‹ Histoire de SoissonsChapitre 7 sur 16 · SOISSONS AU QUINZIÉMB SIECLE · texte numérisé non relu

SOISSONS AU QUINZIÉMB SIECLE

Dès que Louis , duo d^Orlëans, se vit en possession d- une partie de rheritage d^Enguerrand de Goucy, par 1^ fait d'une vente et d'une donation ,

' Jas^ae là, nous avons fait pour ainsi dire, la biographie des comtes de Soissons , parpe que Soissôns était une des grandes baronnies de France, et que les comtes, qui possédaient cette baronnie, y faisaient leur résidence habituelle, y avaient leur maison seigneuriale : c^étaient , en nn n!K)t , de véritables comtes de Soissons. Mais les comtes, qui vont suivre, ne tiennent plus à Phistoirc particulière de la ville

il s* empressa de faire intervenir raatoritë royale de son frère pour consolider ses nouveaux droits qui devaient lui être vivement disputes : il représenta au roi qu^tV avait eu trop petite partie de terres pour son apanage , et il le pria de vouloir bien , dans le cas où cet apanage n^ égalerait pas celui qu'avait possédé son oncle, le duc d'Orléans, frère de Charles V , lui délaisser à toujours-mais perpétuellement tout le droit et domaine quelconques que la couronne avait dans les villes, comté , cbâtel 9 terres et seigneuries de Soissons , Ham , Montcomet, Pinon , Origny, et sur le vinage de Laon ; en conséquence , par lettres patentes du 22 mai 14D4 , Charles YI lui donna, en augmentation d'apanage, pour lui et ses hoirs maies descendant de son corps, procréés en loyal mariage, 500 livres parisis de terre et de rente a prendre sur les rentes et les terres du domaine de la couronne , dans le territoire a lui vendu et cédé par sa très chère et amée cousine Marie de Coucy. A ces lettres royaux en furent jointes d'autres sous la même date , par

ni da comté ; ils n'y séjoaroent pas en personne et s'y font représenter par des baillis , pour conserver certains droits qui tombaient tous les jours en désuétude, à mesure, que la royauté empicUait sur la féodalité. À la fin du XVI* s«è^ et au commencement du XVII* , les princes qui sHntitalent oQml0« deSoisêons ,sont même à peu près étrangers à S oisêons, comme aux nombreuses seigneuries dont ils touchaient seulement les revenus. Ce serait donc un hors-d'œavre que jde donner , à propos de Soissons et du pays soisaounais , Thistoire dos princes de Coudé et de Savoie* I^oiia ikons bornerons donc désormais à mentionner, daos la vie des comtes de Soissons , ce qui regarde la ville et le comté y en indiquant chronologiquement la aMQ9es#io0 de ces comtes qu on peut appeler nominatifs»

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lesqaeUes Cbarles YI, considérant les bons , notable$^ agréables, profitables et oontinueJs services et îe$ très grands et bons plaisirs que dès le temps de ton enfance lui a faits en toutes maniérés son frère d^Orléans^ lui permet, ainsi qu^k sa femme , la da* chesse d'Orléans, et k tous leurs enfans mâles légitimes, déposséder et gouverner dorénavant enpairieperpétuellement et comme pairs de France leurs baronnie et seigneurie de Coucy et comté de Soissons, avec les Tilles et chàtellenies de Ham en Y ermandois, Pinoii , etc. , de jouir de tous privilèges , prërogatÎTes et franchises dont les pairs de France jouissaient en cas defugemens , d'appeaux et d^ajoumemens , comme en autres cas quelconques , et de tenir leurs Grands Jours pour connaître des jugemensqui seront donnés par leurs baillis^ gou^ vemeurs ousénéchauœ dans le ressort desdites baronnie et seigneuries, etc. En outre , le duc d^Orlëans, pour lui aider à supporter les grands frais et minions qu'il lui a convenu faire en l'achat ou acquisition du comté de Soissons et des appartenances et dépendances , obtint, le même jour, remise des quitus et requints (droit de 24 pour 100 que le seigneur suzerain exigeait dans les ventes de terres £ûtes par son vassal) que le roi avait à récupérer sur le prix général de la vente. Ces trois lettres originauœ furent lues et publiées en jugement au mois d^octobre, es plaids tenus en cour du roi par tous leslieutenàns du bailli de Yermandois^.

