LIVRE Xni
pour la Convention (1). Ces scandales se renouve- «m. Lèrent le soir aux Jacobins où Marat laissa échapper l'expression de sa joie haineuse contre les Girondins vaincus. Le polonais Lazowski, qu'on a vu figurer au 10 août et dans les afiBsdres de Septembre, venait précisément de mourir. On lui fit des funérailles extraordinaires et on fit courir le bruit qu'il avait été empoisonné, crime dont on accusa sourdement la Gironde.
 toutes ces causes qui eurent une part d'influence sur la chute des Girondins, il en faut ajouter de plus graves. On accusait la Gironde d'avoir montré beaucoup d'indifférence pour l'insurrection de l'Ouest. De là à la considérer comme u guerre civu* la complice de cette révolte, il n'y avait pas loin. L'imagination va vite aux jours de péril. Après quelques succès partiels, nos troupes avaient été repoussées par les paysans vendéens. Les Commissaires de la Convention, girondins pour la plupart, n'avaient pas réussi à conjurer une sédition qui dégénérait en guerre civile, s'appuyait sur l'Angleterre, avait ses généraux, mettait en ligne de véritables armées et occupait une étendue de terrain qui représentait à peu près la sixième partie du territoire national. L'état des armées était déplorable. Celle de Dumouriez était désorganisée, celles du Rhin et de la Moselle rétrogradaient, celle des Pyrénées- Orientales
(4) Séance de la Convention du S4 avril.
et la guerre intérieure.
maximum, emprunt forcé.
i7t3. n'avait ni généraux, ni artillerie, ni vivres, I^s côtes dégarnies, la marine en désarroi n'offraient contre un débarquement que des moyens de défense absolument insuffisants. En Vendée, la répression était aussi morcelée que l'attaque. Chaque localité utilisait ses propres ressources sans se soucier des mesures d'ensemble.
La déplorable nécessité des mesures de salut public naquit de ces complications inouïes. Les principales de ces mesures furent la réquisition, RëquisitioD, le maximum et l'emprunt forcé. La réquisition mettait au nom de la patrie la main sur l'individu le plus apte à la défendre et en faisait un soldat. Pour subvenir à l'équipement, l'entretien et la nourriture de ce soldat, elle prélevait sur les revenus des riches un emprunt forcé progressif et proportionnel qui atteignit à Paris jusqu'à vingt mille livres sur un revenu de cinquante mille. Chaumette, procureur-général de la Commune, fut couvert d'exécration. Une émeute de pétitionnaires, se disant du faubourg Saint- Antoine, éclata le V mai. Elle vint à la Convention demander de faire défendre la patrie par les contre-révolutionnaires, d'abandonner les réquisitions aux sections, de faire répartir entre les nécessiteux les produits de l'emprunt forcé, et se déclara en insurrection permanente. La Montagne elle-même s'indigna. Philippeaux demanda Tenvoi des pétitionnaires au tribunal révolutionnaire. Couthon fut du même avis. Le vrai p'euple des faubourgs