mchatnement des choses! Le principe qui avait
tîkanqué à leur vie leur faisait encore défaut au
moment de la mort. Ce qui frappe l'historien penché
fer ce volumineux dossier du procès des Giron-
èûs, c'est le caractère individuel de cette défense.
Dès qu'une des vagues et insidieuses accusations
(te Pache se produit^ chacun des accusés s'écrie
tâfm^à-toup : c( Je suis étranger à ce fait. » Quelqiie-
tt»s ces protestations d'innoœnce sont {dus isolées
encore et portentsur tel ou tel fait particulier; et pour
ttiiéiA se coBvrir , l'accusé qui offrait de prouver
^tt'il n'avait point participé à cet acte, le désavouait,
!è blâmait, affaiblissant ainsi la dignité de la dé-
fettsè. Yigé^, Boyer-Fonfrède répudièrent la Com-
d'unitédela défense.
HISTOIRE m S01XJ4KTE ANS
Lettres
de Lacaze,
Yergniaud et
Duperret.
miâdion dôs Dotize ' et 169- at^rértations qu'^eile^awt ordonnées. Gensotiné accusia Onadcft; >6ardieii'ih plupart de ses ebllégues; Baileau ainouay âax^i'une lettre écrite de sa prison à Léonard* Bourdon^, qu'nm conspiration contre Tnnité et Vinditisibiltté de^k République avait existé, se déclara désabusé dbil^ sormais franc Monta^aM. Vergniatidf iM^mèmei à qui l'accusation reprochaii «es liaisoné* aroc Roland, Brissot et Gensonné, ne dédaigba pas de ré4pondre e « J'atteste que Ton ne m'a vu diner<iue cinq ou ^ix féis chez Roland, et que je n'ai jaB^s été dan» Fintimité de Brissotet de Gensonné; » rLeè preiWes les plra fortes qui furent produites contre les accusés n'étaient pas niables; il n'ya.pas>de plus fort témoignage que celui de l'écriture. Trois lettres furent produites par Taccusation. La première émanait d'un cousin de Lacaze. Elle^annonçait qu'une insurrection contre Paris se préparait, et ne permettait pas de douter des smitiments des deux correspondants. La seconde avait été écrite;. par Yergniaud au club des RécolletSi à Bordeaux. EHb commençait par ces mots : ic U est encore temps 'As vous montrer, hommes de la Gironde; »> et finissait ainsi : a Maintenez- vous prêts. Si ^roja nous y force,.nou8Vous appellerons du haut de la tribune; » Vei^iaud avoua ces lettres. « Citoyens, dilH>îlJ, si j'avais été un conspirateur, me serais*je borné d^écrire à Bordeaux, et n'aurais-je point tenté de sou^ lever d'autres départements. Et si je vous rappelab
qu'inspirent 1 accusés.
tlVRE XVJI 4«7
IdB motifs qui mVnt engagé d'écrire à Bordeauix im. dans cette circonstance, peut*ètre vous paraîtraisle plus à plaindre qu'à blâmer. » Il ajouta qu'il se croyait sous le couteau, et que le projet d'assassiner ks Girondins lui parut lié à celui de dissoudre l'As* «eiid)lée nationale. La troisième lettre avait été écrite par Duperret à madame Roland, et contenait, à propos des manœuvres de Buzot et de Barbaroux, l'expression d'espérances coupables contre Paris.