' Ord. dsê rois de Fr, t. ix, p, 1 etsuiYt Melc. Regii. f. 30 def preuv. Hiêi, des Gr. Offie,, t. m, p. 243.

Après la mort gi brusque de Marie de.Coucy^^on fils Robert , qui se trouvait dépouillé des plus belles seigneuries de Théritage de son ayieul , voulut les racheter et en offrit le retrait au duc d^Orléans qui n'eut garde de Taccepter, quoiqu'il dut encore plus de trois cent mille francs à la succession de Marie. Robert de Bar porta cette affaire devant le parlement, dont beaucoup de monde blâma l'tndulgence et la dissimulation envers l'avarice insatiable duduc d'Orléans^ qu'il cultivait par intérêt ou par crainte de sa disgrâce : le parlement ne se hâta point de tenniner le procès, et le duc d'Orléans, qui avait une sorte de passion pour l'accroissèment de spn domaine, ne perdit pas de temps., afin des^établirdans son comté de Soissons: il se rendit en cette ville, dès l'année. 1405, où il data de Soissons des lettres-closes qu'ail adressai^aux gé néraux-maitres des. monnaies, pour leur notifier une ordonnance du roi , fixant le prix desi matières d'or et d'argent ^ et autorisant une nouvelle fabrication d^ espèces , révoquée quatre n^oîs après. Son. premier soin fut de rçmplir la . clause du codicilé d'Enguerraad , en se déclarsM^t second /bnc/a^a^r da monastère de Villeneuve, conimencé par le feu comte sous le titre et en l'honneur de la Sainte et Indivisible Trinité : non-seulement par acte passé cette année là dans la sacristie d^ ce couvent, il amortit, en faveur des religieux y tout ce qu'il pouvait avoir.de droits, sur ,l?s.tei9r^$ de Villeneuve et Bagneux , mais encore il fit pousser activement les travaux de bâtisse, appela dans cette

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maison douze Frères des CëleAlins de Paris , et né cessa d^augmenter leurs revenus ; en 1407 , trois mois avant sa mort, il leur accorda encore yingt mille de fagots et cent sommes de bûches a prendre tous les ans à perpétuité pour leur cbauFfege, dans la foret de PAigle, nonobstant une ordonnance contraire où il sMnterdisait le pouvoir de Aoroker aucune chose sur son^domaine» he duc d'^Orléans s'occupa ensuite de fortifier le Gbâteau des Comtes, auquel il ajouta quatre nouvelles tours aux qnattre angles de muraille- crénelée qui Tenvironhait , un pont-levis du côté de la ville , une ceinture de fossés autour du Promenoir , et beaucoup de défenses qui portèrent ombrage aux bourgeois. On ne voit pas d'^autre trace de Padministratioii du comté par Louis d^Orléans pendant trois années qu'iliatxomte : on présume qu^il prêta les* mains à quelques eonfréries de métiers qui s^organisaient' alors dans la ville , sous le patronage du maire et des jurés. Les tailleurs , dont les statuts avaient étéapprouvés, en 1353, parle maire Wiarz U Pelez ^ s'étaient adressés au roi , en 1390, pour fiûre confirmer leur ' confrérie , établie en Thonneur de Dieu et de la Vierge , dans la cathédrale : cette confrérie avait k sa tête quatre compagnons et un mdUre , soumis k la juridiction d^ la Commune ; les confrères ne devaient travailler que le jour^ et jusqu^krheure de vêpres la veille des grandes fêtes; ils s^aidaient entre eux dans leurs maladies et leur pauvreté ; les amendes, fixées par. le maître en différens cas prévus ou non , entraient dans

