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Clairfayt qui les dirigea sur Maëstricht, où ik furent incarcérés.
Dumouriez crut gagner ainsi la confiance des Autrichiens, mais il ne fît que se livrer à eux, car il s'était fermé à jamais les portes de la patrie. Un congrès de la coalition se tenait à Anvers et se partageait la France. Dumouriez y envoya le général Valence qu'on retint à Bruxelles sous des prétextes spécieux. 11 envoya en même temps le général Mionczynski à Lille pour se rendre mattre de la place. On l'arrêta. Le colonel de Vaux qu'il envoya ensuite, fut aussi arrêté. Le premier et le second furent di*> rigés sur Paris et expièrent leur trahison sur l'échar faud. Le vide se faisait autour de Dumouriez. Madame de Genlis et Mademoiselle d'Orléans prenaient la fuite. On ne se sentait plus en sûreté sous sa pro* tection. Dans la matinée du 4, il se dirigea sur la place de Condé dont il voulait s'emparer pour la remettre aux impériaux. Trois bataillons de volon* taires, sans ordre et éclairés de leur seul instinct patriotique, s'élancent vers la ville pour la protéger. Dumouriez veut les en empêcher, mais à la vue du traître un cri : « Arrêtel > part des rangs de nos soldats. Des coups de fusils sont tirés. Le général tourne bride et part à travers champs, suivi de son domestique Baptiste, du baron de Schonberg et de l'aînée des demoiselles Fernig, qui lui donna son cheval , sa bourse et le guida vers le bac de Bon* caulde à Taide du quel il traversa l'Escaut. Cinq ou
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1793. ' six hommes tombèrent autour dé lui. L'un des trois ^rreuîT^* bataillons, commandé par un chef célèbre depuis ses soldats, daus nos fastes militaires, Davoust, le poursuivit jusqu'au fleuve.
Dumouriez rejoignit le colonel Mack, convint avec lui d'une proclamation dans laquelle les coalises promettaient de rendre la France à son roi. 11 n'était plus question du duc de Chartres. Humilié, le malheureux voulut tenter un dernier coup d'audace. 11 retourna le lendemain au camp français. Mack, effrayé de son imprudence, le fit escorter de cinquante dragons autrichiens. Mais à la vue des manteaux blancs autrichiens et du général traître à sa patrie, les troupes françaises, généraux et soldats, laissèrent éclater leur indignation. Sa voix fut méconnue; on voulut tirer sur lui. Un régiment de hussards allemands de Berchigny l'accompagna seul. Les firères Thouvenot, le duc de Chartres, le colonel Montjoie et quelques autres officiers passèrent avec lui aux Autrichiens et gagnèrent Tour- Dumouries et le nay OU sc trouvait Clairfayt. Le duc de Chartres
^uc de Chartres. ^^^^ g^ qq^q]^qj^ q^ SuisSC OÙ il 80 fit précCptCUr, et
Dumouriez éconduit partout où il offrait ses services, commença la vie errante, souvent précaire et désormais obscure qu'il devait mener jusqu'à l'âge de quatrevingt-quatre ans.
La Convention remplaça Dumouriez par Dampierre et Beurnonville par Bouchotte. Elle renvoya aux armées du Nord huit commissaires chargés en
du Comité de Salut pablic.
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quelque sorte de surveiller les généraux et au be- ms. soin de leur donner des ordres. Elle décréta en même temps la formation d'un camp de quarante mille hommes sous Paris, la réduction du prix du pain pour les pauvres, livra au tribunal révolu-r tionnaire, sur la simple initiative de l'accusateur public, la poursuite des conspirateurs, sauf les généraux députés et les ministres qu'elle se réservait seule le droit de frapper, transforma le Ck)mité de crëauon défense générale en Comité de salut public, le réduisit à neuf membres nommés à haute voix, lui concéda le terrible droit de délibérer secrètement, de surveiller les ministres, de suspendre leurs arrêtés, de leur en dicter au besoin. La Révolution concentrait ainsi ses forces dans cette dictature draconienne qui fut élue pour un mois, n'eut aucune action sur la trésorerie nationale et dut chaque semaine exposer sa conduite et rendre compte de la situation de la République. Les partis furent d'accord pour la formation de ce Comité. Barrère, Delraas, Bréard, Danton, Cambon, Jean Debry, Guyton-Morveaux , Treilhard , Delacroix obtinrent la majorité des suffrages. On leur donna pour suppléants, La Reveillere-Lepeaux, Dubois-Crancé, Merlin, Lasource, Isnard, Fonfrède, Lindet, Thuriot, Carobacérès. La Gironde y était largement représentée et Rc^spierre n'y figurait ni de sa personne, ni de celle de ses amis.
