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plus encore dans la rigoureuse logique des faits que 1799. dans le sombre génie de quelques individus tourmentés par les furies du patriotisme, de la haine et de. l'ambition. Une simple question de principes, de tempérament, de tournure d'esprit, faisait alors tout le crime des Girondins. Le Comité de salut public, en dépouillant leur correspondance, notamment celle de Barbaroux, put se convaincre que ces hommes, dont quelques-uns allaient bientôt recourir aux extrémités de la guerre civile, étaient alors purs de tout complot de ce genre. Mais il n'était pas au pouvoir des membres du Comité de salut public de sauver la Gironde.
Ce qui ressortait de plus positif d'un pareil état de choses, c'est qu'un des deux côtés de la Convention devait se retirer. Danton affaissé en con*vint. 11 le confessa en présence d'un jeune député girondin qui devint royaliste, Meillan. Garât fut du même sentiment. 11 rappela à ce sujet le mot d'Aristide aux Athéniens, lorsqu'il leur conseillait de n'écouter ni Thémistocle ni lui. Garât s'enflammant pour cette idée proposa de la soumettre à l'Assemblée, Barère parla, et Lanthenas demanda l'exil. Mais le néant de ce sacrifice tomba devant les inspirations de la prudence. Les patriotes craignirent un piège. Robespierre arrêta d'un mot cet élan. RôiedeMarat
L'homme qui contribua le plus à précipiter la . . ***"V
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marche des événements dans ces jours funestes de duii mai la Révolution, fut Marat. Systématiquement san- *''*"*^""'
47M. guinaire, plus que tout autre il crut au salut par la mort. Arrivé alors au suprême délire de son rêve monstrueux, il voulut hâter en quelqiie sorte la marche du destin lui-même, et précipita vers la tombe cette pléiade d'hommes illustres que la fatalité de la situation n'y vouait que trop irrévocablement. A cinq heures, Marat parut à V Hôtel de ville. 11 revenait avec Pache du Comité de salut public, où à force de menaces il avait arraché de Gambon et de Barère la promesse chimérique d'une seconde séance de la Convention. « Marat, dit Pache au conseil général, se propose d'oiivrir un avis dans cette circonstance. » Marat conseilla au peuple de se lever, de se présenter à la Convention, et de ne pas quitter la barre qu'il n'eût obtenu une réponse conforme à la défense de ses intérêts. Une adresse fut rédigée, et tandis que six commissaires du conseil général et six < membres du Comité révolutionnaire se rendaient à l'Assemblée, Marat montait lui-même au beffroi de l'Hôtel de ville et sonnait frénétiquement le tocsin. Le canon, les cloches et les tambours résonnaient déjà dans Paris. Le peuple en armes se levait. La Commune n'oublia point les distributions de vivres et d'argent. Des officiers municipaux escortés par la force armée se répandirent dans les rues et les carrefours, invitant le peuple à reprendre les armes.
Les Girondins avaient passé la journée dans les
plus vives inquiétudes. Ils avaient appris que ma- ms. dame Roland venait d'être mise à TAbbaye, que Roland était en fuite, qu'on allait mettre les scellés sur leurs papiers. Ils dînèrent ensemble chez Louvet Dernier et délibérèrent au bruit du tocsin sur ce qui leur g^!^^^^ restait à faire. Louvet déclara que selon lui Tin- ^«»'' chute. surrection départementale pouvait seule sauver la France. 11 proposa de se retirer dans le Calvados et dans la Gironde. Ce moyen fut écarté. Ils résolurent d'abord d'aller mourir sur leurs bancs à la Convention. Mais cette opinion fut combattue par des représentants de la droite qui survinrent et conseillèrent la fuite. D'heure en heure les nouvelles devenaient plus graves. Ils se réfugièrent la plupart rue des Moulins, dans un hôtel déàert appartenant à Meillan. D'autres cherchèrent isolément leur salut. Buzot voulait se rendre è. l'Assemblée. On le retint, mais nul ne put, le lendemain, retenir l'intrépide Barbaroux, qui se rendit seul sur les bancs déserts de la Gironde.
L'Assemblée, quoique le Comité de salut public ne l'y eût point conviée, venait de se réunir au bruit du tocsin . Le montagnard Mallarmé présidait. 11 était neuf heures; le peuple enveloppait déjà les Tuileries, et les commissaires de la Commune et du Comité révolutionnaire se présentaient à la barre. Hassenfratz, orateur de la députation, prit la parole : « Le peuple est levé, dit-il, il est debout; il nous envoie auprès de vous, comme il nous a en-