chàtillon, était toujours en Angleterre avec les otages du roi Jean, qui ne les délivra pas , en revenant à Londres pour y mourir sans avoir tenu ses promesses dé rançon ; Guy , qui logeait à V hôtel de Savoie ainsi que ses compagnons de captivité, manquait souvent d'argent ^ puisque le roi , avant de retourner se remettre prisonnier dam les mains des Anglais, en 1363, lui fit don de mille livres tournois pour supporter ses frais et dépens. L'absence de Guy était très préjudiciable<a ses intérêts, quoique le roi eut ordonné au parlement de laisser en suspens touiiss les causes , dans lesquelles' serait intéressé le comte deSoissonsoner^ et grevé

' Froiss. liv. i, partie deuxièmo , ch. 144, 26%. ffist. de Si'Crèp. MSS. Dormay, t. n, p. 320. Yoyez aussi une note extraite du JVJSS. de Rousseau, p. 28 de ce volume.

par sa condition à^ otage pour le roi , tandis que son frère, le comté de Blois , était occupé à défendre le Blésois et la Touraine contre certains pillards et malivoles qai avaient pris plusieurs forts. Après la mort du roi Jean, Guy de Blois , désespérant de sa délivrance par Fentreaiise du nouveau roi Charles V^ se mit liU-méme à rançon et consentit à se desjsaisir du comté de Soissons en faveur d^Enguerrand VII de Coucy, otage comme lui, mais marié à la fille du roi d'Angleterre, (|ai avait assigné à son gendre quatre mille livres de retenue et qui en déchargea ses coffres 9 Vaide de cette transaction. Guy de Chàtillon obtint le consentement de ses deux frères et V accord de Charles Y, en déclarant sous son scel qu'il quittait le roi son seigneur de tout ce qu'il lui pourrait demander à cause dé récompensation ou restitution de la valeur du comté ; qu'il se tenait pour content et qu'il ne voulait pas que ses hoirs ou successeurs onpersonnequi eût cause de lui , pussent faire aucune demande de ce genre au temps à veiiir. Cette déclaration fut mise entre les mains< de Guislain Blondel , député par le roi' pour assister à la donation pure et simple entra vifs^ qui se fit en sa présence à Londres, le 25 juillet 1367 : au nom du roi de Erance , Guislain ^\onA,e\invesHt du comté de Soissons le sire de Coucy, etEnguerrand prêta foi et hommageà son suzerain , daos la cour de son beau-père^ qui méditait alors une nouvelle aggression contre ce même suzerain S

' HUt, de la mais, de Chdt. p. U5 4o$ preav. Rôles g»^ vonSy t. I, p.^96: dei liçentiâ régie ad inveêUendum dominum

Engaerrand VU de Coucy , fils (jl^Enguerrand VI et de Catherine d^ Autriche , sortait à peine de tutelle , lopsqu^i fut envoyé a Londres comme otage du roi Jean, en 1360: c^ëtait xxn gentil chevalier , pïeiii de largesse, sage et appert (hardi) ; son es^ prit, sa belle humeur, sa galanterie , toutes ces choses où il était souoerain maître, lui gagnèrent 9 parioid où il conversa , ^ la grâce des seigneurs et des dames ; il aimait la guerre , les grands coups de lance et les^ aventures , autant que les accointances de la fme fleur de noblesse ; il avait un caractère enthousiaste et généreux: tout ce qui lui semblait nouveau, grand, extraordinaire, le séduisait au point de lui faire oublier et les périls et les difficultés ; il se rapprochait donc, par ses mœurs chevaleresqpes, de son contemporain , le bon chevalier breton Bertrand Duguesclin , et les épisodes de leur vie militaire présentent plus d^une analogie. Il fit ses premières armes contre les Jacques du Beauvaisis, en 1358; pendant son séjour en Angleterre , il fut P objet des faveurs du roi Edouard qui finit par lui donner la main d^Isabelle sa fille , en 1365, avec les comtés d'^lbemarle, deBedford, plusieurs riches seigneuries et une pension de quatre mille livres ; mais , Enguerrand refusa de s^inféoder à son beau-père et de se tourner Anglais : il ne revint pas prendre possession ; avant 1368 , de son comté et de sa ville deSoissons, laquelle h^avait pas fourni , coiiime la plupart des bonnes villes de France, deux ou trois bourgeois pour ôta-

de Coucy decomiîatu deSueasione.Hiêt, de lamats.de Guines ef ieCoucy, p.,i45 des prcuT.

ges du roi Jean : il alla d^ abord à Pari$^ recevoir grcmdement et lièment (joyeusement) son beaufrère le duc de Glarence , qui se rendait à Milan pour épouser la fille de Galeas Yisconti; il passa ensuite quelques mois dans ses terres et dans son comté, dont la cession lui avait ilé faite avec toutes les garanties convenables pour Tavenir ; pendant son séjour a Coucy , il affranchit de mortemain et de formariag^ les liabitans de cette seigneurie et de quelques villes soissonnaises qui en dépendaient. £n 1369 , il accompagna k Gand Philippe de Bourgogne, frère du roi, et brilla dans les tournois qui furent célébrés en Thonneur de Falliance de ce prince avec Marguerite deFlandre.. Mais, cette même année, il fut en grcmd ennui de voir la guerre se rallumer entre la France et l'Angleterre ; car il teriait grand héritage en ce dernier pays T et il eût été forcé d'y renoncer pour servir Charles V, dont il était de la nation et d' armes. Or, il s'avisa qu^il se dissimulerait de l'un roi et de Vautre, et s'en irait^ oublier le temps otl que ce fût-: il prit congé du toi Charles .et partit , à petite m^iinie (compagnie), pour mettre son épée au service des papes Urbain V et Grégoire XI y qui prêchèrent-tour à tour une espèce de croisade contre les Visconti de Milan. Enguerrand se montra capitaine habile et soldat intrépide dans cette guerrejopiniàtre où il gagna deux batailles sur les généraux nûlanais\

' Froisfl. lîv. I, deuxième partie, ch. 408 . 144, 447, 300. Poésies d'Emtache Desch^mps , publiée» par Crapelet. Dormay, t. i^ p. 327. Hiai. de la mais, de Guines et de

DR soissaifs. 231

Pendant Tabsence d^£nguerrand , les Anglais , qui avaient pénétré en Picardie sous les ordres du fameux chef de bande Robert KnoUes , passèrent l'Aisne et lOise, mais ne for firent rien en la terre et comté de Soissons^ pour tant qu'elle était au sire de Cou^y. Il est vrai q.ue les chevaliers de France leur serraient les flancs *et ne leur permettaient pas de s'arrêter à piller le plat-pays/ Quoiqu'il en soit, la terre du seigneur de Coucy demeura toute enpaioc : le nom de monseigneur de Coucy servait desauv^garde à quiconque le réclamait; et si un denier ^ à lui appartenant ,' él^il priis ou levé , on le rendsût om double. Mais deux ans après, en 1373, les Anglais, que le duc de L^pcastre avait amene's de Calais , eurent beaucoup de pein£ à comprendre que le sire de Coucy, qu'on leur représentait comme un ami , fut étranger à la guerre et absent de France, lorsqu'ils reconnurent ses armes danç les rangs ennen\is où combattaient ses parens avec un pennon semblable au sien; toutefois , ils se dépod^tèrent d'ardoir (br ûl e r) et de faire nul dommage

Coucif, ppr Duchesne^Iiv. vn et les preuTes. Htst. de Coucy, par Tba88atDt-Diiple8»U, p. "81 etsuiy. Traité des Nobles , suiri de THist. géa. de la mais, de Coacy , par rAllouette , p. 165 et 8uiv. Abrégé de la vie d* Enguerrand f^IP du nom sire de Coticy^ parle baron de Zar-Laaben,dan8 le t. udesa Biblio. milit, Nou8 avons paisé de préférence dans cetle excellente dissertation qai réfute sans cesse Froissard, Duchesne, l'Allouette, Jovet, Tônesaint-Puplessis, et qui va chercher ses autorités dans les poésies manuscrites d'EustacheDeschamps, dans les chroniques allemandes et suisses/ etc: Nous regrettons seulement de a'avoir pu nous étendre davantage sur les expéditions audacieuses d'Ënguerrand.en Italie, en Bretagne, en Alsace, en Flandre, en Afrique et en Hongrie,

