‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800 (volume 2)Chapitre 46 sur 57 · LIVRE Xni !t · texte numérisé non relu

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pour la Convention (1). Ces scandales se renouve* itm. lèr^t le soir aux Jacobins où Marat laissa échapper l'expression de sa joie haineuse contre les Girondins vaincus. Le polonais Lazowski, qu'on a vu figurer au 1 août et dans les af&ires de Septembre, venait précisément de mourir. On lui fit ^des funérailles extraordinaires et on fit courir le bruit qu'il avait été empoisonné, crime dont on accusa sourdement la Gironde.

A toutes ces causes qui eurent une part d'influence sur la chute des Girondins, il en faut ajouter de plus graves. On accusait la Gironde d'avoir montré beaucoup d'indifférence pour l'insurrection de rOuest. De là à la considérer comme u guerre mu* la complice de cette révolte, il n'y avait pas loin. L'imagination va vite aux jours de péril. Après quelques succès partiels, nos troupes avaient été repoussées par les paysans vendéens. Les Commissaires de la Convention, girondins pour la plupart, n'avaient pas réussi à conjurer une sédition qui dégénérait en guerre civile, s'appuyait sur l'Angleteire, avait ses généraux, mettait eu ligne de véritables armées et occupait une étendue de terrain qui représentait à peu près la sixième partie du territoire national. L'état des armées était déplorable. Celle de Dumouriez était désorganisée, celles du Rhin et de la Moselle rétrogradaient, celle des Pyrénées-Orientales

(4) Séance de la Convention du 94 avril.

et la guerre intérieure.

maximum, emproDt forcé.

i7t3. n'avait ni généraux, ni artillerie, ni vivres. I^es côtes dégarnies, la marine en désarroi n'offraient contre nn débarquement que des moyens de défense absolument insuffisants. En Vendée, la répression était aussi morcelée que Tattaque. Chaque localité utilisait ses propres ressources sans se soucier des mesures d'ensemble .

La déplorable nécessité des mesures de salut public naquit de ces complications inouïes. Les principales de ces mesures furent la réquisition, RéquisiuoD, le maximum et l'emprunt forcé. La réquisition mettait au nom de la patrie la main sur l'individu le plus apte à la défendre et en faisait un soldat. Pour subvenir à l'équipement, l'entretien et la nourriture de ce soldat, elle prélevait sur les revenus des riches un emprunt forcé progressif et proportionnel qui atteignit à Paris jusqu'à vingt mille livres sur un revenu de cinquante mille. Chaumette, procureur-général de la Commune, fut couvert d'exécration. Une émeute de pétitionnaires, se disant du faubourg Saint- Antoine, éclata le 1" mai. Elle vint à la Convention demander de faire défendre la patrie par les contre-révolutionnaires, d'abandonner les réquisitions aux sections, de faire répartir entre les nécessiteux les produits de l'emprunt forcé, et se déclara en insurrection permanente. La Montagne elle-même s'indigna. Philippeaux demanda l'envoi des pétitionnaires au tribunal révolutionnaire. Couthon fut du même avis. Le vrai peuple des faubourgs

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informé de cette pétition frauduleuse fit irruption ma. dans la Convention et voulut protester. Danton jeta de Tobscurité sur cette manifestation et empêcha qu'on en recherchât les instigateurs. Les mesures de salut public ne furent point encore poussées à cette odieuse e&trémité qui, au lieu d'en faire un moyen de défense nationale, les eût converties en instruments de corruption des classes pauvres au profit d'une faction. La réquisition resta mor raie en atteignant le plus fort et le plus dévoué; l'emprunt forcé défraya le courage et le dévouement et non la fainéantise. Le maximum, qui consistait à limiter arbitrairement le prix des grains, apporta sans doute, un grand trouble dans l'agriculture^ mais il mit un puissant frein à la cupidité des accapareurs complices de la contre-révolution. La Convention en vota la mise en vigueur et chargea les directoires d'en fixer le taux (1).

Ces mesures exclusivement politiques et marquées opposiuon de la du sceau de la nécessité, froissaient, il faut le dire, «»«^°<»«»""»<^-

^ ' ^ sures de salut

les sentiments et les doctrines de la Gironde. Le pubuc. principe girondin, purement libéral et à peu près conforme aux doctrines de l'économie politique anglo-américaine de nos jours, ayant en vue l'individu et non le corps social, ne croyant au développement de celui-ci que par l'absolue indépendance du premier, ne pouvait admettre uti principe

(4) Décret du 3 mai 4793.

^t HISTOIRE DE SOIXANTE ANS

qui prenait détruire cette garantie, faisait passer la société avant le citoyen, invoquait la justice avant la liberté, le devoir avant le droit. La Gironde combattit donc chacune de ces mesures, les déclarant inefficaces, nuisibles. Et comme elles pa-» raissaient au contraire aux yeux du peuple le dernier moyen de salut qui restât à la République, les Girondins furent accusés de royalisme et de contre-révolution. On ne voulut point voir en eux des philosophes et des économistes soutenant des doctrines honorables auxquelles ils croyaient fermement et luttant pour leur foi; on les prit pour des traîti*es et des complices occultes de la Vendée insurgée et de la coalition. La classe moyenne et la classe riche, frappées par la réquisition et l'emprunt forcé, envenimèrent ces discordes par une résistance brutale. Elles envahirent les sections et les clubs, formèrent des bandes et des rassemblements, mêlèrent les cris de « Vive la République, » à ceux de c  bas la Montagne, »^ ajoutèrent les excitations de la presse à celles de la place publique, paralysèrent dans les départements l'action des Commissaires montagnards. Les rassemblements furent dispersés, mais on apprit en même temps de nouveaux revers en Vendée. Le conventionnel Goupilleau écrivit au Comité de salut public que les rebelles dans les Deux-Sèvres et la Vendée étaient au nombre de quarante mille. A Saumur la division était entre les envoyés de laCiOnvention. Les uns,

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