iH algré ces preuves accablantes , les accusés ne mtérèt laissaient pas d'inspirer de l'intérât. Leur jeunesse, leur éloquence^ la beauté de quelques-uns d'entre eux, la noblesse de sentiments de quelques autres, leur amour sincère de la République, commençaient à toucher l'auditoire. Yergniaud avait retrouvé tout l'éclat de sa parole, Gensonné la force de sa logique, Brissot sa hauteur de vues. Les deux plus jeunes de ces infortunés, qui par un noble et généreux dévouement à un parti dont les fautes leur étaient étrangères, étaient venus volontairement partager les périls de la captivité et du procès de leurs amis, Ducos et Fonfrède, attendrissaient les cœurs. On les savait unis d'une amitié sainte qui rappelait l'antique légende de Castor et Pollux. Marat lui-même les avait tous deux couverts de sa protection dans la fatale séance du 2 juin. Le procès, en se prolongeant, augmentait ces sentiments de commisération et d'indulgence. Hébert et Ghaumette, inquiets, courent aux Jacobins, se plaignent de la lenteur des
468 HISTOIRE ra SCHXANTE ANS
17^9, débats. Les Jacpbins ^avoieot teJiBti46miuai^;ia Convention une députation quîj wwknA les fôittoeà sacrées de lajustioe, demandait qu'und^ktil^t fixé après lequel lejury pûtse dire suffisammentédairé. I^ Convention hésitait. Robespierre conuaib ua (de ces actes odieux qni, mal^é'ses talents potài({Ues et ses vertus privées^ rendi^ntà.îaioftaîs^ sa mémoire Décret fuueste. Il rédigea et fit adopteir un décret en, vertu
'^^ détote*^ ^ duquel, au bout de trois jours, le président, ppn^t judiciaires, mettre un terme aux débats judiciaires. Les unspar terreur, les autres par baine . votèrent ce décreL,
Fouquier-Tin ville, par un reste dei pudeur, atntendit jusqu'au 1 9 brumaire (30 octobre) y^ cinquième joiu*du procès, pour requérirrapplicati<»du décret.
Délibération du Lcs jurés interpellés par le président se laetirèrent ^^' pour délibérer. Leur pj^ésident, rexranarquis Antonelle, ancien maire d'Arles, était un terrprbte redoutable; mais il ne pouvait oublier qu'au J^anci des accusés se trouvaient Mainvielle et Duprat qui en 1790 avaient donné Avignon à la France et sîétaient baignés dans le sang des meutriers de hécagm^ Antonelle déclara que la religion du jury n'était pa» suffisamment éclairée. L'a£Eaire prenait une touroare dangereuse. L'interrogatoire n'amenaitxien de awf et n'éclaircissait pas la cause. Uerma^) leprésideRt)^ artésien borgne et sinistre, instrumentdeftobos^, pierre, et, commeCouthon, dissi^lulant^o.^AcMlI^^^ rôle douce, la rigueur des doctrines,, cbofahait à gagner du temps par un interrogatoire pifteuiL.: M
craàgûâitxia^role de Gensonné ^ùi devait résumer Un. btdéfense* Adeuxbeureè TaiYdience fut ëospendité ei ne veprit qu^à éinq heured. Que 6ë ptassà^t-il dàt^^ ces Ireùs^heufids?' Oti peut le supposer p^r ce (Juî etitlieu peu<après. A gk heures le jctry se réUiiit pour délibérer* et-rètttra preg(iu'ao8&itôt. ^ Jediêclare, dit AntoiieUe; ïqaelâ^ eonsciéûee des jurés est suffisam- »cnat édairée. » Le jury fut invité à passer dans la ehainbifedui^onsei), et les gendarmes eihmenèrent te aeeuséô indignés. .
Jusqu'alors ^èes infortunés avaient conservé 'quel- Les Girondins que esp^î^.- ÏJeurs nuits se passaient en ' gais frrôpos et **^!^tT™ 6n-<raillerîes. L'esprit français et voltàirien animait procès. ce5'légJer»«tofantsdella Gironde. Us entraîtiàient par lài^rve 4e letfr iiaroïe ceux de leifrs compagnons' qu'une humeur plus rude ou plus mélancolique eût écartés de leurs jeux. Un de leurs passe-temps était deeimuler4a tragédie dans laquelle ils étaient adleurs, sans en excepter le dénouement. D'autres rimaient des vers badins. Les plus élevés par la pensée partaient dé l'avenir et de la liberté. Ceux qu'assaillaient les souvenirs du foyer domestique, les im^à chéries dé l'épousé et des petits enfants, déviaient leurs lattnes et montraient à leurs compai^loiis' tin^ frbnt riant. Yei^niaud possédait du poidèh.' N%t ayant pas suffisamment pour ses vingt comparons et lui, il le jeta noblement, ne voulant pas d*une niort plus douce que celle de ses amis. ValazéBinitila^une résolution àiialogué. il remit os-
470 HISTOIRE M SOIXANTB ANS
17». tendblenient à un prisonnier qui arait partagé de* puis leur fuite les înfortQnesdesGifondiDB, le jeune Rionfie, une paire de ciseaux qu'on pouvait proidre/ dit-il en riant, pour une arme défendue. On vînt les chercher pour les ramener au tribunal. Il était près de minuit. La lueur morne des flambeaux éclairait les^visages fatigués des prévenus , du tri^ bunal et de l'auditoire.