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la bourse coouaune p&ur fakire le oierge ; si un confrère mourait, quatre de ses plus proohtiinê {àtmeoranl dans le voisinage) veillaient la nuit devant le corps, et^.si le déFunt ne laissait pas de quoi^ on lui donnait, aux frais de la bourse Notre-Dame j le linceul et la chandelle. Les confrères ne pouvaient prendre chez eux un valet ou apprenti sortant de la boutique d'un des leurs , sans s^étre enquis au|Mrès de son seigneur s'il n'y mettait pas d^opposition. Une autre confrérie ( celle des sava^ tiers , sans doute) instituée, vers 140&, en l'honneur des Sts-Crépin et Crépinien dans l'église deSt«Grëpin^en-Chaye, fut cœafinnée par Tévéque de Sœssons, Victor deCSamerin, successeur de Guy delà Charité^ et ce prélat , qui i;ie garda, la crosse qoie pendant huit années d'aune vie obscure et retirée , régla lui-même les statuts de cette oonfrwie^*

Louis d'^Orléans, était alors en rividité avec son cousin Jean de Bourgogne , Tancien comlae de Ne vêts , qui avait eu pour frère d'armes le vieil Enguerrand au voyage de Hoagrie; ils s^ac^harnaient l'uii contre l'autre pour s^arracher le pouvoir en lambeaux, tandis que Charles YI, en clémence, notait plus qu'un Fantôme aux mains despartis dans cette grande querelle dea Bourguignons et des Armagnacs, si pleine de vicisfiitu4es,.d^ioftrigues, de violence et de ruse. Lea ducs d^Orléans et de

" msU dé Ck. Vh poh. p. le Lab. t. x, p. 6M. (M. au

roii de Fr. l. ix, p. 65^ t. vn, p. 397. Melo. Regn« JP>30^ et 8uiv. despreuv. MSS. de^Roase. MSS. de M. Ficqaet. MSS. Ae Cabaret.

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Bourgogne venaient poorUnt de se jurer amour et fraternité devant la Sainte-Table ^ guand ^ le 23 novembre, le frère du roi , qui revenait k cfae- Ttl^ avecqodques valetSi de Pbètd de Montaiguoii il aUait voir la reine en secret tous les soirs ^ fut nassaoré k coups de bâche, dans la rue Barbette , par une troupe de sicaires que le duc Jean-i$an#- Pewr avait soudoyés et cpi^'il dirigea lui-même dans ce gnet-^apens. Jean avoua scm crime en prenant la faite 9 avant que les enquêtes eussent révélé sa com|^cite avec plus de certitude que le sang C01A7 knt des blessures du cadavre en présence du meurtrier. Le duc d^Qrléans, qm n'^avait pris le titre de comte de Soissons que dans les actes relatifs au comté 9 frit enterré dans une chapelle des Célestins de Paris , qu^il protégeait et affectionnait plus encore que ceux de Villeneuve : sa veuve éplorée , Valqiitine de Milan , qui vint en deuil se jeter aux pieds du rcn avec les trois enfons de la victime , le lendemain de Tassassinat, supplia Charles Y I de se ftàre le tuteur de ces orphelins, de leur conserver Théritage de leur père et de punir les auteurs du meurtre , parmi lesquels on remarque un Jean de Nesle , peut-être issu de Tillustre famille qui avait donné plusieurs comtes a Soissons. On a prétendu que Y alentine avait, à Tappui de ses plamtes et de ses prières , mis, dans la main du roi le comté de Soissons et d'^autres seigneuries : il est certain qu'^elle lui fit £m et homuM^e de ce comté 9 comme ayant le bail^ garde ^ administration et gouvernement des enfans du duc d'Or-

léanu* Quoiqu^il en soil , peu de jours après ce tragique éyénement, Charles VI réunit à son domaine toutes les terres domaniales données au duc d^'Orléans, en accroissement d'^apanage, ainsi que tous les droits de la couronne qu^il avait eus sur la ville et cité et terres dé Soissons , desquels il s^était dessaisi en faveur de son insatiable frère : le roi, qui faisait valoir^ dans ces lettres de retrait, que le principal égard de sa pensée était de garder et conserver en bon état les droits de sa seigneurie et domaine, sans les diminuer ni souffrir être diminués aucunement , ne se rappelait pas qu'ail avait transporté , au duc d^Qrléans, ces droits à toujours-mais perpétuellement^.

