‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800 (volume 2)Chapitre 36 sur 57 · LIVRE XIIl S6i · texte numérisé non relu

LIVRE XIIl S6i

chevalier Cfaarette eût été lieutenant de vaisseau, il itm. était d'une ignorance au-dessous de sa condition. 11 avait émigré en 1 789. Mais fort mal accueilli à Coblentz, où il perdit en outre son argent au jeu, il revint en Bretagne, à son château de Fonteclause, oà il vivait dans les plaisirs quand le soulèvement de la Vendée et la prise de Machecoul l'entraînèrent dans l'insurrection. Comme les républicains, Charette nommait ses soldats frères et amis. Il traînait des femmes à sa suite, et son camp sans discipline ne conserva pas longtemps les habitudes de piété dont les bandes de Stofflet et de Gathelineau ne se départirent jamais. Â Machecoul les férocités de Septembre furent horriblement dépassées. Des hommes eurent les poings sciés avant de subir la mort. D'autres furent enterrés vivants. On tuait les patriotes par trentaines et avec des signes extérieurs d'une dévotion profonde. Charette était digne de commander à ces paysans ignorants et sauvages qui ne comprenant rien à l'unité française en étaient restés aux idées qui avaient cours du temps des Armagnacs et des Bourguignons.

On citait encore parmi les chefs vendéens un ancien capitaine de grenadiers, M . de Sapinaud, gentilhomme ami des plaisirs élégants, le marquis de Bonchamp, d'Elbée, Talmont et le jeune et héroïque Larochejacquelin. L'Angleterre fournit des armes et de l'argent à l'insurrection qui engloba bientôt neuf cents communes, embrassant tout l'es-

4793. pace compris entre les confins de TAiinis et ceux du Bocage, c'est-à-dire le Poitou^ l'Anjou, la Bretagne, le Maine, une partie de la Normandie, de la Touraine et de l'Orléanais. La Convention ne put d'abord opposer aux rebelles que les gardes nationales des localités insurgées. Le peu de troupes de ligne qu'on put ajouter à ces forces disponibles ne constituait pas un suffisant moyen de défense. A Machecoul les massacres se prolongèrent pendant six semaines. A Jallais et à Chemillé les vendéens prirent du canon et des munitions. StofQet mit en déroute, à Saint-Vincent, le général Marcé, qui laissa ses blessés et son artillerie sur le champ de bataille. A Beaupréau l'élan des paysans royalistes fut si impétueux que le général Gauvilliers vit ses canonniers tués sur leurs pièces. La garde nationale fut écrasée. Bonchamp et d'Elbée commandaient ces bandes royalistes. Le général Quétineau ne fut pas plus heureux aux Aubiers, où il perdit une partie de sa division. Larochejacquelin le jeune, qui fut le héros le plus complet et le plus pur de Finsurrection royaliste de l'Ouest, avait dit à sa troupe avant Belle parole de de la couduirc au combat : « J'ai contre moi ma Larochejao- grande jeuncssc et mon inexpérience ; mais je brûle de me rendre digne de vous commander. Allons chercher l'ennemi; si je recule, tuez-moi, si j'avance, suivez-moi, si je meurs, vengez-moi. » Poursuivi jusqu'à Thouard, et attaqué de nouveau dix jours après par Larochejacquelin uni à Bonchamp

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