DU 10 NOVEMBRE AU 1 5 DÉCEMBRE
VëikèUme dans la RévolutUm. — Abolition du catholicisme par Foueké. — Les Héberiistes et i*anarchie, — Portrait de Chaumette, — Sa morale et ses actes, — Idées de Chaumette sur l'immortalité de l'âme. — AnaekoTsis Clootz; ses principes et sa doctrine. — Réputations anti^elifieuses des sociétés populaires à la Convention. — Abjuration de l'archevèque de Paris et de son clergé. — Réponse ambiguë du président de la Comvention. — Noble et courageuse protestation de Grégoire. — Faiblesse de Sieifês. — Célébratio» du culte de la Raison à l'église Notre-Dame de Parts. — La déesse Raison et ses adorateurs à la Convention nationale. — Orgie des sectateurs de la Raison. — Fermeture des églises. — Manemvres audacieuses d'Hébert. — Fatigue de la Révolution. — Robespierre fétrit la faction hébertiste. — Dénonciations d'Hébert. — Terreurs de Vaxire et de Chabot. — Thuriot est exclu des Jacobins. — Dénonciations contre Chabot. — Spéculations frauduleuses pendant la Terreur. — £tifuidation de la Compagnie des Indes. — Bazire et Chabot se constituent frisonniers. — Rapport de Robespierre sur la situation de la République. ^ Effet sur l'opinion publique du rapport de Robespierre. — ConceniretUm des pouvoirs entre les mains du Comité de Salut public. — Création du Bulletin des lois. — Pèlerinage des filles publiques à l'église flotre-Dame. — Continuation de la lutte entre Robespierre et les Hébertittes. — Hébert demande la mort de madame Elisabeth. — Discours de tobespierre en faveur de la liberté des cultes. — Robespierre demande 9Hx Jacobins le scrutin épuratoire. — Efforts de Chaumette et de la Commune pour conserver leur popularité. — Défaite des apôtres de la Raison. — Lâches palinodies ^Hébert. — Ruse et hypocrisie de Chaumette. — La Commune est réduite à l'obéissance, — Consécration définitive de la liberté des cultes, — Epuration de la société des Jacobins. '-^ Robespierre prend la défense de Danton. — Discours de Danton aux •^aeo6fnt. — Hébert atfjure le culte de la Raison. — Epuration d'^Anor ^harsis Clootz. — Justification de Camille Desmoulins. — Qualités et ^iees politiques de Robespierre. — Les représentants hébertistes dans les
éépwtimenlê. — Mmm 4$ CêUêt-ifHerboie el ée Fmteké i lyoïi. —
— Portrait de Collot-d'Herbois. — FortrêU éê Foucké. — Tactifut é Coltot-ifBerbois et de Fouché vis à vis de Robespierr9, ^^La eommissim temporaire de surveillance et les cinq fuges k Lyon, — « I9 MêêêuI ià cinq juges à Lyon, — la bonne el la mauvaise cave, — Phrasiok^ sanguinaire de Collot-d'Herbois et de Fouché, — Détails sur l'exécu^ des condamnés. — Férocité des exécuteurs. — Nombra des fietimès. ^ Le Comité de Salut fmblic mande à Paris Collot-d'Berbois 4t Fouckè, -4>
— Modération relative des missions robespierristes. — Sainl-Just d Lebas à Strasbourg. •— ToUien et Isabeau à Bordeaux. — Itotioii df Tallien avec la fille du banquier Cabarvs. — Succès des Vendéeta ûptH le passage de la Loire. — Origine de la chouannerie, ^- Désunku et détresse des Vendéens, — Situation de Nantes à la fin de la guerre is Vendée. — Carrier à Nantes; son portrait, sa conduits, — Fêroàti et excentricités de Carrier. — La compagnie de Marat. — Fusillades it noyades à Nantes, — Lettres de Carrier à la Convention, — Diteûts sur les prisons de Nantes. — Scènes épouvantables sut la Loirs, — Expédia lions secrètes. — Souper dans la grande tasse des prêtres. — La peste se déclare à Nantes. — Carrier est dénoncé à Robespierre par Jultien de Paris.