en terre du seigneur de Coucy. Le duc de Lancastre, qui suivait les rivièreà ep plus gr<is pay$ , délogea de la plaine de Laon et s'avança sur le chemin de Soissons, Iovl]o\xv^ côtoyé par les lances françaises : une partie de son oêt^ campée près du viUage d'Oulcfay, y fut attaquée un matin a rimprovbte, ell'un des bons chevaliers de toute la route ^ nommé G Entier Huet, qui commandait cette chevauchée , n^éut pas le temps de s^armer entièrement et périt d^un coup d^épée qui lui traversa le corps ; ses compagnons se combattirent vaiUamtnentpour ie contre venger , mais il furent taillés en pièces et peu s'en sauva. Cette défaite que les Anglais ne trouvèrent pas l'occasion de réparer par le plus léger avantage , les força de revenir sur leurs pas , après des courses inutiles et presque inoffensives dans le Yermandois. Le comté de Soissons, quoique préservé cette fois des dégâts de la guerre , ne se relevait pas encore de l'état de misère où il était réduit par les invasions précédentes qui avaient succédé à la peste et a la disette. On peut juger de la situation de la province par celle de l'abbaye St-Crépin*le-Grand , naguère si riche et siflorissante, qui ne pouvait plus, à cette époque, nourrir que quinze religieux, y compris l'abbé; l'église et les bâtimens n'étaient plus que des mines; il n'y avait ni Vin dans les caves, ni blé dans les greniers , Xkv ar> gent dans la trésorerie. Cependant le monastère devait des rentes viagères et perpétuelles en mar. chandis.es,eh denrées et en espèces,à différentes personnes ; en outre, il avait besoin, pa/r chacun an^

de quarante muids de blë, de trente-cinq tonneaux de vin , de dix porcs, et par chaque semaine de quatre livres de chair et depoisson ; de plus, la dépense annuelie de ses officiers et serviteurs montait k 464 liv., et la poursuite de ses affiûres contentieuses lui coûtait lOB liVi par an. Or , pour faire fece à ces charges qui n'avaient pas diminuées avec les revenus^ F abbé ne tirait plus de ses terres que cent trente-trois muids et demi de grains , quinze tonneau de vin et 753 liv. en argent. La valeur des denrées , il est vrai , avait considérablement augmenté : le muid de vin valait 50 sols , celui de blé, 3 livres^ et le millier d'œufs 40 sols. Le sort de Fabbaye ne s'était pas amélioré, depuis que Charles YI l'avait prise sous sa sauve -garde spéciale, avec les religieux, leur famille, leurs hommes de corps et tons leurs biens ^ lorsqu^il passa par Soissons, en 1364, au retour du sacre, et fut sans doute hébergé par Févéque au château deSeptmonts, selon Fancienne coutume deFévéché. Depuis 1362 , Févéque de Soissons était Simon ^de Bucy, fils d'un premier président au parlement de Paris, et chanoine de la cathédrale avant son élection. Ce prélat , qu'on ne voit pa^ xaitre que dans une seule séance delà cour duVoi, (aPoccasion de l'hommage que le duc de ^Bretagne, Jean, rendit a Charles Y, en 1366); porta la crosse pendant quarante-quatre ans , et se signala par la longueur de son épiscopat plutôt que par les actes qui le remplirent *.

' FroiM. liv. i, deuiième partie^ ch. 312» 3i&, 371. [Hist.

Ce fut pourtant au milieu des fureurs dela^^erre étrangère , que le chancelier de France , Jean de Dormans^ évéque de Beauvais et depuis cardinal , songeait à une fondation toute pacifique , au profit du Soissdnnais oîi il ^tait né (à Dormans), et où il avait passé sa jeunesse dans les ordres. Dès Tannée 1314, Guy, chanoine de Laon , et Raoul de Prèsles, avaient ouvert à Paris, dans le clos Bruheau oii ils possédaient plusieurs maisons , un collège destiné à recevoir quelques boursiers des diocèses de Laon et de Soissons ; la réunion des deux diocèses amena, entre les écoliers, une si vive discorde qu'on sépara en deux portions égales les revenus modiques de ce collège pour faire celui de Laon et celui de Soissons. Ce dernier eut en partage un Iqgis dans la rue St-Hilaire ; mais son rival, qui avait accaparé la maison aua Images dans le clos Bruneau, s^accrut par les bienfaits d^une foule de pieux personnages , et . fut transféré à V hôtel du Lion, d*Or^ que lui avait légué Gérard de Montaigu, avocat-général. Le collège de Soissons , qui porta depuis le nom de son fondateur, ^àoul de Presles, magistrat intègre et loyal conseiller du roi, végéta obscurément au même endroit jusqu^à ce*que son principal, JeanPanechair, Peut agrandi, en 1455, par Facquisition de trois maisons avec cour et jardin; mais alors , le diocèse de Soissons avait a Paris un second collège, fondé , en 1369 ,

de labb. Si-Crép. MSS. d'après un état dea revenus de Pabbaye, dressé, en 1379, sous Tabbé Guillaume de Lignères. Dormay ,t. u. p, &kS, GalliaChrisi. t. ix.

par Jean de Dormans, dans le clos Bruneau, au lieu même où le collège de Laon fut d^abord ëtabU* Le nouveau collège, qui n'eut pas d'autre tilre que collège du clos Bruneau \ du vivant de son fondateur, pouvait recevoir douze écoliers de Dormans ou des environs, avec un maître, un sous-maitre et un procureur : Jean de Dormans "ajouta successivement douze bourses et en affecta une spécialement a un clerc de Tabbaye St-Jeandes- Vignes, en plaçant tout le collège sous la surveillance de Fabbë qui était tenu d'y feire, à ses frais, une visite annuelle. Les boursiers vivaient en commun dans une étroite discipline , portaient la tonsure et avaient un habit bleu ou violet. Le chancelier entraîna , par son exemple et ses sollicitations , un nombre considérable de dons sur son collège qui devint riche et prospère, en s' éloignant par degrés de sa destination primitive : Jean de Dormans avait été enterré, en 1370, dans la chapelle , qui renferma les tombeauK des- descendans de cette illustre maison du Soissonnais. Son neveu , Guillaume de Dormans, évéquede Meaux, attribua, en 1380, aux éVéques de cette ville la collation des bourses et offices du collège , auxquels pourvoirait Tabbé de St-Jean-des-Yignes sous le contrôle du coUateur. Mais ces bourses furent données k des enfans de plusieurs diocèses : en 1631 , elles valaient chacune 30 sols par semaine ; elles en valaient 50 au commencement du XVIII® siècle. Le collège de Dormans^ qui fut nommé définitivement collège de Bea/uvaiSj ne se ferma qu'à la Révolution, après

avoir fait fleurir les bonnes études et formé des professeurs célèbres , tels que St-François Xavier , le cardinal d'Ossat, le sorbonniste Lemaistre, etc**

LecoUége de Dormans fut fondé, au moment où, des trois collèges de la ville de Soissons , celui de St-Nicolas était le seul qui ne se trouvât pas dans une situation précaire : le collège de Bauton, après avoir été de bon exercice de lettres latines^ com> mençait à déchoir par faute de bong règlemens et de police ; le collège de Ste-Gatherine voyait tous les jours diminuer ses revenus assis sur la terre de Menneville que la guerre avait ravagée et qui ne rapportait plus que 10 livres^ en 1410. La plupart des maisons religieuses de Soissons ne sou&aient pas moins , psu: suite des misères publiques qui semblaient pourtant prêtes à disparaître sous Tadmiaistralion de Charles Y. La recette dé THotel-Dieu St-Gervaissemontaitencolre,ran 1336, à cinquanteneuf muids dix-neuf essins un pichet debléj à vingt, sept muids quatorze essins d^ avoine , et à 374 livres 4 deniers de cens^ offrandes , etc* (Ce revenu total En grains et en" argent équivaut à plus de 33,000 francs de notre monnaie) : cette recette fut réduite de plus de moitié dans le cours du quatorzième siècle, et il ne faut peut-être pas assigner d^autre tause à Texclusion des frères qui soignaient

* Hùt. de Paris, par Félibien, t. i, p. 525, 66S et les preuv. jintiq, de Paris, par Dubreul. Hisioria Unip. Parisi. Buleeo, t. it, p. 419. Dormay^ t. ii, p. 336, 337, 3&0 , 34>1. Gallia Chriét, t. ix, p. 753. Jean de Dormans est appelé dans son épitap.he pairem coltegtivîausi BruneUi.