Le président posa les interpellations ao jury. La réponse fut affirmative sur toutes les qumtioQSi Camille Desmoiilins , qui assistait à tontes les séances, s'écria douloureusement en entendant les déclarations du jury : a Ah, malheureux ! c'est moi qui les tuel C'est mon Brissot dévoilé f» Il voolnt sortir. L'émotion lui ôtait l'usage de ses Jlmibe^i Condamnation Le tribunal coudamna en ^et les accusés i la peine de mort, sans exception. A ce mot^ Briasot courbe la tête. Un grand mouvement se fait au banc des accusés... Ils se lèvent en tumulte. Gensonné veut parler sur l'application de la loi. Comme Sixt^ Quint arrivant au pouvoit, Sillery jette ses béquilles; il sait que la mort c'est la liberté : « Ck jour, dit-il, est le plus beau de ma vie! ^*- AMI tnoù frère, s'écrie Ducos en pleurant, c'est par moi que tu meurs. — Console-toi, mon ami, réplique Fonfrède, nous périrons ensemble I » Vergniaud montrait un front fier. Fauchet semblait prier. « Je meurs, s'écrie Lasource, le jour où le Peuple perd la raison; vous mourrez le jour où il la re-
Girondins.
UYRE xvu m
tr^uvera^i»; D'autres poussent ee seul cri qui con- i7«8i fondi tes juge» et les oondamnés, les vainqueurs et le» ivaincu» : Vive la République! Boileau^ hors de lui de d'avoir pu, par sa faiblesse, acheter sa vie, s'éorie en agitant son chapeau comme le nau-^ feagé qui faitiun appel désespéré : « Je suis inno* centl 4t- Nous sommes tous innocents, répliquent les accusés; peuple, on te trompe 1 — A nous, nos amia ( ajoutent quelques autres en jetant au peuple des assignats. — Vive la République! Périss^ttous les traîtres! répond la multitude. » Les gendarmes enveloppent les accusés; mais l'un d'eux vient de tomber noyé dans son sang. C'est Valazé qui s'est poignardé. Le tribunal ordonne que son cadavre soit placé dans la charrette qui mènera les condamnés à l'échafaud, et de Téchafaud au cimetière.
Danls les sombres cachots de la Conciergerie nul pris^^nnier.'lie^dormait. Ils attendaient, dans le silence de te mdt, le bruit de pas qui devait leur anscfnéerld retour des condamnés. Un tumulte sourd d'abord et bientôt retentissant éclate dans l'escalier de la prison. Le chant de la Marseillaise monte du fond de l'abîme:
. Allons enfants de la patrie Le jour de gloire est arrivé ; Contre nous de la tyrannie 'te cùuteau Sanglant est levé.