1793. r^e jour où Bailly montait à l'échafaud, on eélé-
''iriSaîn"^ brait à l'église Notre-Dame la fête de la Raison. Paris était devenu le théâtre, à la fois sinistre et grotesque, des exécutions permanentes et des plus étranges saturnales. Tout s'enchaîne dans l'histoire de rhumanité et c'est surtout dans l'ordre intellectuel qu'apparaît avec plus de rigueur la logique de cet enchaînement. Le besoin d'innover, de remanier la société française jusque dans ses fondements, conduisit les révolutionnaires jusqu'aux entreprises les plus audacieuses que l'esprit puisse concevoir. Du système décimal au calendrier républicain^ du calendrier républicain à un culte nouveau, il n'y avait qu'un pas. 11 semble d'ailleurs que les idées ne
soient que la semence des faits et qu'elles trouvent 1793.
un jour leur naturelle éclosion dans les événements.
La monarchie constitutionnelle et la république
furent, en quelque sorte, la traduction politique de
Montesquieu, de Mably, de Raynal et de Jean-
iacques Rousseau. Dans Tordre religieux, lejaûsé-
^ iiisme devait engendrer la constitution civile du clergé; la philosophie de Voltaire, le théisme des Jacobins. Pour que le xviii® siècle achevât son épanouissement, il fallait qu'il se rencontrât dans la Révolution un groupe de novateurs assez audacieux pour faire entrer dans la pratique le matérialisme lui-même. La haine du passé alla si loin chez ce peuple qui venait de briser ses chaînes, que flans son impatience de toute autorité, il prit Dieu pour untyr9.n.
JPouché, en mission dans le département de Aboimonda l'Allier,, débuta dans cette voie par un acte public q^ abolissait le catholicisme, comme s'il était dans b( puissance admiqistrative de rien abolir ou de v^ créer en matière de religion. La statue du Somip^eiiliçoiplaçala croix dans les cimetières, et, sur la^ parte, il fît écrire ces mots : La mort est un sommeil étfirmh L'administration communale, placée ici sur un terrain plus conforme à la nature de ses pou* yqif« et, aux décrets de la Convention, put interdire BXfx ininistres (Ic^ diverses communions d'exercer l^.prajâq^aj.du cv^lt;e en dehors des temples. . ,Fo.\Hdîé.»i'iguorait pas, en prenant ces arrêtés^
cathotieisme par Fouché.
1798. qu'il flattait un parti puissant alors, celui des Ck)rdeliers et de la Commune. Les chefs principaux de Tespèce de religion philosophique qui eut un moment la prétention de se substituer au christianisme, étaient fort différents les uns des autres par lm Hébertistes le caractère et par les doctrines. Hébert, l'auteur du Phre Duchesne^ ses acolytes des bureaux de la guerre, Vincent, Bouchotte, Ronsin, etc.,n'airaient en réalité d'autres principes que ceux de l'anarchie et de la destruction, parce que l'anarchie et la destruction seules, pouvaient prolonger leur règne et leur permettre de s'enrichir. Ces misérables, guidés par les plus viles passions, méchants par ins* tincf et par goût, saisissaient tous les prétextes pour exciter la fureur du peuple et le ramener à la barbarie. Leur but était de subjuguer la Convention, de faire périr un grand nombre de ses membres et de s'emparer du pouvoir. Hébert, pat fureur de terroriser, se fit iconoclaste. Il fit prendre à la Commune un arrêté qui ordonnait la destruction immédiate des images des rois et des symboles religieux et monastiques. La multitude, comme les enfants, trouve du plaisir à briser et à détruire. Elle se rua sur les monuments publics. Les églises furent mises à sac; tableaux, statues, objets précieux servant à la célébration du culte, broyés sous la main d'un peuple en délire, furent anéantis, ou envoyés à la Monnaie lorsqu'ils avaient une valeur métallique. 11 fallut que la Convention
mit un frein à cette rage de destruction et prît sous nss. sa protection les sciences et les arts menacés.
