‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800 (volume 2)Chapitre 30 sur 57 · DU 22 JANVIER AU 10 MAI · texte numérisé non relu

DU 22 JANVIER AU 10 MAI

La France après la mort du roi. — FunéraUUs de Lepellelier de Saini^ Fargeau, — La eoaUiion, — Caractère politique de M, Pitl, — ExpuieUm el meurtre des ambassadeurs français — L'âme dé la coalilion. — La Convention déclare la guerre à l'Angleterre et à la Hollande. — Mesures énergiques prises par la Convention. — Les Montagnards prennent la tète du mouvement. — Crise des subsistances, — Marat eonseiiU U pillage des magasins. — '■ Indignation de la ConventUm contre Marat.

— Isa Convention déclare que Maral sera traduit devant les tribunaux ordinaires. — Théorie de la iiironde. — Résistances fédéralistes dans les départements du Var et du Èitâne. — Troubles à Lyon. — La Con vention envoie trois commissaires à Lyon. — Soulèvement de ta Vendée.

— Premières émeutes vendéennes. — Portrait du ckevalier Charette et des chefs vendéens. — Etendue et force de l'insurrection royaliste, — Belle parole de Larochejacquelin. — Corps d'armée des insurgés. — Causes fatales qui engendrèrent les excès de la Révolution. — La Convention décrète l'envoi de qualre-vingt-'deux commissaires dans les départements. — Impulsion dùnnée par Danton aux mesures de galut public. — Mars i 795. — Formation du tribunal révolutionnaire, — iVttit du iO mars. — Les Jacobins se déclarent contre Us exagérés. — Projets insensés de Dumouriez. — Manifeste de Dumouriez contre la Convention. — Bataille de Heerwinden. — Entrevue de Dumouriez et du colonel Mack. — La Convmtion fait sonder les intentions de Dvmouriez. — Avril ^795. — Menaces de Dumouriez contre Paris. — Lasource attaque Danton. — Réponse de Danton. — H rompt avec ta Gironde. — Violente attaque de Danton contre la Gironde. — Abolition de l'inviolabilité parlementaire. — Les commissaires de ta Convention somment Dumouriez d'obéir à la loi. — Dumouriez fait arrêter les commissaires de la Convention et les envoie à l'ennemi. — Dumouriez est poursuivi par ses soldats. — Dumouri^^ et le duc de Chartres. — Création du Comité de Salut public, — Arrestation du duc d^Orléaas. —

PéiUiùH det'seetionê Bon-Crnseil el de la Halle aux blés contre les Ghrondins. — La Gironde refuse d'arrêter la lutte, — Àeeusation de fiobespierre contre la Gironde, — Défense de Vergniaud. — Marat demande la mise à prix de la tête du due d'Orléans. — Pélion et Robespiene échangent des parolt4 injurieuses. — Marat est décrété d'accusation. '— Trente-cinq sections de Paris réclam'ent l*texpulsion de vingt^deux députés girondins. — Acquit ternit el triomphe de Marat. — Le peuple ranséne Mairat à la Convention. — La guerre civile et. la guerre intérieure. — Réquisition^ maximum, emprunt forcé. — Opposition de la Gironde aux mesures de salut publie.

Le roi mort^ la France se trouva dans la situa- 1793. tion d'ime armée qui, brûlant ses vaisseaux, se ^"''^"^e^p^

* ' la mort du roi.

mettrait dans la nécessité de vaincre ou de pérîr. . Les troupes comprirent cette pensée et l'exprimèrent à la Convention : « Nous vous remercions de nous avoir mises dans la nécessité de vaincre. » Mais si la Révolution puisa dans cette extrémité une énergie nouvelle, il s'en fallait bien que Tinfortuné monarque, à l'existence duquel on attribuait les discordes intestines de la nation et les espérances de l'étranger, eût emporté dans la tombe le principe des guerres civiles et extérieures. Quand la monarchie, et à son défaut le monarque prisonnier, n'existèrent plus ; quand les coups que se portaient les partis furieux ne vinrent plus en quelque sorte s'amortir dans ce but commun; quand le médiateur passif de ces jours terribles eut disparu du monde, la Convention et la France entière animées de passions patriotiques furieuses, de haines que redoublaient le danger, entrèrent dans la phase la plus terrible de la Révolution. Un enthousiasme

1798. sombre enflamma l'âme des tribuns et des multitudes. La République apparut au monde daîis cette majesté sauvage qui en fit im objet d'épouvante et d'horreur, mêlées pourtant de je ne sais quelle admiration consternée.

Dans les jours qui suivirent la mort du roi, la Convention sembla un moment unie par un pacte nouveau. Elle revendiqua dans une proclamation au peuple français la responsabilité de cette mort et vota avec une unanimité remarquable la plupart des mesures de Salut public nécessitées par les cir* constances. Les funérailles de Lepelletier de Saint» Fargeau, assassiné par l'ex-garde du corps Deparis, se firent en grande pompe sous l'impression de l'union qui naissait du péril commun. La mort concilie. Lepelletier était un ancien magistrat, immensément riche, bienfaisant. Il laissait un plan d'éducation nationale et divers rapports remarquables par les bons sentiments qu'ils exprimaient. Les regrets qu'il inspirait ramenaient à des sen« timents plus doux ces âmes tendues par la haine et Funëraiuos la méfiaucc. Le corps de Lepelletier fut promené nu d«Lepeiieiierde g^^ ^^ catafalque et conduit au Panthéon. L*as-

Saint-Fargeau. ^

sassin Deparis poursuivi, se tua. Mais ces incidents ne pouvaient arrêter longtemps le cours des passions. Les partis restèrent irréconciliables et les puissances regardèrent la France comme un peuple placé hors du droit des nations.

Sauf l'Espagne, nulle puissance n'avait agi

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