LIVRE XIII S6i
chevalier Cbarette eût été lieutenant de vaisseau, il nn. était d'une ignorance au-dessous de sa condition. II avait émigré en 1 789. Mais fort mal accueilli à Coblentz, où il perdit en outre son argent au jeu, il revint en Bretagne, à son château de Fonteclause, oà il vivait dans les plaisirs quand le soulèvement de la Vendée et la prise de Machecoul Tentrainèrent dans Tinsurrection. Comme les républicains, Cbarette nommait ses soldats frères et amis. 11 traînait des femmes à sa suite, et son camp sans discipline ne conserva pas longtemps les habitudes de piété dont les bandes de Stofflet et de Catbelineau ne se départirent jamais. Â Macbecoul les férocités de Septembre furent horriblement dépassées. Des hommes eurent les poings sciés avant de subir la mort. D'autres furent enterrés vivants. On tuait les patriotes par trentaines et avec des signes extérieurs d'une dévotion profonde. Cbarette était digne de commander à ces paysans ignorants et sauvages qui ne comprenant rien à l'unité française en étaient restés aux idées qui avaient cours du temps des Armagnacs et des Bourguignons.
On citait encore parmi les chefs vendéens un ancien capitaine de grenadiers, M . de Sapinaud, gentilhomme ami des plaisirs élégants, le marquis de Bonchamp, d'Elbée, Talmont et le jeune et héroïque Larochejacquelin. L'Angleterre fournit des armes et de l'argent à l'insurrection qui engloba bientôt neuf cents communes, embrassant tout l'es-
émeutes yendéennefl.
1793. violences et des abus de pouvoiiS furent les principales causes du soulèvement. 11 se produisit d'abord par des mouvements partiels en 1790, 1791 et 1792. Après la mort du roi les campagnes refusèrent Timpôt et la conscription. Le tocsin sonna de village en village. Ces hommes qui refusaient à la patrie de prendre les armes par la défendre allaient s'armer pour la combattre. Les contrées du Marais et du Bocage se soulevèrent. Le jour de la levée extraordinaire (1) trois mille hommes du district de Saint-Florent résistèrent. Ils prirent pour chef Cathelineau, colporteur du Pin-en-Mauge, brave homme, père d'une nombreuse famille. Une autre bande donna le commandement à un garde-chasse de M. Maulevrier, nommé Stoftfet. A Machecoul les insurgés formèrent un Comité et organisèrent des massacres sous la présidence d'un ex-procureur fiscal, ancien majordome de M. de Briord, le sieur Souchu. M. de Briord était l'oncle du fameux Charette. Les insurgés réunis à Machecoul firent de ce dernier leur général en chef, et il leur fit promettre de rester fidèles à la cause du trône et de l'autel. Portrait duché- ' Athanasc Charcttc delaContrie était un gentilet des chefs hommc bravc et débauché, marin et chasseur, une sorte de don Juan grossier, sans foi ni loi, féroce et voluptueux. Sa physionomie était celle d'un bandit audacieux, intrépide, impudent. Quoique le
(4) 40 mars 4793,
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