Tels furent les prodromes du culte nouveau qui devait se nommer culte de la Raison. Le véritable ^®'^"^'
de Chaumette.
chef de cette doctrine, Cnaumette, procureur-général de la Commune, n'était pas, comme son substitut Hébert, un scélérat sans foi ni loi, cachant sa vanité dans le sang et jetant le bonnet rouge pour vivre en muscadin, dès qu'il avait joué sa comédie du jour. Ame faible , susceptible de cruauté par peur, utopiste, déclamateur passionné, s'enivrant de sa propre parole, d'une sensibilité qui s'exerçait à tout propos, Chaumette n'était capable ni de la mauvaise foi ni de Timprobité d'Hébert. En qualité de procureur-général de la Commune, il avait vu de près les misères de Paris, en avait été touché. Mais sa momie et ses dénué des vues supérieures qui font le bon adminis- ^ trateur, il s'était jeté dans un courant d'idées qui rappellent les premiers essais de la philosophie, quand l'esprit humain cherche les rudiments du grand art social. Dans cet esprit grossier, se mêlaient à ces instincts ce que les spéculations du xviii^ siècle sur la divinité et sur la nature ont produit de plus spécieux. De sorte que Chaumette, austère comme Dracon en ce qui concernait les mœurs, utilitaire jusqu'à la niaiserie, onctueux comme un prédicateur et plein de charité comme un apôtre, niait Dieu avec foi et proclamait avec une dévotion digne d'un culte plus sérieux, la divinité de la Raison hum. 43
17». maine. Chaumette mêlait à ces rêves d'une imagination échauffée, des notions pleines de sens. Il voulait que les femmes restassent au logis et ne se mêlassent point de politique. Le bonnet rouge n'était point, selon lui, une coiffure convenable pour leur sexe. Il fit abolir la peine du fouet dans les maisons d'éducation, et obtint un arrêté de la Commune, encore en vigueur de nos jours, qui assure aux pauvres des funérailles honorables. L'arrêté qui dans la Commune de Paris oblige les ministres des divers cultes à ne point en transporter Texercioe au dehors du temple ; des mesures sévères contre les livres obscènes qui corrompent l'imagination du peuple, furent également dus aux réquisitoires de Chaumette. Mais se montrant plus moraliste qu'administrateur, plus utopiste que politique, il fit fe^ mer les maisons de tolérance et remplacer les images de la Vierge par les bustes de Marat et de Lepelletier de Saint-Fargeau. Il eut une idée humaine en songeant au sort des nombreux enfants que la guillotine faisait orphelins et fit créer pour eux un hospice des enfants, de la patrie. Malheureusement, réducation de ces enfants fut confiée à Léonard Bourdon, l'un des sectateurs de la nouvelle doctrine.
idëcsde En déclarant que la mort est un sommeil éter-
nel, Chaumette niait implicitement l'immortalité de
rùmo. rame. 11 voulait, à l'instar de quelques anciens, ôter à la mort son caractère funèbre et, comme en
Chaumetto sur l'immortalité de
Orient, faire des cimetières de beaux jardins. « Je itm. voudrais, dit-il, respirer l'âme de mon père dans le parfum d'une fleur. » 11 était impossible de quintessencier davantage la doctrine du matérialisme. Mais comme la croyance à l'immortalité de Tâme est dière à un grand nombre de consciences, et que Vidée de n'exister dans la vie future qu'à l'état de parfum pouvait blesser certaines aspirations, Gbaumette ajoutait que l'homme de bien ne meurt pas , qu'il vit dans la mémoire de ses concitoyens. Etrange immortalité ! Que sont aujourd'hui dans la conscience de leurs concitoyens ces milliards d'humains qui depuis tant de siècles ont rejoint la poussière oubliée des ancêtres? Chaumette, Daunou, Thomas Lindet, crurent que la morale n'avait pas besoin de sanction divine et qu'elle était le relien toffisant de la société. Aussi le salariat des prêtres leur parut-il un abus qu'ils s'efforcèrent de déraciner.