DE SOISSOMS. 237

les Bialadeâ, de concert avec les sœurs. Depuis Forigine de la Maison de l'Aumône, ces sœurs et ces frères ne composaient qu^une même communauté y mangeaient ensemble au même réfectoire , couchaient dans un dortoir commun , les lits des hommes séparés de ceux des femmes par un simple rideau : une délibération du Chapitre fit cesser cet état de choses et sortir les frères qa^on accusait de se régaler trop souvent aux dépens de rhôpital. A cette époque, les rapports fréquens et familiers entre les couyens des deux sexes ne scandalisaient personne ^ et les chanoines de St-Pierre-au-Panris, qui remplissaient tous les devoirs ecclésiastiques k Tabbaye Notre-Dame, y;passaient plus de temps que dans leur cloître : ils s'associaient aux récréations des nonnes , qu'ils assistaient dans leurs cérémouies , leurs messes solennelles , leurs processions publiques ; qu'ils prêchaient , qu'ils confessaient , qu'ils enterraient. Aux grandes fêtes , ces chanoines dînaient «t soupaient, en habit de chœur, dans le réfectoire abbatial : le doyen^ près de l'abbesse qu'il a^ait encensée à l'office ; les moniales^ près de leurs chapelains qui leur avaient présenté dans l'église les rameaux, les ciei^es et Isipaiw. Suivant le cérémonial du monastère , lorsqu^un nouveau chanoine chantait pour la première fois la messe de prime à Notre-Dame , il offrait en don aux deux plus jeunes professes det^f éteufs (balles de paume ) blancs^ pour aller jouer emmi (parmi) le pré St-Georges^ et les deux professes lui donnaient une bourse en échange. Bizarre coutume , dans laquelle

on a prétendu trouver une alle'gorîe erotique *. Le nombre des nonnes était réduit, en 1374, de quatre-vingt-dix à soixante ; le roi et le pape ayant autorisé Tabbesse à cette réduction nécessitée par le malheur des temps. Mais on ne laissait pas d^attirer et de retenir par forcé, dan^l'abbayç, les filles nobles et les riches héritières, malgré leur vocation ; un scandale de cette espèce eut lieu sousPépiscopat de Simon de Bucy qui en fut témoin. Isabeau de Ghâlons, de la maison de Basoche, resta orpheline , k Fàge de deux aiis, en 1360, et fut mise par son frère dans l'abbaye avec sa sœur qui y était religieuse; mais elle déclara qu^elIe ne voulait pas entrer en religion et maintenait toujours qu^elle avait Thabit de professe contre son gré. Quand Tévéque vint pour la bénir, elle refusa de recevoir la "bénédiction : — « Pourquoi donc porter cet habit P lui demanda Simon de Bucy. — JeVen ai d'autre, répondit-elle, ains si me voulez donner votre chappe rouge , j'en ferai une cotte et la vétitai. » L'évéque employa son pouvoir pour la faire renvoyer à son frère , quoiqu'elle eût fait profession, et cette profession fut considérée comme non avenue , dans le procès qu'I«abeau de Ghalons, mariée en dépit de s^monialité^ eut contre

' MSS. de Binet, continuateur de Michel Berlin. MSS«de M. Jean-Louis ]$rayer. MSS. de Cabaret; c'est une croyance générale dans le peuple k Soissons, que, lors de la démolition de Notre-Dame, on découvrit dés souterrains qui avaient servi de communication secrète entre cette abbaye et la collégiale de St-Pierre. On ne saurait accepter ni rejeter absolument le bruit de cette décqu verte , lequel s'est répandu pourtant par toute la Picardie.

DE 50ISSONS. 239

ses co -héritiers qui arguaient de sa qualité de religieuse pour lui disputer la succession de son oncle « L'abbaye Notre-Dame était, dans ce temps-là, gou* yernée avec beaucoup de fermeté par Marguerite de Coucy , élue abbesse avant que le comté de Soissons eut passé de la maison de Châtillon dans celle de Coucy.Cette abbesse, qui était sans doute fitle de Guillaume, sire de Coucy, et, par conséquent, tante d'Enguerrand VII, augmentait les possessions territoriales du monastère , en même temps qu'elle diminuait là quantité de ses religieuses; elle fit mettre en jugement un de ses rendus, accusé d'avoir outragé et battu des paysans de Bacevel, avec tant de fureur que deux étaient morts et plusieurs blessés grièvement : le doyen de St.- Pierre au-Parvis , qui fut chargé d'examiner l'affaire et cVfBntendre les témoins , mit hors de cause cerendu^ en déclarant qu'il avait seulement résisté à des gens qui attentaient aux biens du monastère ; et que , frappé lui-même , il s'était défendu en frappant , mais sans violence ou sans effusion de sang (c'està-dire avec un bâton). Le doyen de St-Pierre, qui se montrait si partial pour les personne de l'abbaye, se révolta cependant , en 1377 , contre les prétentions exorbitantes du pouvoir abbatial, et en éleva une à son tour , que la communauté repoussa fièrement : il essaya de se faire reconnaître pour curé des religieuses et de l' abbesse méîne ; en conséquence, il empêcha ses chanoines d^administrer les sacremens à Notre-Dame, où l'on ne se soumetlait p^ a sa juridiction paroissiale ; il annonça pu-

bliquement en chaire, quHi soutiendrlùt son. droit en dépil des censi^es de Tarchevequéet des excom* muntcations du pape«. Toute la Tille s'émut à ces prédications audacieuses , et le curé dé St-Quentin, qui comptait parmi ses paroissiennes les nonnes de Tabbaye , ne parut pas disposé à les céder au doyen de St-Pierre. Celui-ci', cité devant le commissaire deParchevéque, dans la salle épiscopale de Soissons , fut obligé de comparaître , de se rétracter, de promettre d'obéir à Tévéque et de faire humblement amende honorable sirabbesse et àses filles. L'autorité de TEglise n'eit!kt pas suffi pour donner force aux anciennes ordonnances concernant les lépreux, et il fallut qu'en 1371, Obarles-Y s'op^ posât, par un règlement sage et sévère^ aux progrès effrayans de cette maladie que le défaut de surveillance dans les léproseries et la méchanceté de cerXAWs ladres multipliaient conune à pl^sir. Ces misérables , irrités de l'horreur <]u'ils inspiraient et peut-être pressés de la faim, quittaient par bandes leurs léproserie^, erraient dans les campagnes et s'ingéniaient à répandre la lèpre pour rendre tout le monde mesel , dîsàient-iis.. Alors on prit contre eux les mesurés les plus rigoureuses, et l'on réveilla par un appareil lugubre la terreur salutaire que causait autrefois le nom seul de la lèpre. La réclusion des lépreux s'entoura d'un cérémonial propre à frapper l'imagination du peuple , comme on le voit dans les vieux rituels du diocèse de Soissons : le ladre, couvert d'un poêle noir ou d'un linceul blanc , attendait sur le seiul de sa ma.

son , le curé et les prêtres 9 qui , revêtus d^orhe* mens noirs 9 venaient le prendre comme mi mort ^ pour le conduire à Téglise : après les exorcismes , les aspersions et les prières d'usage , le curé lui interdisait , sous peine de danmation , de rentrer dans le commerce des vivans ; ensuite , le cortège allait lentement à T église oii Ton chantait T office des morts , que le ladre entendait sous le porche dans une chapelle ardente. On Taspergeait , on Tencensait , on Texhortait de nouveau , à la porte du cimetière : défenses lui étaient faites de s^ enfuir de sa loge, de se servir de chaussure , de quitter son habit de ladre , de boire et manger en autres vases que les siens , de toucher à quoique ce fut qui ne lui appartint pas, de communiquer avec les personnes saines, surtout avec les enfans, etc.Ce fut ^ dater de cette époque , que les lépreux de Sois* sons eurent leur cimetière particulier an-dessous de Berzy4e-Sec, dans un lieu qui s^appelle encore le champ des Pestiférée. Ces précautions de salubrité, exercées assez soigneusement pendant trois cents ans , suffirent pour éteindre presque complétemeiit la lèpre auXVI* siècle: elle était devenue tellement rare dans le cours du XY II*, que les léproseries furent , par édit de Louis XIV , distribuées aux églises , aux hôpitaux et à Tordre de Si-Lazare qui les changea en commanderies^

• Hiêi. de rahb. N.D. p. 225, 225, et prenv. Le Galiia Chfiit, ne donne pas la deecendance de Margaerite de Couey; mais dom Gervaise la dit fille an grand Enguerrand, qui vivait 8OU8 Philippc-Âugaste ! Duchesne n'en fait aucune montiou. Hisi. de la mais, de ChdHUon,f:7i2 et 713.

