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bruit de celte scène se répand, se commente. Quel- 4799. ques Girondins, tels que Louvet, Brissot, Gen- •sonné, jettent l'alarme. Lebrun et Garât courent trouver Pache. Celui-ci les rassure, leur dit que la Commune a repoussé la demande qui lui a été faite de sonner le tocsin, que les sections veillent. Paris, en effet, est tranquille, et le lendemain, 1 1 , nulle émotion publique ne trouble la cité.
Le 12, la section Poissonnière veut censurer la Convention. On comprit d'où partait le coup et Ton s'aperçut que le drapeau de la députation était orné de cravates blanches à fleurs de lys. Lacroix et Isnard laissent éclater leur indignation. Marat Les jacobins se lui-même monte à la tribune, flétrit la section ^t^**"!?!?!™
' les exagérés.
Poissonnière, réclame l'arrestation de Fournier et de ses complices. La Gironde étonnée applaudit Marat, mais lui, plus décevant que la chimère antique, déclare que le foyer du complot est dans la Convention même , dans là faction Roland, qu'il est prêt d'ailleurs à couvrir les hommes d'Etat de sa personne plutôt que de souffrir les attentats de Fournier et de sa bande. Ceux-ci essayèrent de se relever le soir aux Jacobins. Bourdon, Billaud-Vàrennes, Dufourny, Robespierre les confondirent et firent décider qu'un scrutin épuratoire de la société des Jacobins aurait lieu sous trois jours. Louvet, Valazé et quelques Girondins exclusifs ne se trouvèrent point satisfaits et accusèrent la Montagne du complot avorté du 10 mars. Vergniaud essaya d'à-
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1798. paiser ces querelles et accusa les royalistes. Mais Louvet, Marat, tous les exagérés attisaient le feu à mesure qu'on cherchait à l'éteindre. On appela Garât, ministre de la justice. Garât déclara que le Comité insurrecteur n'existait pas, à moins que l'on ne donnât ce nom à une réunion de quelques agitateurs subalternes qui se réunissaient au café Corazza. On essaya de ridiculiser l'expression de Garât. Elle était fondée pourtant sur l'exactitude. Mais des vaines tentatives du 10*mars, il n'en resta pas moins entre les factions ïivales un redoublement de haine et de soupçon.
Pendant ce temps, les nouvelles de l'armée de Belgique n'étaient pas de nature à apaiser la Convention. Dumouriez, absorbé par ses plans personnels lorsqu'il eût été de son devoir de ne songer qu'au danger de la patrie, ne se contenta pas du Projets insensés maguifiquc rôle militaire qui lui était réservé! Amiimounez. j^j^^jg^^j^ ^j^ sccoud ordrc, il conçut la pensée absurde au moment où nos frontières étaient menacées sur toute la ligne du Nord et de l'Est, de négliger la défense pour se jeter en Hollande, réunir ce pays à la Belgique, en former un royaume dont il fût devenu le protecteur, et de là dicter à la France l'ordre de rétablir le trône constitutionnel et d'y placer le jeune duc de Chartres, qui servait sous ses ordres et avait pris le nom de général ÉgcUité. Beaucoup d'hommes compromis se fussent ralliés à cette combinaison qui leur offrait un moyen de salut, le seul
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qui leur restât. Dumouriez, en quittant Paris en im. janvier, avait compris que l'estime et la confiance lui manquaient, que nul parti ne se fût appuyé sur lui. Il s'était même aliéné Danton et les hommes qui voulaient la réunion de* la Belgique à la France. Déterminé à trahir s'il le fallait pour reconquérir au centuple sa puissance perdue, il excita les Belges contre la Convention et contre la France. Il publia Manifeste dans ce sens un manifeste adressé à la Convention. * ^"°«>"""
contre
Pache, ancien, ministre de la guerre et alors maire u convention. Paris, Cambon et la Conrvention toute entière étaient critiqués de la manière la plus blessante dans cet audacieux factum.