Mais Robert de Bar , comme héritier de Marie de Coucy 9 sa mère , réclama , soit la restitution des terres vendues au duc d'Orléans, soit le paiement des somibes qui restaient dues : il se présenta devant le parlement 9 esa disant « qu'ail était du lignage de France , cousin remué du roi , du sang d^Ângleterre, de Navarre 9 de Behaine (Bohême), de Hunguerie (Hongrie) 9 de Bretagne , d'Aragon , et d'autres plusieurs moult nobles. » Il demandait à recouvrer la baronnie de Goucy, où il y a plusieurs beaua châtetmœ , plusieurs belles forêts , plusieurs beaux étangs^ et ya^saua, etc.y et le comté de Soissons avec le Chàtel des Gcnntes et généralement tout ce que le duc d'Orléans avait usurpé. Le parlement nomma pour curateurs Charles, seigneur d'Aï-

' Monst. Ânoti. de St-Deni8. Juv. des Ur». etc. Reg, sur la mouv. du c. de Soissons, Ord, des r. de /V.; t. ix, p. 263.

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bret /coitnétable de France , et Jean de Roucy^ évé^jue de Laon , qui acceptèrent la misûon de défendre les intérêts de leur pupille contre Charles d^OrléanSjy fils aine du duc assassiné. Isabeau de Lorraine, mariée au duc de Bavière, reparut aussi du nom de sa fille mineure 9 Isabeau de Coucy, pour revendiquer ce qui lui revenait de la succession paternelle : la veuve d^Enguerrand VU avait retenu le titre de comtesse de Soissons, en s'alliant à la maison de Bavière, et elle réclama pour sa fille le partage de ce com^é , ainsi que de la baronnie de Coucy ; mais le parlement, par arrêt du 1 1 août 1408 9 repoussa cette demande et décida que le comté de Soissons, ayant été acheté par Eur guerraAd de Coucy avec Fargent de la dot de sa première femme, Isabeau d'Angleterre, ne pouvait appartenir qu'aux enf ans nés de ce mariage ; ma^..par le même arrêt , la jeune Isabeau eut la moitié des seigneuries de Coucy , de Marie , de Lafère, d^Origny, etc., et ]^ autre partie fut adjugée .au nouveau duc d^Orléans. Le procès continua donc seulement entre ce duc et BobertdeBar^ avec les lenteurs et les €;mbarras inséparables du désordre que la guerre civile des princes causait dans tout le royaume. Isabeau de Coucy avait atteint sa majorité: la comtesse douairière de Soissons, qui tenait le parti de Bourgogne , soit par suite de sa seconde union avec le père d' Isabeau de Bavière, soit à cause de sa querelle avec le duc d^Orléans pour la succession de Coucy, approuva des projets d^alliance entre sa fille et Philippe , comte deNevers et de Pe-

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thel^ frère de Jean de Bourgogne. Celui-ci, remis en grâce auprès du rm, et absous du meurtre de la rue Barbette 9 par le traité de paix du 9 mars 1400^ voyait déjà les grands seigneurs tourner le doê auûs enfans d'Orléans, qui venaient de perdre avec leur mère leur principal appui, et suivre le vent delà cour qui était du côté de Jea/n de Bourgogne. Les fêtes de ce mariage se firent moult solennellement , au mois d^avril , dans la ville de Soissons , et durèrent trois jours. La duchesse de Lorraine et la comtesse deVaudemont, tantes de rhéritière de Coucy, assistaient a la cërâoionie nuptiale que présida le duc Jean-Sans-Peur ; ce prince, venu exprès de Paris , avait amené une nombreuse chevauchée de courtis&ns qui s^étaieht empressés de se réconcilier avec loi ; Robert de Bar , ainsi que plusieurs de ses pa^ rens , était du nombre des invités : le duc de Bourgogne avait fait broder en Flandre seize robes rouges , dans les manches et les chaperons desquelles on employa 51 marcs 6 onces d^or, divisés en 11986 parties unies ensemble en façon de losange ; le duc prit pour lui une de ces robes magnifiques et distribua les autres à ses deux frères et à ses principaux officiers. Aprèsla solennité, Jean de Bourgogne retourna dans son duché , et le comte de Nevers conduisit sa femme dans le comté de Rethel, oii elle fut reçue très-joyeusement. Mais la mort frappa , en moins de trois ans , les deux époux et leur fille Marguerite de Nevers ; en sorte que tous les biens sortis de la maison de Coucy et tous les droits que la défunte pouvait prétendre.sur Théritage