ms. Ces mesures dictées par la prudence à la nou-
velle de la trahison de Dumouriez, pouvaient calmer la terreur publique et donner aux membres de la Convention l'apparence de la concorde, mais la haine implacable et la méfiance qui régnaient entre la Montagne et la Gironde n'en subsistaient pas moins. La trahison de Dumouriez n'avait fait qu'activer ces passions. Entre les Girondins et les Montagnards, ce fut dès lors, un combat sans trêve et sans merci. Ces deux partis s'accusèrent réciproquement d'avoir favorisé le traître Dumouriez. Tous deux avaient raison, car Dumouriez s'était appuyé tour à tour sur la Montagne et sur la Gironde. Ses liaisons avec le duc d'Orléans et ses projets sur cette famille, donnaient il est vrai aux accusations de la Gironde un caractère plus pressant. Les Girondins accusaient leurs adversaires de vouloir restaurer la monarchie. Et comme l'idée de dictature jaillit toujours de l'excès du désordre, ces accusations se confondaient. Aux soupçons de la Gironde il fallut livrer une proie. La Convention Arrestation sacrifia Ic duc d'Orléans ainsi que tous les membres de la famille de Bourbon. Le prince qui s'était fait donner le nom républicain de Philippe-Egalité fut incarcéré à Marseille.
Peu de jours auparavant, Robespierre avait lancé une violente attaque contre Brissot (1). Brissot s'é-
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du duc d'Orléans.
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tait justifié. Mais Camille Desmoulins encouragé à im. la violence par Tattitude nouvelle de son ami Danton, publia contre Brissot un libelle qui , sous le titre de Histoire des Brissotins résumait en style burlesque les accusations de Robespierre contre Brissot et devait conduire ce dernier à Téchafaud. Néanmoins l'avantage semblait appartenir aux 6i-^ rondins. Une section s'émut, celle de Bon-Conseil. pétiuon Elle envoya à la barre de la Convention une dépu- ^^^^^ tation qui vint accuser les chefs de la Gironde. On deiaHaiie a déjà vu comment, à l'aide de ce système de péti- 'J^ gîto^IT tions, les Jacobins exerçaient au besoin une pression sur l'Assemblée. Deux jours après, la section de la Ualle aux blés où dominait Lhuillier, homme dévoué à Robespierre, dénonça Brissot et les chefs de la Gironde comme complices de Dumouriez. Rebecqui, d'autre part, demandait la mort de Robespierre qui avait osé dire qu'il fallait à là Révolution un régulateur, et, ne pouvant obtenir que son ennemi fût traduit devant le tribunal révolutionnaire, donnait sa démission (1). La Halle au blé s'agita une seconde fois le lendemain, déclara que la majorité de la Convention voulait vendre la France, ajoutant que Roland méritait la mort. Petion, indigné, flétrit l'adresse; Danton demanda qu'au contraire on lui votât une mention honorable. Une scène terrible éclata. Un rassemblement tumultueux s'était formé
(4) Séance de la Convention du 9 avril 4793«
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1^ àutoiur de la tribune. Danton s'y élançait coïnmd il eût marché à Tassant. « Restez là Petionl » s'écrièrent les Girondins. Un grand bruit s'était élevé et Ton entendait des voix passionnées s'écrier : « Nous saurons mourir, mais nous ne mourrons pas seuls I — Nous avons des enfants qui vengeront notre mort I s'écrie Duperret. — Vous êtes des scélérats! vociférait Danton. — Danton, réplique Biroteau, ce sera ton dernier crime. Je mourrai républicain et tu mourras tyran I » Petion parla enfin et il le fit avec une violence qui prouvait le bouleversement des tempéraments et des^ caractères. 11 demanda l'envoi au tribunal révolutionnaire des auteurs de l'adresse. Danton parla ensuite. Son cœur s'était calmé. Il essaya, tout en maintenant, le droit des pétitionnaires, d'exprimer des vérités sévères contre l'Assemblée, de la ramener à l'oubli des injures et au travail de cette Constitution qui devait naître au milieu des orages de la liberté.
lA Gironde Mais la Giroudc ne voulait point de trêve. Boyer- ^^ Tiutt-T '' Fonfrède parla, l'esprit de vengeance sur les lèvres. Guadet vint ensuite, provocant et hautain, et relevant les paroles de Danton sut* les droits de l'opinion : « Cette opinion factice, dit-il, est comme le croassement de quelques crapauds. — Vil oiseau, tais-toi! » lui cria Marat (1). Guadet répéta sa »
(4) Séance de la Convention du 40 avril 4973.