LIVRE XUI t
phrase et conjura la Convention d'écarter tout sen- itbb. tinrent d'indulgence. Robespierre était prêt à entrer dans la lutte. Vergniaud le voyant monter à la tribune, s écria : « Nous saurons répondre et confondre les scélérats! — On prend nos villes,- et nous nous dénonçons ! » fit amèrement Lecointre de Yei^ sailles. Déjà Robespierre parlait. « Une faction Aocusatioos puissante, di^il en faisant allusion à la Gironde, ^^^^"^ conspire avec les tyrans de l'Europe pour nous la Gironde. donner un roi. Elle espère nous amener à cette transaction honteuse par la force des armées étrangères et par les troubles du dedans. Ce s}8tème convient au gouvernement anglais; il convient à Pitt, l'âme de toute cette ligue; il convient à tous les ambitieux ; il plaît à tous les aristocrates bourgeois, qui ont horreur de l'égalité, à qui l'on fait peur même pour leurs propriétés... » Tout en s'appuyant sur des faits acquis à Thistoire, Robespierre articula un de ces longs réquisitoires dans lesquels, forçant la signification des événements et faisant concourir les actes de ses adversaires vers un but conàmun de trahison, il déployait avec un art prodigieux les ressources de cette calomnie dont luimême avait tant à se plaindre. Il traça l'histoire des Feuillants, des modérés, des Girondins, attaqua nominativement Brissot, Guadet, Gensonné, Vergniaud, Servan, Clavière, Roland, etc., leur attribua tous les malheurs publics, les revers de nos armées, la guerre civile, la trahison de Dumouriez,