A côté d'Hébert et de Chaumette, on est obligé de placer un autre personnage dont le nom figure souvent dans l'histoire de la Révolution : nous vou- ]xm parler du baron prussien Anacharsis Glootz. Anachanis Ce chef de secte, dont les idées ont joué un certain ^^°^**»*^
^ » principes et i
rôle au xix® siècle sous le nom de Panthéisme, n'était doctrine. pas sèchement athée. Il croyait à la transmigration infinie des âmes dans tous les êtres, niait la création, proclamait l'univers être éternel, le genre huoain souverain du monde, peuple-Dieu, et Paris
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4793. la capitale de cette nation unique. Ainsi que la plupart des utopistes , Glootz était un homme ^thousiaste et naïf, rêvant une république universelle, repoussant à la fois les déistes et les chrétiens) anti-individualiste au suprême degré, et qui, dans son adoration pour l'homme, ne voyait pas de meilleur culte à propager que celui de la Raison. Glootz n'était ni un intrigant , ni un misérable comme Hébert. Il voulait de bonne foi démocratisa l'univers, et n'en attendait d'autre récompense que la satisfaction d'avoir contribué au bonheur de celui qu'il nommait « Notre Seigneur le genre humain. » Ce rêveur était né à Trêves en 1755, mais 1 il avait fait ses études à Paris. Les fréquentations littéraires et la passion des législations anciennes, lui tournèrent l'imagination vers la métaphysique. Il avait cent mille livres de rentes ; il se mit à parcourir l'Europe, et substitua le nom d'Anacharsis à celui de Jean-Baptiste, qu'il avait reçu au baptême. La Révolution française acheva d'exalter l'imaginaftiou de ce philanthrope. Anacharsis Glootz ne connaissait pas Anaxagoras Chaumette; mais le mouvement d'idées anarchistes et anti-cathoUques suscité par les Hébertistesen octobre et novembre 1 793, devait rapprocher le panthéiste de l'athée. Le carnaval révolutionnaire qui tournait en dérision les objets du culte et les habits sacerdotaux, les charma l'un et l'autre. La haine qu'ils portaient au catholicisme et au clergé, leur fit prendre ces mascarades
grotesques pour un signe certain que le peuple était 4793. prêt à abjurer les anciens cultes et à embrasser les ^ doctrines de la pure philosophie. Ajoutons, d'ail haTSj que la corruption du clergé au xvni* siècle et son peu d'héroïsme et de désintéressement dans la Révolution, furent une préparation suffisante aux saturnales de l'athéisme.
Des réunions secrètes eurent lieu chez Gobel, ardievêque de Paris, dans les derniers jours d'octobre elle commencement de'noYembre 1793. Chaumette^ Qootz, Bourdon (de l'Oise), Hébert et Momoro y assistaient. On y prépara des scènes étranges, qui bientôt allaient se produire au grand jour. La Commune ne fut point initiée à ces projets. On en peut suivre la marche par la progression des scandales anti-religieux qui se produisirent. Les sociétés populaires, qui tenaient leurs séances deux fois par semaine, contribuèrent pour une part considérable aux excentricités de la Terreur. Elles firent décréter Députations le tutoiement, et envoyèrent à la Convention des dé- '"dw^é^ putations d'énergumènes vêtus d'ornements sacer- popniwres k la dotaux. Les mauvais prêtres ajoutèrent à ces scandales celui de leur abjuration. L'archevêque de Paris, Gobel, ex-curé de Porentruy, donna luimême le signal de ces apostasies. Cette scène incroyable eut lieu dans la séance de la Convention du 7 novembre 4793 (17 brumaire an II). A l'ouverture de la séance, Laloi, qui présidait, donna lecture d'une lettre signée Parent, curé de Boissise-
1793. la-Bertrand, district de Melun. Elle commençait ainsi : « Citoyens représentants, je suis prêtre, je suis curéj c'est-à-dire charlatan... Maintenant que je suis décrassé, ajoutait-il, je vous avoue que je ne voudrais pas être charlatan de mauvaise foi. » Il déclarait ne savoir qu6 des oremus et demandait qu'une pension suffisante fût allouée aux prêtres sans fortune, assez honnêtes pour ne plus vouloir tromper le peuple, w Tous ces rêves, toutes ces momeries, toutes ces pratiques que Ton décore du nom de religion, disait-il, ne sont que des contes de la Barbe bleue. » Il terminait par ce vœu : « Plus de prêtres! » Sergent fit remarquer qu'un prêtre qui déclarait avoir été un charlatan l'était sans doute encore. On passa à l'ordre du jour.