Dumouriez, quoique discrédité au point de vue politique, était encore le brillant et heureux général de Jemmapes et de Valray; on espérait en lui. Son manifeste fit une vive impression sur le Comité de défense générale. Barrère et Bréard proposèrent de communiquer le manifeste à l'Assemblée, et de réclamer l'arrestation de Dumouriez. Danton et Lacroix s'y opposèrent. Ils regardaient Dumouriez comme le seul général possible et craignaient que ses soldats ne prissent sa défense. Ils proposèrent de former une Commission de Girondins et de Montagnards, et de l'envoyer à Dumouriez. Gensonné et Guadet refusèrent. Danton et Lacroix partirent seuls ; ils ne devaient rien obtenir. Dumouriez affecta au contraire de redoubler de rigueur contre les Jacobins, d'exalter les. antipathies de la Belgique
de NeerwindeD.
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47M. contre la France et la Révolution, et de hâter les préparatifs d'une bataille qui dénouât la situation.
Sans attendre ses renforts, Dumouriez se porta avec trente-deux mille hommes entre Liège et Louvain, au village de Neerwinden. 11 y avait alors plus d'inconvénient à perdre une bataille que d'avantage à la gagner. L'armée autrichienne occupait des positions formidables sur les hauteurs. Elle était forte de cinquante-cinq mille hommes. Outre cette supériorité numérique, elle était commandée par Télite des généraux de l'Empire, et depuis ses récents succès elle avait repris confiance dans sa force et dans la fortune. Elle venait en effet, depuis le 1 ^^ mars, de repousser successivement tous les différents corps de l'armée française de Visé, de Maestricht, de Tongres, de Ruremonde. L'armée autrichienne se déploya sur deux lieues d'étendue. Dumouriez suivit cet exemple, malgré le désavantage qu'un si grand front de bataille devait donner à sa petite armée. Il plaça au centre le général Egalité, à la droite Valence, gendre de madame de Genlis, général dévoué aux intérêts de la famille d'Orléans et aux plans de Dumouriez, à gauche le général Miranda, patriote péruvien qui dans l'exil avait voué son cœur et sa vie à la République Française. Miranda avait en face de lui le jeune prince Charles qui faisait ses débuts militaires et autour duquel se groupaient les principales forces de l'armée ennemie. Dans les calculs probables de Dumouriez, le républicain Miranda
devait être écrasé tandis que Valence et le duc de ms. Chartres remporteraient une victoire à double fin.
La bfttaille s'engagea le lendemain (1). Elle dura depuis neuf heures du matin jusqu'à la nuit. Miranda placé sur un terrain coupé qui paralysait l'action de son artillerie, dominé par les hauteurs d'où l'ennemi le foudroyait, repoussa pourtant la cavalerie autrichienne des villages qu'elle occupait. Deux fois Neerwinden fut pris, perdu, repris par les Français. Le point le plus vivement disputé fut un tertre nommé la tombe de Midel Venden. Sur cette tonibe Autrichiens et Français s'immolèrent avec fureur.
Après sept heures de combat, la gauche écrasée battit en retraite, laissant deux mille hommes sur le champ de bataille. Dumouriez cessa vers midi d'entendre le feu de Miranda. Les messages que ce général lui avaient envoyés ne lui étaient point parvenus. 11 dut comprendre au silence de son artillerie ^ue la bataille était compromise de ce côté. Le feu recommença pourtant vers deux heures et dura jusqu'à sept. Â droite l'avantage nous resta; mais d'une façon trop peu décisive pour que Dumouriez pût soutenir sa gauche. La bataille cessa après onze heures de lutte. La droite et le centre n'avaient perdu que six cents hommes. La victoire fut remportée par le prince Charles et lui coûta quinze cents hommes. Dumouriez rejeta la respon-
(4) 48 mars 4793.