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paternel 9 revinrent k Robert de Bar, tfm obtint de Charles VI, Térection de la chàtellenie de Marie en comté , et poussa plus vigoureusement son procès contre les héritiers d^Qrléans S

Un autre procès, qui faisait moins de bruit hors du Soissonnais, Fut celui de Tabbé de St-Médard, Foulques de Montai((u, et des habitans de Isl poté {poiestas^ territoire servile ) de Cuisy-en*Almont, ses vassaux. Ce long procès, que soutinrent courageusement les vassaux pour s'affranchir des servitudes féodales , se termina en 1410 par une transaction qui convertit la taille et la corvée en prestations pécuniaires, dont les maires et les échevins seraient exemps pendant Tannée de leur charge ; ceux-ci ne devaient subir la juridiction de Tabbé ^ eh sa chàtellenie de Yic-sur-Aisne , qu^en matière cnmindle et ecclésiastique. Mais les habitans de Cuisy s^engagèrent à payer la taxe des trente hom^ mes d'armes que Tabbé de St*Médard était obligé de fournir quand le roi allait en personne a la guerre. Plus les hommes de poëste étaient impatiens de devenir libres; plus les seigneurs leurfai-saient payer cher la liberté; en 1389, trois serfs du Chapitre de St-Gervais se rachetèrent au prix énorme de 60 florins d'or au coin du roi, La Com** mune de Soissons, qui ne prenait aucune part à ce^

^ Hist, gin. delamais. de Bar ^ par Daches., p* 63i et preuT. Hist, de la m. de Coucy , par le même , p. 426 ef sniy. desprenv. Chr^mq. de Monstrelet, éd. de Baohon „ li?. 1, ch. 54. Annal cî de Bourgogne^ par G. Paradln , p.^ 518 et 519. H%8t. de Bourgogne^ par dom Plaucher, t. m^, p. 2S2. Hi9i, gin. de Coucg , par Duçbesiie.

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rachats, moins fréquens de jour en jour dans le comté, se montrait disposée à défendre , même par la force, ses franchises auxcpiélles ses derniers comtes Enguerrand de Coucyet Louis dOrléans, avaient pointé de graves atteintes : ainsi , :les nouvelles fortifications du château , sa sortie Hbre sur la rivière , le pont de bois communiquant à Fautre bord, les remparts et les fossés de cette forteresse bouchant Feutrée du Promenoir^ enfin la inipture de la muraille qui, auparavant, enfermait dans la ville la Tour-des-Comtes et qui appartenait à la Commune, étaient autant d^attaques contre les privilégesmunicipaux et les immunités communales. La ville ne se croyait plus en sûreté , depuis qu^à son insu , le château pouvait recevoir des gens de guerre et les introduire dans le cœur de la cité. Les bourgeois saisirent sans doute le moment où le duc d^ Orléans et ses partisans, les Armagnacs, recommençaient à s^armer, sur la fin de 1410, pour démolir Tenceinte du château et rétablir les murs de la ville, le long de TAisne, depuis le Mail jusqu'à la tour du Beffroi ; ensuite, toujours à la gusciiation du daupliin Louis et du Bourguignon^ ils détruisirent le pont de bois ( appelé la Toué) , qui n'était commandé que par le château. Ils exécutèrent probablement ce coup d'autorité, avant que le duc de Bourgogne , qui avait alors en son pouvoir le roi et la royauté, les eût mis en possession de ce château pour garder la ville ; car Sqissons , ainsi que la plupart des Communes de France, était opposé aux Arminas, comme on nommait les Orléanistes dans

les pays de ia Ltmguedùil , et le duc de Bourgogne n^eut pas de peine à s^emparer des esprits de la population pour arrivei^a s^emparer de ia yiUe , sous le nom du roi ^

