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mille royale, qui ne pouvait attendre son salut que vm. des victoires de l'étranger et des malheurs de la patrie, les rendaient injustes envers les prisonniers du Temple, et cruels dans Texercice de leurs tristes fonctions. Quelques-uns pourtant se sentaient émus devant la grandeur et la dignité de cette royale infortune.
I^e valet de chambre Clery, qui a noté les moin- vie intime dres incidents de la captivité de Louis XVI, rapporte que le roi se levait à six heures, s'agenouillait, priait, lisait jusqu'à neuf heures, se réunissait à sa famille pour le déjeuner; il descendait ensuite dans la chambre de la reine, et s'occupait deréducation de son fils, pendant que Marie-Antôinette et les princesses cousaient ou tricotaient. A une heure, lorsque le temps était beau, il était permis à la famille royale de se promener dans une petite allée de marronniers. Les augustes prisonniers descendaient entre les sentinelles postées dans l'intérieur de la tour ; quatre officiers municipaux et un commandant de garde nationale les surveillaient pendant cette récréation; des canonniers et des ouvriers répandus dans la cour chantaient des couplets patriotiques ou obscènes. A deux heures, au moment du dîner, Santerre faisait chaque jour la visite de la prison. Le roi dormait à quatre heures, entouré de sa famille, étudiait, jouait, lisait ensuite jusqu'à l'heure du souper. Sans cesse gardée à vue par les officiers municipaux, la famille royale
Mesures
veTStoires prises
parla
Commune
contre
les prisonniers
du Temple.
pouvait à peine échanger quelques libres paroles; elle ne savait ce qui se passait à la Convention et aux années que par la voix d'un crieur de papiers publics qu'une personne affidée envoyait sous les murs du Temple.
Cette captivité devint plus rigoureuse encore à la fin de septembre. Le conseil général de la Commune obéissait trop aisément à la pression des fureurs populaires. Sa responsabilité était engagée sans doute; mais, pour la mettre à couvert en rendant impossible tout projet d'évasion des prisonniers, il oublia les devoirs de l'humanité; il fit subir aux infortunés confiés à sa garde d'inutiles vexations. On les transféra dans la grande tour, où ils furent séparés les uns des autres; ils furent privés de papier, d'encre, de plumes et de crayons. Clery devait descendre et inscrire sur un registre les objets dont ses maîtres avaient besoin. Outre les grilles, les fenêtres de la grande tour furent garnies d'abats-jour; on creusa autour du Temple un fossé de douze pieds ; des officiers municipaux veillaient dans une chambre contiguë à celle du roi; son domestique devait, pour arrivera lui, passer par cette salle. Manuel s'ëtant plaint que les signes de la royauté existaient jusque dans la prison du Temple, on poussa la puérilité jusqu'à coller un pain à cacheter au dernier mot de cette inscription d'une pendule : Lepautre^ horloger du roi. On ôta au roi les insignes de ses ordres de chevalerie.
Commune.