Des gémissements répondirent à ces chants de
1793. mbrt; En téritrant-dàris' là prison, ïls'prîtétft' ce ^"^^^^^^^ dernier repas auquel on a donné le nom dé ifemer banquet dés Girondins, A l'instar dé (|iiélxïue anciens, ils purent mourir en philosophes âii' mflîéu des libations, en s'entretenant de là patrie et diés destinées de rhômine. Deux d'entré' ëtix secfleoïèht se confessèrent : Sillery et Fauchet. tJiië pâflié et pluvieuse aurore d'automne mit fin à cette' riilit suprême, et cinq charrettes emportèrent vers fè^ chàfaud ces jeunes hommes qui peu d'aniiées auparavant arrivaient obscurs et pleins d'éspéî^nces, apportant à cette révolution, qui devait les déVctttf, les trésors de leur génie et de leur dévouement, lik passèrent en chantant à travers un océan 3e peuple^ dans cette brume triste comme le désespoir et' lé regret inutile. Leur courage défiait toufe amé]M;uin[è'. Leur supplice. Sillery monta le premier, et comme ces esclaves^ de l'antiquité qui , condamnée à périr dans Vai^nè*, wluaient César, il salua ce peupîe sôuvieràîii pour lequel il mourait, et reçut le coup fatal avec le froid courage du gladiateur. Tous rimîtèrent, chantant en attendant que le glaive tratidiât leur tête, le chint fameux : « Plutôt la mort que Tesclavage! » A mesure que le couteau tombait, le volume des voix diminuait. On n'en entendit bientôt plus qu'une, c'était cette éloquente voix de Vergniaud qui, de sa dernière tribune, articulait encore le mot de liberté. A la trente et unième minute, le silence' se fit; et ce qui avait eu nom la Gironde n'était plus iqu^im
UVBE XVn 473
se hâtait |Ç*ft|lw j^t^r P.P pâture çiux, yers. , . . • .
A Vç^çf^ption de Louvet et de Lanjuinais qui^
mf^^ ù)ille yi.çi83itudes, échappèrent au?c vaîn-
q;^urs , .tp.u,s les pirondins périrent , les. iipp par
mfi moxi: yqloAtaii^e^ les juitres par la faim et les
bêle& fauves. Ou croirait lire une page des annales ^
anj^qjoas en copteçiplant ces tragiques destinées.
Dantpii^ qui. promenait sous les ombrages de son
jardip d'Ar^i^-snr^Aube ses soucis et soa déçoura-
gecRent, yersa des larmes amères en apprenant la
mqrt des Girondins. Paris resta calme^ insensible.
Le spectacle de la mort n'éveillait plus la pitié d*un
peuple f?miiliarisé avec la vue des échafauds. Poli-
tiquen^ent, les Girondins laissèrent dans la mémoire
des hommes des souvenirs durables , mêlés d'ap-
préciations fort divergentes. L'opinion la plus, gé- împiMssanpe
aéralement admise est qu'ils furent inférieiu^s aux ^c^Le,
éyénppaents* Doués du génie de la liberté, ils eussent
à fliie [époque paisible suffi aux circonstances et
içû^ U civilisation. Mais dans un temps oii le salut
puj^ljic devrait la suprême Joi et où toute considé-
ratiçn devait disparaître devant la nécessité de
ji^uver.la {«"rance en proie aux conspirations, à la
guier^e çjiyil^v ^ 1^ coalition des rois, les théories
libérales de la Gironde étaient aussi chimériques
que daîigqreuses. Les tuer n'en fut pas moins un
çi;ime, puisqu'il suffisait de les mettre dans l'im*
|)ui^^ance de nuire. Mais de tout temps les passions
iT»: personnelles enYeniment les discordes civiles et les partis vainqueurs ne croient leur triomphé ài^ùré que par la destruction des yaincus.
Dans les derniers jours d^octobre et les mois suivants, le tribunal révolutionnaire ne cessa point Mort d'Olympe de condamner, Téchafaud de fonctionner. Parmi les et tfA^^Lui ^^c*™®s célèbres qui périrent à cette ^KH|ue, on cite une femme exaltée, Olympe de Gouges, qui fut pour le parti royaliste ce que Théroigne avait été pour le républicain. Le député de Mayence, Adam Lux, qui depuis la mort de Charlotte Corday semblait aspirer à une mort sanglante et la provoquait par ses propos contre-révolutionnaires, fut exécuté le 4 novembre, deux jours après le duc d'Orléans, ramené de Marseille où il était incarcéré depuis le mois de mai.