A peine le duc d'Orléans et ses adhërens eurentils envoyé aux bonnes viUes leurs lettres d'appel aux armes^lettresdatéesdeChartresauSdécembre 1410; Charles y I, gouverné et mu par son fils Louis et par Jean d^Bourgogne, répondit par des lettres, datées deParisau ISdécembre, dans lesquelles il prononçait la confiscation des terres appartenant aux rebelles 9 et notamment des comtés de Valois et de Soissons ; quant a ce dernier comté 9 ^e roi, considérant .que Soissons i< est noble cité et ancienne, en pays fertile, sur rivière à navire, grande ville, spacieuse et

* MSS. de M. Ficqaet. MSS.de P.Louis Brayer. MSS. de BerleUe. MSS. de Cabaret. Dormay, t. 11, p. 369. On n'est paa d'accord sar la date de la destraction de Venceinte et du pont de bois du château. Dormay la met en 1413 ; Cabaret, en 141i ; mais on peut la croire antérieure, puisque la ville était bourguignonne dès Torigine de la guerre civile, et que le roi fit mettre en aa main les terres du duc d'Orléans à la fin delMO: ce fut certainement avant de rendre le château des comtes nu roi, que les cornmuniers de Soissons reprirent leur droit de clôture. La ré« sistance des Soissoniiais dans le siège de li^M, prouve assez leur affection pour le duA de Bourgogne. Il est donc pro* bable que les choses étaient remises dans leur ancien état à Soissons, lorsque Charles VI écrivait dans ses lettres du tô décembre 1410 : « Après le décès de feu notre très ohep* seigneur et père (Charles V) que Dieu absoille, feu Enguerrand, soigneur de Coucy , qui lors était comte et vicomte dudit Soissons, fit, de mit et de nouvel , construire et édir fier un châtei qui encore est , tant au- dedans comme au dehors de ladite ville , parmi et en dérompant les murs de la clôture d'ioelle , par telle disposition que, sans le dangier (défiance) de notredite ville et des habitans d'icelle , Ton pût par ledit châtcl entrer et issir d'icelle ville. »

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bien peuplée 9 et en laquelle ville 9 banlieue et chatelde St*MaarcUè9-SoÂssoiiS9 avec Téglise cathédrale a grand^ quantité d'autres é^tises et monastères, tant de fondation royale comme autres, doués et garnis de pinceurs corps saints, rdiquaîres, par* dons et indulgences, et de grands domaines, » confisque le cbâtel, comté et vicomte de Soissons, pouir la farfaièure de Charles d'Orléans:^ duquel châtely s'il allait en autres mains que celles^du roi^ grands dommages et /incowvéniéns se pourraient ensuir ( en suivre ) , et unît et adjoint perpétuel- \&B&at a son domaine et à sa seigneurie lesdits char tel , comté et vicomte , tant la partie tenue payr le duc d'Orléans que la partie possédée par sa cousine MargueritedeNevers^ qui en serait d'aillemrsdédommagée. Ces lettres , oit étaient énumérées les diverses considérations qui militaient en faveur de cette adjonction • a la couronne , furent enregistrées au parlement, onze jours après là, délibération du Conseil qui les avait rédigées sous les yeux du duc de Bourgogne : il était dit que, eu égard à ce nouvel état de choses, te bailli de Vermandoîs ou son lieutenant aurait siège a Soissons , y demeurerait , tiendrait illec ses Jours et assises et y connaîtrait des cas privilégiés et de ressort , tant de ladite ville et banlieue comme des châtel et mairie de St-Médard-lès-Soissons, et aussi des villes et lieux , fiefs et arrière-fiefs du comté ; que le prévôt royal y aurait la haute- jusUce , sans que les habitans pussent ctre ajournés devant d'autres jauges que lui , sinon par appel devant le bailli dte Ver-

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