. Le comte Enguerrand revint d'Italie avant l^année 1374^ et CbArle$ Y lui fit grand' chière ; car ses apertises d'armes avaient retehti jusqu^à la cour de rhôtel St-Pol: il fut créé maréchal de France, charge encore amovible ; il participa en cette quaUté au règlement de la tutelle des Enfans de France , en cas que le roi mourût pendant leur minorité: il signa Tordonnance royale datée du château de Melun , en octobre 13749 et, Tannée suivante, il fit, avec d'autres grands seigneurs, clercs et laïques, certains serment au roi, sur Fhostie, en présence de Févéque de Ne vers, célébrant la messe à Paris. CharlesY, qui songeait à^ s'^attacber tout-à-fait ce valeureux seigneur , que son alliance avec Isabeau d** Angleterre obligeait de rester neutre entre son souverain et son beau-père, lui avait assigné , par lettres-patentes du 4 août 1374 , une pension de six mille francs d^or . Pour lui témoigner , sans doute, une confiance sans bornes, il Favait, dit-on, autorisé a réunir à ses attributions de comte de Soissons celles de cafÂtaine ou gouverneur pour le roi dans cette ville, et ce fiità ce titre qu^Ënguerrand y leva quelques deniers au nom du roi ,$ur les habitans de certains quartiers. Enguerrand ne signala son gouvernement que par la reconstruction de son cha-

MSS. de M. P. Louh Brayer. Garlior , AsmVHist. du Fm^ loiê^L il. rapporte à peu prè« les mêmes détails que lai avait fournis le savant M. Jardel, de Braine : il ajoute les dèfinrses qu*on fiiisait au ladre, sans doute à la fin du XY« siècle, si Ton en juge par le langage de ce morctsau ; avant ce temps-là, le cérémonial de l'exorcisme du ladre s^étaît déjà modifié : au requiem avait succédé une messe du St-Esprit, que le patient entendait dans le chœur même de Téglise , et, au lieu du linceul ou du drap mortuaire , il ne portail qu^une casaque particulière, etc.

DE SOISSOKS. 343

teau de Soissons^ sur une échelle beaucoup |4us yaste que celle de Fancien donjon de Guillaume d'^Ëu: il fit abattre la Tour des Comtes , pour ële* yer 9 dans le même emplacement et sur les fonda*tions d^énormes pierres brutes 9 un grand corpsde-logis flanqué de quatres grosses tours carrées ; il conserva seulement du château-Gaillard la tour accessoire qui contenait k chapelle des chanoines de St-Prince^etil la joignit par des bâtimens crénelés au nouveau chdtel^ qu'ail fit entourer d'aune muraille fortifiée et de fossés alimentés par les eaux deTAisne et de la Crise. Mais^ pour établir cette enceinte 9 il dérompit celle de la ville 9 par telle dispoêition qus, scms le su et danger de la dite ville et deehabitans d'ic elle j on pût par ledit châtel entrer et issir d'icelle ville: ainsi, la clôture 'de Soifsoi» n''enferma plus le château des comtes , qui 9 au contraire ^ commanda seul toute la ville, quoique les çheminSif les maisons et les quartiers fissent partagés entre les difFéren tes justices qui ne 9^ opposèrent pas à cet envahissement; car le roi souffirait toutes les entreprises de son gouMferneur , et celui-ci jeta un pont de bois pour traverser la rivière, dont le eours était du domaine royal, et se rendre directement de Soissons à Coucy , quand bon lui semblerait ^ sans passer sur le pont d** Aisne , ^pp^rte^ant a la Conunune. Les bourgeois supportèrent impatiemment ces atteintes portées a leurs coutumes, et cette usurpation d'une partie de leurs murailles, de lews fossés, de leur territoire de leurs privilèges ^

' Bihliot. tnilit. de Zor-Lauben , p. 247, 323. Ord. des

En 1375, le comte de Soissons rendit au roi et k la France le même service que Bertrand Duguesclin leur avait rendu , en attirant à la guerre hors du royaume les Gi'cmdes Compagnies qui le désolaient; Enguerrand, avisant qu'il y avait lors grand' foison de bonnes gens d^ armes oiseux lesquels ne se savaient à quoi employer pour cause des trêves d'entre les Françads et les Anglais , imagina d^ emmener ces bandes , appelées les Grands Bre- Ums , qui foulaient le pays, et de s^en servir a recouvrer la succession de son ayeul maternel le duc d^ Autriche, Léopold, que ses cousins refusaient de lui restituer : OaxAeiS \\3L\donna ou prêta quarante mille francs pour la solde de ces aventuriers, et plusieurs bons chevaliers du Soissonnais, du y ermandois et du Hainaut se boutèrent en sa compagnie. Cette armée se composait de plus de trente mille hommes , la plupart cavaliers , portant des casques et des coqueluchons ou cappes; elle était sous les ordres de vingt-cinq capitaines qui ne reconnaissaient pas toujours Fautorité d^Enguerrand : ils s'avancèrent vers F Autriche en saccageant r Alsace et y restèrent tant qu'ils n'en furent pas chassés par la famine ; ils descendirent alors en Suisse, où les montagnards étaient préparés à Tinvasiôn et avaient eux-mêmes détruit toutes les

roiê deFr., t. vi j>. 49, 64. Rec. deê rangs des Gr., par Datillet. Hist. des Gr. Ope, t. viii, p. 642. Les auteurs de ce grand ouvrage n'ont pas su que le sire de Goucy était maréohal do France en 1374. Dormay, t. ii, p. 366, 369, 627. Hiêi. gin. de Couoy, par Duch. p. 437 des prenr. MSS. do Cabaret.

subsistances sur le passage de Teimemi , manquant de \ivres , surpris par Tbiver et barcelë par les paysans. Ces brigands, sans nulle discipline ^ au* raient été anéantis partiellement, si leur général éh chef ne leseutfaitrentrer en Alsace, pendant qu'ail négociait avec sescousins, les ducs d^Autricbe, qui lui cédèrent la possession des seigneuries de Nidau et de Buren , pour qu'ail se désistât de ses prétentions àPhéritage deson ayeul : il revint en France, au printemps suivant , avec les débris de ses roAieê , qui avaient laissé beaucoup des leurs sur les terres de Berne ; mais il ne conserva pas long-temps les deux seigneuries qu^il devait à cette expédition et que les Bernois lui reprirent en 1 388,

A son retour, Enguerrand fut accueilli avec empressement chez Charles Y, qui lui fit remontrer^ par ses amis et ses parens , que ce serait folie de s'^absenter encore />ot<r amour du roi €p Angleterre y si la guerre recommençait entre les deux rois. Enguerrand suivit d^ailleurs son impulsion personnelle , en se tournant toui français ; il renvoya donc a Londres sa femme Isabelle , auprès de leur fille painée qui n'^en était pas sortie et qui eut depuis en dot le patiimoine de sa mère, pour épouser Robert de Veer, duc d^Irlande et comte d^Oxford, grand chandbellan d^ Angleterre. Sa fille sunée, Marie, resta auprès de lui comme héritière de ses biens en France. Charles Y se hâta de mettre a Pépreuve le zèle de ce loyal serviteur, en le chargeant de négocier la paix avec les ambassadeurs anglais, qu^Ënguerrand alla trouver plusieurs fois à Bruges, à Ca-

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lais et h BoutogClè , sans obtenir les réstihats qa'il espérait de ces conférences. Mais , en 1378 , le roi Foccupa plus utilement ^ la guerre contre lès An* glais en Guyenne ; puis , Tannée suivante , en Nortntadie^'contre leur aHié , le iroi de Navarre , qui perdit Evreux, Carentan, Conches , Cherbourg^ et toutes les villes auxquelles le sire de Coucy s'adressa par vcMe amiable ou bienàforce Ouverte. Après cette glorieuse cbmpagnë où il s'était montré aussi brave que bien allangagé , il retourna près du roi , qui V avait fort en 9a grdoe et qui le ûvnjouit de ce qu il avait si bien ewploité. Quand Bertrand Duguesclin mourut, le 13 juillet 1380^ Charles Y offrit le bâtoti de connétable à Enguerrand : « mai» le gentil chevalier s'excusait par plusieurs raisons et ne voulait mie encore entrepretidi'e si grand faix , comme de la eonnétablie : or, disait que messire Olivier de Clîsson était mieux taillé de l'être quenuL » Le roi apprécia le désintéressement et la loyauté de cet avis : il n'in^sta pas pour faire accepter a Enguerrand la connétabke, mais il le récompensa d^une autre manière et te fit régent de toute Picardie , en le nommant grsùid-boUteiller de France. Le gouvernement de la Picardie avait été confié au ccmit^ de Soisson^ dans de graves conjonctures : le comte d^ Buckinjfham venait de débarquer à Cataià avec une armée anglaise quUl se proposait de conduire au secours du duc de Bretagne ; selon le plan de campagne prescrit par le roi a ses généraux, les grains et les fourrages furent renferma dans les places fortes; la population des village^ se

réfugia dans les villes ; la chevalerie française ^ partagée en plusieurs corps considérables sous les ordres d'Enguerrand de Coucy, des ducs de Bar, de Bourbon et de Bourgogne , évita tout engage* ment sérieux et se contenta d'observer la marche des ennemis qui commireht peu de dégâts dans leur passage sur les confins du Soissonnais. *

Enguerrand , qui avait assemblé des forces im-^ posantes, suivit le comte deBuckingham k trafers la Champagne , le Gàtinais et le Maine , sans pou-* voir r empêcher d'entrer en Bretagne. Les Anglais n'arrivèrent devant les murs de Nantes, qu'^après la mort de Charles Y. Quand ce sage roi aperçui $a fin à prochain terme ^ il manda ses quatre frères ^ qui devaient être régens du royaume pendant la minorité de son fils , leur ordonna de choisir Oli-* vier de Clisson pour connétable et leur désigna les conseillers qu'il jugeait les plus capables de conduire les affaires de l'état: il ne cita que dix seigneurs avant Enguerrand de Coucy , qui se tenait alors au Mans*.

