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sa voiture par la populace dévote du Transteverej im. poursuivi jusque dans la maison d'un banquier français où il s'était réfugié, et égorgé d'un coup de ' rasoir par un perruquier. Les prédications du clergé romain contre les Français portèrent ces fruits sanglants. Le ministre de France en Hollande, M. Noël, fut expulsé d'une façon injurieuse. On chassa même, et sans les payer, la troupe des comédiens français.
M. Pitt et l'Angleterre étaient l'âme de la coali* L'àmedeiacoation. Elle avait été lentement et secrètement prépa- "^**°' rée dans le cabinet dé Saint-James au moyen de treize traités, dont sept d'alliance et six de subsides. Ces traités englobaient la Russie, la Prusse, l'Autriche, le Hanovre, Bade, Hesse-€assel, l'Espagne, le Portugal, la Sardaigne et le royaume de Naples. Aucun moyen ne coûtait à la politique anglaise. Tandis qu'elle prodiguait l'or à l'Autriche et à la Prusse, elle utilisait à Naples, auprès de Caroline d'Autriche, l'influence déshonnète d'un aventurier Irlandais, Acton, et d'une courtisane anglaise du nom d'Emma. Passant de l'immoralité au crime, elle falsifiait en masse les assignats de la République et en inondait la France à vil prix. La politique anglaise ayant toujours en vue un but de suprématie commerciale, apporte dans les affaires internationales l'ardeur et l'âpreté des intérêts matériels. Aussi ne tenta-t-elle rien pour sauver Louis XYI ; les intérêts matériels n'ayant d'autre
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im. principe qu'eux-mêmes, ne connaissent pas plus la pitié que la morale. Le roi mort, la ville de Londres affecta une douleur qu'elle n'éprouvait pas. En même temps le Parlement vota Valien-bill le plus véxatoire et le plus injurieux qu'on puisse imaginer. Cette loi rendait la condition d'un Français résidant en Angleterre pire que celle d'un forçat libéré placé sous la surveillance de la police. Les violences du langage se joignaient à la violence des actes législatifs, et Burke, dans ses pamphlets et dans ses discours à la Chambre des communes, dépassa les fureurs de Marat lui-même, u Gonvontion L'Angleterre voulait que la France lui dédarat la déclare guerre. La Convention la lui déclara fièrement et
la guerre à l'An- ^
gieterreetàia d'uu vote uuanime. Sauf la Suède, le Danemark, la Suisse, Venise et la Turquie, la République française vit l'Europe entière se lever contre elle et accepta ou plutôt provoqua le combat. De la mer du NordàHuningue, impériaux, allemands, prussiens, anglais et bataves, marchaient sur nos frontières du Nord et de l'Est. Sur le haut et moyen Rhin ils formaient une armée de cent douze mille hommes. De la Meuse à la Moselle s'étendait un corps d'armée de trente-trois mille quatre cents Autrichiens. La Belgique et le Bas-Rhin étaient enveloppés par trente- huit mille Anglo- Bataves et soixante-dix mille Autrichiens et Impériaux. Une armée de quarante-cinq mille Austro^ardes menaçait la frontière française aux Alpes » et cinquante
HoUande.
mille Espagnols la ligne des Pyrénées. Pour résis- 17^9. ter à cet ensemble de forces qui, joint aux Napolitains, aux Portugais, formait plus de trois cent soixante mille hommes, la France n'avait que deux cent vingt mille soldats sous les armes, et ses finances pliaient sous le poids d'une dette de huit milliards trente-quatre millions. Cambon fit décréter liMurm ëoerqu'on émettrait pour huit cent mille livres d'assi- ^^(^!^. gnats. Il ne se dissimulait pas le péril de cette me** tonsure, mais il fallait d'abord sauver la patrie. Beurnonville remplaça Pache au ministère de la guerre. La Convention tenait tête aux événements avec une énergie et une promptitude sans exemple de la part d'une asseipblée. Ses commissaires, répartis entre toutes les armées, portaient son pouvoir dictatorial jusque dans les camps. Elle décréta la réquisition permanente de tous les Français de dix-huit à quarante ans, établit à Paris une taxe progressive sur les classes opulentes et trouva même le temps de s'occuper de l'avenir des sciences et des arts.
Malgré cette vigueur et cet ensemble pour tout ce qui concernait la défense nationale et le développement du nouveau régime, les partis n'en étaient pas moins déchaînés les uns contre les autres. Les Montagnards étaient devenus les chefs du LesMootagnanis mouvement et leur lutte avec les Girondins prenait ^^l^ depuis la mort du roi un caractère plus implacable. mouTemwt/ Dans ceux des départements où dominait la Gironde, les Montagnards, auxquels leurs ennemis
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I7W. donnaient le nom dé Septembriseurs, étaient persécutés. Devenus maîtres de la situation, les Montagnards, à leur tour, persécutèrent les Girondins. A Paris, la fermentation des esprits fut plus active encore. Roland dégoûté, fatigué^ isolé d'ailleurs dans le conseil des ministres, donna sa démission le 23 janvier. Sa retraite n'apaisa point ses ennemis. On l'accusa d'avoir fait servir les deniers publics à soudoyer des journalistes qui exaltaient son parti et de n'avoir pris pour assurer les subsistantces aucune mesure efficace.