Procès do duc La trahison de Dumourier, la fuite du duc dé d'oriéans. Chartres à la suite de cette grande affaire, les manœuvres de Laclos et de Sillery ravivèrent- les soupçons contre le parti orléaniste. On lui crut des ramifications dans les états-majors. Le décret du 6 avril, qui frappait d'arrestation tous les membres de la famille des Bourbons, ne fut pas étranger à ces soupçons violemment excités par les dénon* ciations deBarbaroux. Arrêté le 7, Philippe Egalité écrivit à la Convention : « Je ne désire rien tant que de voir ma conduite mise au grand jour. » On avait saisi une lettre du duc de Chartres à son père, dans laquelle on lisait ces mots : « Je vois la liberté per-*
due. La Conyentioa a oublié tous sea priucipça. ^ Il i7»g, parlait du désordre des troupes et demandait coi^* ment s'arrangeait Taffaire de rémigration. I^ second fils du duc d'Orléans, Montpensier, fut arrêté à Vannée duVar par ordre de Biron,' compromis luimême dans le parti, ami du duc d'Orléans depuA trente ans, appartenant comme lui par les mœurs au siècle qui s'éloignait plutôt qu'à celui qui allait naître. Pendant la captivité du duc d'Orléans au Mémoire fort Notre-Dame-de-la^Garde à Marseille, un de ses J'^f :;jf ^«
' Voidel.
partisa^a, l'ex-constituant Voidel, publia un mémoire justificatif en sa faveur. Voidel, avec une reflliairquable habileté , s'attacha à démontrer qu'il a'e&isUât point de faction orléaniste; que la haine seule ava^t pu imaginer un fait aussi manifestement faux; qu'en refusant de s'exiler momentanément et Yolontf^rement en Amérique comme le lui proposait Pétion^ lequel ajoutait qu'on paierait ses dettes et lui ooiiAerverait ses biens, il avait préféré à ces magnifiques pr^^messes l'accomplissement de son mandat de Représentant du Peuple; qu'en votant la mort de Louis XVI, son cousin, il n'avait point songé à se rapprocher du trône; qu'il avait au con-^ traire bravé la calomnie et accompli un devoir sévère. Il rejetait sur Dumourier les accusations do»t on accablait le duc d'Orléans, séparait profon* dément }e premier du second. Dumourier était un d^amateur ^acharné de Philippe d'Orléans. Il lui avait aliéi^l^eœur de Louis-Philippe de Chartres,
47d3. 8on fils ; s'était emparé de l'esprit du jeuae hommes tandis que madame Sillery de Genlis s'emparait de son cœur et le poussait au crime en lui parlant de raison et de vertu. Pour sauver son client, Voidel sacrifiait le parti, soit qu'en effet il ne crût pas à son existence, soit qu'il pensât qu'un parti se retrouve toujours lorsqu'il a sa raison d'être et qu'il découle Le parti dc la naturc des choses. Ce parti était en effet d'une orléaniste dans ^xistcncc difficile à coustater. On en trouve partout
la Révolution. '^
le symptôme depuis 1 789 ; nulle part on n'en peut saisir le corps. 11 vit, il respire, il est profondément tissé dans la trame des événements. Mais comme ses intérêts seront longtemps identiques à ceux de la Révolution, son action se confond dans celle des Montagnards les plus radicaux. Or, qu'est-ce autre chose que l'équivoque faite homme , ce duc, ce prince du sang qui siège au sommet de la Montagne sous le nom d'Egalité, vote la mort sans appel et poursuit comme une gageure, avec une fermeté ou plutôt une passivité singulière, ce rôle monstrueux? qui ne se dément même pas au pied de l'échafaud, • et achève de donner dans l'histoire, à la branche cadette des Bourbons, sa physionomie ? Ne diraiton pas que le duc d'Orléans, martyr à sa manière comme Louis XVI, a conscience de l'avenir, pressent les destinées de sa race et sait que son sang et son silence seront un jour la rançon d'un trône ?
Le mémoire de Voidel fut joint aux pièces du procès. Rien, dans les dépositions, ne put sérieu-