Enguerrand , entre les quatre régens de France; s'attacha particulièrement a Louis, duc d'Anjou, qui, dès le 27 septembre 1380 , ayant à mémoire les grands et notables services et plaisirs faits par lui au temps passé à monseigneur le roi defhier trépassé , le voulant pourvoir de rémunération et pour plusieurs autres causes^lm octroya, de Tau--

loritéroycde^ le châtel, ville et chàtellenie de Mor-

' Bihh milii. de Zur-Lauben. Hiat. de la mais, de Couctf, par rAllonette, Duebcane et Dupleoats. Froissard. '

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tagtie-sur-rEscaut, ayec tous les fiefe, arrière-fiefis, juridictions, manoirs, terres , bois, eaux, prés ^ barrages, péages, etc.^ pour le$ tenir et posséder et en jouir , tant comme il vivra. Le duc d^injou ne garda pas long*tcnips la régence quMl avait essayé de s^approprier à lui seul: le jeune Charles VI, qui

n'avait pas encore quatorze ans accomplis^ fut cou* ronné à Reims , le 4 novembre 1380. Ënguerrand deCoucy, de même que les princes qui étaient à la poursuite des Anglais , ne fut pas si tôt mandé que les autres conseillers delà régence ; néanmoins, il se rendit à cette splendide cérémonie , et^ dans le diner qu'on servit, après le sacre, dans la cour dupalaisarchi-épiscopaly métamorphosée en salle de festin , il remplit les devoirs de sa charge Je grand -bout eiller, avec les grands- officiers de la couronne , qui servaient la table royale , montés sur hauts destriers tous couverts et pa/rés de drap d'or. Ënguerrand fut au nombre des cinq personnes du Conseil , que le nouveau roi Charles VI envoya au mois de décembre à Paris pour conférer en son nom avec les entrementes (ambassadeurs) du duc de Bretagne qui renonça enfin à l'alliance de l'Angleterre et se soumit à son ancien suzerain ^ parle traité du 15 janvier 1381 , auquel le sire de Coucy avait travaillé de longue-main. Ce fut vers ce temps la que ce seigneur, veuf depuis peu d'années, se maria en secondes noces, et sa femme I^afieapi, fille de Jiean , duc de Lorraine , et de Sophie de Wurtemberg, lui apporta seulement la seigneurie de pleurine ,. dans le pays de Liège, et le

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reste delà dot en ar|[ent, qu'il fut obligé de se faire payer au moyen de rigueurs judiciaires exercées contre son beau-frère. Le comté de Soissons, oii Charles Y ayait aboli , à la requête des habitans, les appeauw volages ( sorte d^appel usité dans les cinq pays de la prévÀté de Laon , lequel pouvait être fait au commencement du procès el en réponse à Tajoumement), et ou Charles Y I , a son avène* ment^ avait été tous les impots établis depuis Phi- Uppe-le-Bel sur les gens du royaume de la Languedoit , jouissait d'une grande tranquillité , quoique le duc d'Anjou eût poussé le roi à remettre nte généralement parmi le royaume de France les aides, les fouages et les assises qui avaient couru et étaient levées du temps du roi Charles. Soissons n'imita point Paris qui se révolta contre les gabelles, dès que le roi eut quitté sa capitale dans l'automne de 1381 pour se rendre à Meaux avec ses oncles : les Cmmuniers s'étaient emparés de la Maison-de- Ville et des maillets qu'on gardait dans l'arsenal ; ils ouvrirent les prisons et firent moult de désordre. Charles YI et ses conseauw (oncles) résolurent d'envoyer k Paris le sire de Coucy , qui sage chefialier était^ pour apaiser les mutins. Enguerrand arriva donc, non à main armée , mais tout simple- ^^nt avec les gens de sa maison^ descendit en ^onAdteZet appela les chefs de la rébellion: il leur ï*eprésenla qu'ails avaient trop mal erré^ et il leur offrit son intermédiaire auprès du roi qui aurait ^K^d à leur repentir. C^ix qui assistaient à cette conférence déclarèrent vouloir que les nouveaux

subsides fassent nuU^ et être prêts h payer chaque semaine une qua/ntUé d'or et d'argent destinée à la solde des gens d^armes du roi : « là les mena le sire de Coucy , par beau limgage , si avant , quMls se taillèrent et ordonnèrent à leur volonté à dix mille francs la semaine. » Enguerrand alla faire agréer a Charles VI la proposition des Pari^ens et leur rapporta la paix de par leroi^.

Le comte de Soissons , honoré dans le Conseil du roi comme du temps de Charles Y , y exprimait son opinion avec autorité et remplissait les fonctions de premier prérident de la Chambre des

' Il y a doute sur la date de la oréation d'Enguerrand k Tofficedo grand<bouteiller: Tons.-Daplessis, dans la note 62 de 8on Histoire, avait crnpoa voir dire, d'après Texamen des opinions diverses de Docbesne* de Le Labovreur et da père Anselme , que cette création ne remontait pas au-delà de 1384; Zur-Lauben, dans sa Bibliot. milU., p. 34T,s*était conformé à Tavia de DuplessiSt en citant nue pièce de 1385 oA Enguerrand est désigfoé sons le titre de Bottêeiller de France^ mais on peut , sans crainte de se tromper , avancer que cette charge lu avait été eonfiée vers 1381 et même auparavant , puisque son prédécesseur dans cet office , Jean de Saarbruk, qui neinourut qa^en 1381 , 8*était déporté des droits de bouteiller , moyennant deux mille livres de peusion, dès Tannée 1370. Voy. Hist. de$ Gr. Offic, t. viu , p. 580. Hiêi. gin, de Coucy, parDuch. p. k\l , des pren?. Froissard (liv. il, oh. 64) se trompe ^n disant que ce fot Charles Y qui donna la seigneurie de Mortagne au sire de Coucy, à moins que les lettres de donation délivrées par lo dac d'Anjom, ne raient été qne pour «e «enfermer aux vo^ lontésdu défunt roi. Mais les faits prouvent que le duc d'Anjou cherchait , par tous les moyens , à se faire des partisans. Cérémonial frmnç. t. a, p. 155, 157 : exir. des Chron, de St'Denis et des Chron, de Froiss. Hist. de Bretatf, pardom Morice, t. i,p. 379 etlespreuv. Ord. des roiê d0/'r.t.v,f.93,449,7l2O; t. vi, p. 51^. Fmas. Uv. u, ch. 127, 128. HisL de Parie , par Félib. et Lobin. t. u des preuv. p. 1533.

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Comptée. En 1381, quand le Conseil priTé du duc d'Anjou eat décidé que ce prince ne pouvait aUer en personne k Naples secourir la reine Jeanne, assiégée dans la citadelle de sa capitale par son gendre Charles de Duras ^ il envoya consulter le Conseil du roi qui se trouvait alors a Compiègne (leptembre), et le sire de Coucy Fut un des premiers k qui les députés parlèrent : il leur répondit if£U \iiAit en opmien de Meneeigneur non aller enper4imne^ maie eeùowrir la reine d'argent et de gène à een pcueoir. Avant de temr sa cour k Gompiégne , Charles Y, qui se préparait k passer en Flandre pour châtier les Flamands révoltés contre leur comte , et qui ne se pressait pas de rentrer dans Paris encore plein d^ émotion , passa une partie du mois d'août fL Soissoiis , où il rendit deux ordonnances, Tune en faveur des Juifs mis sous la sauve-garde de ses lleutenans , l'autre pour ordonner aux généraux des hôtels de monnaies la fehricatîon des blancs denture. Ce fut peut-être pendant ce séjour de Charles VI dans le château des comtes, a Soissons, qu^Enguerrand institua un ordre de chevalerie , Tordre de la Couronne, fondée l'instar de celui du Chîen^ de l'Aubépine et de beaucoup d'autres qui avaient été imaginés par des grands seigneurs et dont la destinée (ut restante à un petit nombre de familles nobles. L'ordre de la Couronne , qui n'eut jamais la célébrité de celui du Lion, établi jadis par un sire de Coucy, appelait, dit-on, tes prétentions qu^Enguerrand VII avait eues à la couronne d**archiduc