Crise des subeis- Or, claus Ics premiers jours de février, le pain et *"^* d'autres denrées, notamment le savon, subirent un renchérissement considérable. La population de Pa* ris s'émut. On s'attroupa autour des boutiques et sur les berges de la Seine où arrivaient des bateaux chargés de savon. Les blanchisseuses firent une émeute le dimanche 24 février et portèrent leurs Mant oonseuie doléauccs à la Convcntiou . Marat, qui ne perdait pas le pillage des ^^^^ occasiou d'irriter les passions populaires, dé-
magasins. *^ *^ ^ '
clara dans son journal qu'il fallait piller quelques magasins et pendre à la porte les accapareurs . Le soir même le conseil de Marat fut en partie suivi. Des bandes de femmes pillèrent les épiciers et se firent délivrer des denrées au prix qui leur convenait. L'or de l'Angleterre ne fut pas étranger à cette émeute, car on remarqua parmi ces bandes des hommes déguisés en femmes, et des femmes d'une condition aisée. On ne se contenta pas de piller, on
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gaspilla. Santerre était à Versailles. Pache, maire 179»^ de Paris, resta bloqué dans sa maison par les émeutiers. Le Conseil général de la Commune se réunit tardivement. La Convention fit enfin battre la générale et mit fin au désordre.
Les vrais patriotes et tous les gens de bien furent consternés. On accusa la Convention, la Commune et surtout Marat. Salles dénonça Tarticle de ce dernier. I^es représentants du peuple y étaient traités de lâches. L'indignation de l'Assemblée éclate iDdigosaon à ce mot. On demande la lecture du numéro de Ma- <>«»*convention
contre Marat.
rat. Pçndant cette lecture l'indignation augmente. « Qu'il soit décrété d'accusation ! » s'écrie-t-on de toutes parts. Pendant ce temps Marat, à la tribune, qualifie la droite de faction criminelle, accuse Roland et les Girondins qu'il désigne sous le nom d'hommes d'Etat. Les clameurs de l'Assemblée étouffent sa voix. Marat riait. « Les cochons! les imbéciles! » s'écrie-t-il en descendant de la tribune. « Qu'on ne le laisse pas sortir, s'écrie Bancal, avant que le décret d'accusation ait été porté. — Qu'arriveraitril, réplique Buzot, si vous décrétez d'accusation M. Marat et que M. Marat fût acquitté par le jury de Paris? » Thirion veut défendre Marat; Marat déclare qu'il n'a pas besoin de défenseur, qu'il faut envoyer les hommes d'Etat aux Petites-Maisons. « Je demande que Marat soit déclaré fou et enfermé à Charenton ! » s'écrie Penière. Bancal, CoUot-d'Herbois, Fréron, Thirion, Thureau, Chou-
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iTtSw dieu, Tallien, Bazire, Valazé, Feraud, parlent ensemble. Ils se renvoient Taccusation de folie et il semble en effet qu'un \ertige yoisîn de la foUe s'est eog^Muné de tous ees hoimnes chargés des dartinén dn meode et dont cette mission, trop haute pour des forées humaines, a exalté les passions jusqu'au déucooreution lire. Sur la proposition de Maulde^ Marat est renn^f^^^^ ^^yé devant les tribunaux ordinaires. « C'est une
que Marat sera •>
traduit deTaoi scélératessol » s'écria-lril (i). Ce renvoi ne devait
lea tribonaia . .
ordinaires. P^^ avoir do suite.
Les accusations de fédéralisme dirigées contre la Gironde semblaient à chaque incident prendre une force nouvelle. Elles s'étaient produites avec une violence extrême quand Gensonné, que les Jacobins nommaient à cause des intonations nasales de sa voix, le canard de la Gironde, vint lire à la Convention le projet de Constitution élaboré par Gon- Théorie dorcet (2). Dans la pensée de ce théoricien illustre, de la Gironde, j^g ^j^^g ^^ l'iudividu dcvaicut être entourés de toutes les garanties que procure la liberté, et jamais peut-être l'individualisme ne fut exprimé sous une forme plus haute et entouré de considérations plus propres à amener son triomphe. Condorcet donna magnifiquement dans ce travail le dernier mot de la Gironde. Le Droit y apparaissait large et puissant; le devoir restreint à son principe négatif
{i) Séance de la Ck)nvention nationale du 26 février 4793. (S) Séance du 45 février 4793.