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d^Àutriche^ et portait pour arides cette couronne renversée; il y avait, dans cet ordre partioulier aux seigneurs de Coucy et à leurs f eudataires, des chevaliers et des daw.es, dés ècuyers el des damaiselles* Cet ordre survécut quelque teoips à son fon* dateur; car Louis, duc d^Orléaâs, cpii-acheta une grande partie de la succession d^Enguerrand , se fit représenter sur son scel, a cheval, ayant une couronne renversée , attachée au bras droit à une courroie passée dans une boucle. Le roi de France vint au mois d^ octobre en Artois avec son baronnagè, et le sire de Coucy proposa de marcher surOud^narde, droit au logis |d^ Artevelle : son avis ne prévalut pas, mais il fut chargé de mettre en arroi, paiœ et en bonne ordonnance les batailles. La veîUe de la bataille de Rosbecgue , qui se donna le 27 novembre 1382, le roi invita Enguerrand à souper avec plusieurs seigneurs étrangers qui Vêtaient venus servir^ et les remercia gra^ndement du bon service qu'ils lui faisaient ; le matin de la bataille, il alla, monté sur fleur de coursiers^ reconnaître Fennemi dont le brouillard empêchait de voir les mouvemens ; après cette bataille oii il avait été choisi j9ot4r le corps du roi garder^ et à la fin de laquelle il poursuivit rudement les fuyards, il aida son cousin Guy de Blois, Pancien comte de Soissons, à protéger le Hainaut contre les courtes d'aune bande de pillards anglais et bretons. Charles VI ramena son armée victorieuse à Paris qui s'hélait révolté une seconde fois,' et qui, une seconde fois, ne demandait qii^à se remettre sous le joug : Enguerrand

deCoacy fui encore dépêche Ters les Parisiens pour traiter arec eux 9 mais il leur fit accepter des conditions plus dures qu'yen 1381 ; et le roi, rentrant k la tête de ses gens d'^armes dans sa capitale, Tenvoya ôter le feuilles (battans) des quatre principales portes de la TÎlle. L^annee suivante , le roi retournant en Flandre pour écraser les débris des Communes qui avaient réclamé Pappui de PAngleterre, le sire de Goucy chevauchait dans Favant garde avec son ami le connétable CMivier de Clisson ; VoH de France s'*approcha des murailles de Bourbourg et se déploya en un beau plain-champ : ce la, fut le sire de Coucy et ses états volontiers vu et recommandé, car il avait coursiers parés et armoiés , et housses des anciennes armes deCoucy et aussi de celles qu^il porte pour le présent (Soissons et Mortagne); et était monté le sire de Coucy sur un coursier bien et à main ; si dievauchait et allait de Pun à Pautre, et trop bien lui avenait à fiaire ce qu^il faisait , et tous ceux qui le voyaient le prisaient et honoraient pour la façon de lui *. »

Une trêve conclue entre la France et PÂngleterre ne força pas Enguerrand au repos, car il ne vint à la cour que pour soumettre à la confirmation du roi Tachât qu^il avait fait de la châtellenie de Beaurains,

'Ifitf. de CharlesFT, publiée par le Labourear, p. 57 de IHntrod. Ord. deê rais de Fr., t. vi, p. 666. t. vïi, p. 232. Hiêi. dêê OrdrêM rdig, eimUU,, par le p. Hélyot , t. vin, p. 288. Hist. de Coucy ^ par Duplett., p. 89. Dormay, 1. 11, p. 34i. T. Duplet a vu des coaronnes dans les sceaux d'Enguenrand, dès Tan 1379. Froiss. Ut. u, ch. 177 , 178 , 185, 20i, 203, 211, 212. Bibl. milit. de ZurL^uben.

254 ^ BISTPiUE

pour la tenir ga vie durant: il fut choisi par les ducs de Berry et de Bourgogne^ pour sec<Hirir leur frère, le duc d^Ânjou, qui disputait sans succès le royaume de Naples à son compétiteur Charles de Duras. Le comte de Soissons partit avec une belle charge de gens d'armes^ mais il futarrêté, à son entrée en Italie , par la nouvelle de la mort du duc d'^Ànjou. De retour en France, Enguerrand de Coucy parut avec éclat dans les guerres , dans les négociations, dans les fêtes : en cette même année 1384, il fut commis à la défense des marohes de r Auvergne et du Limousin; en 1386, il partagea, avec le connétable et le maréchal de Sancenre, le commandement de la flotte de Fraii¥;e, qui était destinée a envahir TAngleterre ; en 1387 ^ il fut député vers le duc de Bretagne pour l'engager à relâcher le connétable, emprisonné <H9ntre le droit des gens et au mépris du roi son maître; en 1388, il menaça les terres du duc de Gueldre , qui avait osé défier Charles YI , et il eut une mission secrète auprès du pape Clément YII qui le reçut à Avignon. Cette année là, il perdit ses seigneuries de Buren et de Nidau que les Suisses lui enlevèreni;, et sa Bannière y fut prise dans le sîèg<e# En compen*^ sation de cette double perte , il obtint du roi Téta* biissement de deux foires annuelles dans la ville de Coucy , qui était en voie de devenir déserte et inhabitable^ par suite de trois incencUes successifs et dWe grande mortalité , combien qtLe le châtel fét^ d'anciermeté^Vun des plus notables etdesplta beaux <^âteaua! du royaume , et le principal hôtel

DB SOISSOKS. 255

et manoir de labarormerie et seigneurie de Coucy. H eut un procès avec Roger de Soissons-Moreuil, qui réclamait certain droit à prendre sur le sel vendu àSoissons, droit accordé àsesancétres qui en avaient toujours joui; mais Enguerrand répondait qu'ail avait acheté le comté de Soissons libre de toute rede* Tance, et que d^ailleurs ses greniers à sel n^étaient plus à Soissons même , mais k Vailly • Enguerrand n^était jamais effrayé par les distances qu'il parcourait avec une étonnante rapidité : en 1387 , il avait figuré a Dijon au mariage de son ancien concurrent à Tarchiduché d'Autriche , Léopold , avec la fille du duc de Bourgogne ; en 1389 , il accompagna Charles YI qui avait commencé par Avignon la visite de son royaume ; il quitta ce roi pour suivre en Espagne le jeune roi de Naples et de Sicile qui devait épouser une des filles du roi d'Aragon ; k peine était-il revenu en France, au mois.de janvier 1390, qu'il fut sollicité de faire partie d'une espèce de croisade que les Génois avaient préchée contre les corsaires d'Afrique , et dont le duc de Bourbon s'était déclaré chef: le sire de Coiœy ne demeura pas arrière *.

Le comte de Soissons n'avait pas jusqu'alors favorisé les égUses de son comté , hormis l^s Gordeliers, qui , se trouvant mal à Taise dans le quartier le plus bruyant de la ville et obligés peut-

* Frotss. Kv. n, ch. 322 , et la plupart des dknpitres du Meond, datroîaiéiBa el du qaatnéme livre* : on ferait un volume seulement avec le développement des faits militai* res d'Bnguerrand. Hist. gin, as voucy, par Duch. ,VAlloa. T. Duplet., etc. BibL mUU. de Zitf-Laaben.

être de restituer aux Juifs leur synagogue, demandèrent à changer d^habitation , et allèrent occuper, en 1382, hoii -loin de leur première résidence, une maison que leur donna Enguerrand, sous les murs de la ville , dans.la rue de FAmandelière , qui fut plus tard envahie par les nouveaux remparts et le bastion de PEvangile. Mais Enguerrand devenait vieux et dëvot: il éprouvait le besoin de mettre son voyage sous les auspices de quelque louable fondation ; en conséquence , afin d'avoir perpétuelles prières pour lui, ses devanciers et successeurs, sa très-chère et très-amée compagne^ Isabelle de Lorraine , et pour totcs les chevaliers et da/mes, les écuyers et dainoiselles qui ont été ^ sont et seront de l'ordre de la Couronne, il ordonna qu^une église , monastère, et habitation pour douze Célestins , seraient construits à la place de sa maison de Villeneuve- lès -Soissons, avec amortissement de toute redevance , et paiement d^une rente de quatorze cents livres tournois à prélever sur les revenus qu^il tirait de Villeneuve, Âmblegny et Bagneux^sans autre réserve pour lui que le droit de haute-justice dans ces villages. Kabbaye de Villeneuve commença sur-lechamp ces travaux de construction qui se ralentirent deux ou trois ans après , lorsque le voyage d^^.frique eût grevé tous les biens du comte; mais, zélé pour cette abbaye naissante et pauvre, il pria dans son testament ses héritiers d^étre comme lui protecteurs des Célestins de Villeneuve, et de compléter sa fondation pour laquelle il avait engagé spéciale-

im SOI9SONS. !Sfô7

méat son tomié de Soissom. Ce couvent , qui remplaça le château de la comtesse Marguerite de Nesle-Chimay, était baigné par TÀ^ime, et le voisioage de la rivière rendait sa position insalubre {hcuâ 0bnowités)^ quoique délicieuse à cause de la fraîcheur de ses jardins et de la beauté de ses eaux ; il fut bâti tout entier en belle pierre de taille blanche 9 extraite probablement des car* rières de Soupir^ qui Surent exploitées pendant fdoâeurs siècles et ne sont pas encore épuisées ^.

Le comte de Soissons emmena au voyage d'Afrique les jeunes seigneurs soissonnais que hissait désœuvrés la trêve des rois de France et d^ Angleterre : Pespédition arriva deinnt Carthage veins la fin de 1300 , et le siège de cette {dace eût mieux réussi et coûté moins de sang, si les jeunes gens de Vost avaient voulu s^en rapporter ^ l'expérience d^Ënguerraind qui leur conseillait de ne pas accepter un combat en plaine avec les Sarrasins. Les hauts barons français résolurent de lever le siège et de retourner ohacun en son lieu : ce fut aussi Pavîn dft sire de Coucy , qui sage était et imaginaiif^ et sur lequel la greigneur (meilleure) partie de Vost s* affermait et inclinait. A son retour en France, il trouvaune ambassade anglais^ qui traitait de la paix définitive et qui remporta seulement Tespoir de la voir sortir des conférences qu^on

ouvrirait a Amiens pesidant le caréiivs. de 1390:

' Mekh. Rognault, p. 161 et les prenv. VS&. de If. Jean- Louis Brader, M&verlê^ CêlniMUk^ parDI. 4alién|le4 i)orniayi t. n, p. 3&3et suit. StaHs» dudèp. de rJûne^ par Brayer-BeaBregar4.

les d»cs de Lancasire , d"* Yorck et de Glocester se rendirent à ces conférences qui a'^eurent d^ abord aucun résultat , bien que Charles YI, ses oncles et \son conseil, eussent bonne volonté de 'mettre fin à la guerre d^s Anglais. Les princes d^Àngleterre avaient en leur compagnie Pkilippote, fille d^Enguerrand de Goucy et veuve du duc d^Irlande, laquelle venait embrasser son père dont elle avait «té séparée depuis Fenfance etqu^elle désirait voir pour se consoler des chagrins que lui causait son mariage rompu par un divorce sans nul titre de raison : V enlrexaise de tnadame d' Irlande et du comte de Soissons facilita la conclusion de la paix y qui ne devait pas être de longue durée. Quand Charles VI éprouva, cette même aimée ^ •les premières atteintes de ssl frénésie ^ Enguerrand appela un médecin laonnois , Guillaume dé Harsely, dont il éïsiï grandement ami^ et ce médecin procura quelque soulagement au roi. Les oncles de Charles VI, qui voulurent enlever la connétàblie à Olivier deClisson, leUr ennemi personme], durant la maladie du roi, en 1393, jetèrent les yeux sur le comte de Soissons, comme propre ^t idoine à cet office; mais, lui, s'ea!ctisa,^en disant quilne le ferait , ni ne s'en entremettrait. Quand on nit qu'Un y voulait entendre, on regardad' autre fiàrt* Celte année la , Enguerrand avait été envoyé en mission^ près de la cour de Savoie: en 1305, il alla en, Italie , chargé dWe négociation secrète par Louis d'Oriéans, frère du roi, qui avait été averti que la république de Gènes souhaitait

DE IBOfSSONS. 250

odoir un chef à seigneur ^ ism des ftettrs de lyn^ et cpHon songeait a lui, à cause de son alliance avec Valentine de Milan.

. Mais Enguerrand fut bientôt entraîné à prendre part aune autre expédition pliis aventureuse, contre les Turcs qui avaient envahi la Hongrie et qui menaçaient la chrétienté : le comte de NcTers , fits du duc de Bourgogne , devait commander cette croisade où sVnrôlèrent les principaux seigneurs de France et de Brabant. — « Sire de Coucy , lui dirent le duc et la duchesse de Bourgogne qui Pavaient mandé a Thôtel d^ Artois , nous confions grandement en vous et en votre seiis ; nous.faisons Jean , notre fils et héritier , entreprendre un voyage : à Thonneur de Dieu et de toute la chrétienté puisse être ! Nous savons bien que , sur tous' les chevaliers de France 9 vous êtes le plus usité et coûtumier en toutes choses. Si , vous prions ché-' rement etféable^ent qu^en ce voyage vous veuillez être compaing et conseiller à notre filsP — Monseigneur, et vous, madame, répondit Enguerrand , votre requête et parole me doivent bien être commandement. » Le comte de Soissons partit donc, au mois de mars 1396, un peu ^ regret, avec Pélitede la noblesse qui s^ était croisée à Fenvi, non par dévotion, mais par chevalerie. Il emmenait avec lui le jeune Henri de Bar, quUl voulait faire son héritier et quMl av^it m^rié a sa fille ainée, du premier lit : il laissait sa femme et ses enfains sous la garde du duc d^Orléans, qui avait /7romt>, en foi de fih deroi, qu'il défendrait comme soi-même

leur honneur et leur, terre. Les commencemens de ce voyage furent briUans , et Eogaerrand eut les honneurs d^une bataille oit périrent, dit-on ^ vingt mille Turcs; mais le siège de Nicopolis causa la perte des Français , qui ne purent remporter , malgré des merveilles d'armée , sur Tinnombrable année de Bajazet et qmreç-urent graml dommage y le 27 septembre : ils furent tous morts et totss pris. Le sire de Goucy fut du petit nombre des cheya* h&cs que sauva la richesse de leur armure et qu^on réserva^ dans le massacre, pourlesmettreàrançon: conduit avec son gendre, Henri de Bar, et ses compagnons de captivité, k demi-nuds et. mourants de faim ^ dans l^ ville de Bourse , en By thkiie, il tomba dans une profonde mélancolie: «il avait le cœur pesant et disait bien que jamais ne retoarner^t en France , car il était issu de tant de grands périls et de dures aventures , que celiez-la serait la dernière ! ^^Yainement ses amis essayaient de le recenfertesr. Il s^ ébahissait de sol-même fit lui souvenait trop durement et regrettait moult souvent. Enfin, après avoir langui jusqu^au mois de février 1397, avant Tarrivée de Robert d^Esne que sa femme envoyait vers lui pour sa délivrance , il s^itit sa fin approcher et ajouta un coc/tcî/e k son testament, en jprésence du connétable de Fraqce , du comte de la Marche , du maréchal de Boucicaut , et des seigneurs qui avaient partagé sa fortune et son adversité : par ce codîdle, il demandait à être inhumé dans le couvant des Gélestins de Villeneuve , et il ordonnait de conaacmr tous ses revenus à l'a*

DE SOiSSOMS. 261

chèvement de ce couYent qu^il avait kmàé ^ en sorte que nulde ses këiitiers ou ayant cause ne put fouir de as succession 9 jusqu^ace que sa fondation fàt corn • plète ; en outre ^ il Léguait mille florins d^or 2i Jac« ques d^Àrmance^ maréchal de Lorraine 9 qu^il choi* sissait pour exécuteur testamentaire. Ainsi trépassa de ce siècle, ce gentil et vaillant chevalier, le 18 février. Henri de Bar, qui s'était racheté aux dépens d^une partie de ses biens , n^eut pas le bonheur de revoir la France avec le comte de Nevers et les chevaliers échappés au carnage de Nicopolis : il mourut de la peste k Venise , et son corps fat rapporté à sa famiRe presque en même temps que celui de son beau-père.

On avait caché la mort d'Enguerrand k sa veuve, qui ne Tapprit qu^en recevant le cercueil, des nunns du châtelain de St*Gobain , envoyé pour querre le corps ^ lequel était embaumé : Enguerrand ne reposa pas, toutefois, comme il Pavait désiré, dans le couvent de Villeneuve ; son cœur seul y resta, et sa fille Marie de Goucy fit transporter le corps dansTabbayedeNogent, où elle alla elle-même le recueillir, accompagnée de Tévéque de Laon et de plusieurs abbés. La perte du comte de Soissons excita des regrets universels par toute la France : ceux de sa femme, son amie ^ furent plus vifs que durables, car elle se remaria deux ans après. Les seigneurs qui sMtaient trouvés avec lui dans les chevAuphées el les pariemom^ leç chevaEer& quUl avait soir et maiin en son ordre et compagnie , les dames qui estimaient son beau langage , le pl^rè-

relit a la cour, et les poètes célébrèrent a fenvi sa mémoire. Le docte et ingénieux Eostaelie Deschamps^ bailli de Senlis , composa une ballade dans laquelle il énumèreles vertus du défunt /ses hauts faits et les fâcheuses conséquences de sa mort :

A son dessus (àan^ ies victoires) , ot des yaineus merci ;

En tout état , fut commun {affable) et mondain :

Pour sa douconr, maint franc cuer (cœur) le sentit.

Tout gouvernait , sans travailler en vain. . . '

Maintes gens ont ; pour li , le caer nerci (nistr^ en deuU};

Car ses armes n'ont point d*homme prochain (garent}

Qui les porte , pour représenter li :

Mortes elP sont , dont trop fort me complains »

Et diviser conviendra le terrain

Etrangement , et changier seigneurie.

Terre , qui fus si doocement nourrie ,

Clergé , nobles , peuples « pleurez le nom

Du bon seigneur qui tant o t noble vie. , . . *

Prions à Dieu qu^il li fasse pardon ' !

Ënguerrand n^avait laissé que deux filles : Marie, de sa première femme, et Isabeau, de la seconde; Philippote n^ existait plus; et son fils naturel, Perceval , était pourvu de la seigneurie d'Âubermont. Marie de Coucy, tutrice de sonfils en bas âge Robert de Bar ) etisabeau, mineure sous le i&at7 de«a mère, ne se partagèrent pas sans procès Fhéritage immense de leur père , chargé sans doute de beau-

" Froiss. lîv. ly, ch. d3, 15, 17, 2f7, 30, 33, 47, 62, 53 , 68. Hisi. de Charl, Vly pub. par le Lab. Hiat, de Coucy ^ par 1' Allouette,T. Duples. ,etG« Livre des faUs de Boudsaut. Hisi, géni de Coucy, par Duch.,p. 419 des preuv. Bib» mt7f^, par. ZurLaub.

Dr SQISSOUS. 363

coup- de. dettes. Marie, qui n'avait eu que la terre d^Oisy.endot, se saisit d'abord detoutelasucbession, particulièrement de la terre de Goucy et du comté de Soissons , en se prétendant seule héritière au nom de son fils : sa belle-mère réclama la part de la jeune Isabeau et porta Paffaire devant le parlement qui ne rendit pas d'arrêt décisif et qui laissa cette cau3e s'éterniser en plaidoieries. Dans cet intervalle , le duc d'Orléans , qui convoitait les biens territoriaux d'Enguerrand , fit plusieurs tentatives pour obtenir d'abord donation de la baronnie deCoucy , eteut recours à la prière avant d'en venir a la menace : Marie de Coucy se vit pressée et sollicitée ^ par ses propres serviteurs, de satisfaire le duc d'Orléans ; ses vrais amis lui conseillèrent alors de chercher un appui en épousant le vieux duc de Bavière, Etienne , père de la reine de France. Le duc d'^Orléans, qui craignit pour ses projets d\isurpationles suites d'une pareille alliance, en dissuada fort habilement cette pauvre aveuglée femme ^ et réussit au contraire h marier le duc de Bavière a la veuve même d'Enguerrand, pour créer de nouveaux embarras a Marie de Goucy : ils eurent ensemble à Senlis une longue conférence, après laquelle da/me Marie s'enfuit toute seule en ' sa maison , et criant et broyant quelle mait vendu sa terre de Coucy trois cent mille francs ^ dont n'avait denier. En effet ,1e 25 novembre 1400 , cédant A Von ne sadt quelle inspiration^ et circon. venue/ comme on le disait, par. le duc d'Orléans^ die consentit à lui vendre la baronnie de Goucy 9 '

20ft BisToms

les 5eig|ieuries de Follembray , Marie , Lafêre ^ St- Gol^qin et plusieurs autres, moyennant une -somme de quatre cent «mille livries tournois ; «osuite , cette vente faîte au {Nréjudiee de son fik mmeur ayant aggravé sa positkm dans le procès qu^dle soliteuait contre sa sœur Isabeau^ née du-second lit^ elle eat ia folh et légère fantaisie de s^assucer la protection du duc dX)rlëans^ ren lui donnant le comté de Soissons et la chateUenie de Ham, par lettres passe'es à P«:îsle 18 mai 1404, en présence de Guillaume de Tlgnonville^ |;arde de la prévôté, et de deux notaires jurés* Dans cet acte de cession, Marie de Coucy reconnut que, pour être «iee&orjofe à toujours des chances du procès que lui avait intenté Isabeau de Lorraine comme aymiA geuneme^ ment et administration de sa fille mineure , en revendiquant la moitié ou au moins la tierce partie de la terre de Coucy, elle baillait, quittait et délaissait au duc d^ Orléans , pour lui , ses Loirs et successeurs, tout le droit, raison et action quelconques qu^elle pouvait avoir en la ville , châtel . et comté de Soissons , à condition que le duc d*Qrléans dégagerait elle et ses hoirs ou ayant cause, des servitudes auxquelles rassajjédssaHIaFondation des Céleslins de Villeneuve, ordonnée par son père* Louis d'^Orléans s'^empressa de prendre pos* session du comté, en avouant tenir en foi et hfOm^ mage de l'évique de Soissons toutes les choses qu» ses.prédécesseurs j isomtes de Soisfm^i ont acçour tumé de tenir en foi et ^homfmage à cmàse d%fdit 4véché^ et en nommant Jean Planson pour /5*»Vr

OB S0IS8OMS. 3B5

m dêvoin eamn Tévéque , et être êon %amme au Heude /uf .Lace&skmiiaire s^étalivéserréV usufruit^ 9av%B durant^ de la teire de Goncy ; mais k pmne se réserva-t-elle le droit de séjour dans letMteau des Comtes , en «bandonmuiit le comté de Soissons k Louis d^Orléans, qui ne lui paya que soixante ou quatre-vingt mille livres sur les quatre cent mille du prix de la vente : elle ne toucha jamais le reste de la somme , car, la même année , étant allée h certmnes noces où elle passa la journée joyeusement (jocosè) avec d'autres dames , die mourut dans la nuit avec tous les symptômes d'un empoisonnement, qui n'était que trop étide$U» Son fils Robert de Bar acceptala succession par bénéfice d'inventaire et commeoça d'^attaquer la validité des actes de cette fatale tutelle qui , en inoins de huit années , avait diminué de moitié la fortime énorme d^Enguerrand de Coucy, laquelle se montait environ a «târvm^^mfV/d livres de revenu , grâce à la bonne administration de ce comte de Soissons , grâce surtout aux gêné-* rosités du roi et des princes. Les temps étaient bien changés : en 1389 , Charles VI avait fait présent de six mille écus d'or au comte, seulement pour frais d'un voyage de Languedoc ; en 1404 , l'héritière de Coucy , émue de la grandeur et belles professes d^un frère du m, transportait au duc d'Orléans en pur don un comté qui avait été Tapanage des rois de France * !

^ Hiat, gên.^deîam, de Coucy ^ parDncfa. p. 425 etsuiv. QWpreuv. HisiAe la m. da Bar, Hiat, gin.de Coucy, par l'Alïou.p, 184. Hiêê. da Ch. VI, publ. par le Lab., 1. 1, p.500.

Me)ch. RegnauU^P 29 dpspr. Les actes de la ceasion du comté de Soissons ne mentionnant pas le prix de Tachât ainsi que dans Tacte de Tente de la baronnie de Côncy j on est fondé à eroiro qae ce fut on pur don de la part de Marie de Goncy, quoique les lettres de Charles VI en parlent comme d'une acquisition. Le duc d'Orléans , qui n'avait pu payer que 80,000 livres, dans Pespace de quatre années , sur la première vente, n'aurait pas eu le crédit d^en contracter une seconde, du moins réelle, avant que ses anciens engagemçns fussent remplis. Quant à la terre de Ham, qui fiiisait partie des biens d'Enguerrand, celui-ci Tavait sans doute achetée de Marie de Ham , dernière descendante de cette illustra maison du Verroandois ; car on ne saurait discuter le prétendu mariage d'Enguerrand avec la dame de Ham , mariage imaginé par Hémeré {Aug, Flrotn, vind. p. 141)^ qui n'avait pas eu connaissance de l'arrêt du parlement, de 1408, où Ton voit clairement que la seigneurie de Ham fut acquise par le comte de Soissons, du vivant de sa femme Isabeau d'Angleterre , et qu'elle appartenait ainsi à sa fille ainée, issue de cette union. Voyez les preuv. de l'ouvrage de Duchés. Bist. des Gr. Offic, t. viii. p. 342. Requête sur Im mouvance du comté de Soissons ,*. par d'Agaessean, Gonçoit-on l'aveuglement de ce jurisconsulte, qui, en citant l'acte d*hommage du duc d'Orléans à l'évéque par procureur , soutient encore que le comté de Soissons ne relevait pas de l'évéquc? Get acte et plusieurs autres prouvent, au contraire , que le comté relevait à la fois de l'évéquc et du roi.

DE SOISSOHS.

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