Peu d'instants après, une nouvelle lettre fut lue par le président. Elle était signée : Chaumette, procureur de la Commune ; Momoro, président par intérim ; Lhuillier, procureur-général du département de Paris ; Pache, maire. Ils annonçaient à l'Assemblée que le ci-devant évêque de Paris et son ci-devant clergé venaient], de leur propre mouve^ ment, rendre à la raison et à la justice un hommage Abjuration de éclatant ct sincèrc. Les autorités et le clergé de Pararchevôque de ^.j^ ^^^^^^^ immédiatement admis à la barre. Mo-
Puis et de son
clergé. moro, président de la députation, prit la parole et dit que l'évêque de Paris et d'autres prêtres, conduits par la Raison, venaient se dépouiller du caractère que leur avait imprimé la superstition. Il
forma ensuite des vœux pour qu'un culte, puisé 1793. dans le sein de la nature, devînt bientôt le culte universel. Gobel parut alors, en bonnet rouge et tenant en main la mitre, la crosse et l'anneau pastoral. « Né plébéien, dit-il, j'eus de bonne heure dans l'âme les principes de la liberté et de l'égalité. Appelé à l'Assemblée constituante par le vœu de mes concitoyens^ je n'attendis pas la Déclaration des Droits de l'Homme pour reconnaître la souveraineté du peuple. » Erigeant ensuite cette souveraineté en une sorte de dogme, il déclara qu'il en avait fait le i^ulateur de sa vie; et, puisque le souverain ne voulait plus d'autre culte que celui de la liberté et de la sainte égalité, il venait, conséquent avec ses principes, déposer ses titres et renoncer, ainsi que ses vicaires, aux fonctions de ministre du culte catholique. Il cria : « Vive la République! » et déposa sa crosse, sa mitre et sou anneau. Les autres prêtres qui le suivaient l'imitèrent, se déclarant revenus de leurs préjugés. Chaumette ajouta que le jour où la Raison reprenait son empire méritait une place dans les brillantes époques de la Révolution, et il demanda que dans le nouveau calendrier une place fût réservée au jour de la Raison.
Le président sauva la dignité de la Convention Réponse en répondant que la liberté des cultes était un des J^^^^^^^^ droits naturels de l'homme. Il afiFecta de considérer coiTention. l'étrange démarche du clergé de Paris comme un hommage rendu à ce principe. « Eclairés par la
1793. raison et bravant des préjugés anciens, vous ven^a dit-il, de vous élever à cette hauteur de la Révolii tien où la philosophie vous attendait. » Il contiati; de parler en se tenant dans des généralités. « IVi nous le dissimulons pas, citoyens, dit-il, ceshochetfi insultaient à l'Etre suprême, au nom duquel on les entretenait ; ils ne pouvaient servir à son culte, puisqu'il n'exige que la pratique des vertus sociales et morales. Telle est sa religion ; il ne veut que celle du culte de la Raison ; il n'en prescrit pas d'autre, et ce sera désormais la religion nationale. » Chaumette et Clootz ne protestèrent pas au nom de l'ar théisme et du panthéisme contre cette immixtion de i la doctrine de l'Etre suprême dans celle du culte de j la Raison. Quelques voix s'écrièrent seulement : « L'accolade à l'évêque de Paris ! » Le président embrassa Gobel, et les prêtres coiffés du bonnet de la liberté entrèrent dans la salle. Aussitôt, ce fut à qui parmi les prêtres conventionnels assistant à la séance suivrait l'exemple du clergé de Paris. Coupé (de l'Oise), curé de Sermaise; Thomas Lindet, évêque du département de l'Eure; Julien (de Toulouse), ministre protestant; Gay-Vernon, évêque; Villers, curé; Lalande, évêque de la Meurthe, vinrent comme Gobel abjurer à la tribune leur culte et leur ministère.
Noble Tout à coup les applaudissements qui accueil-
et courageuse \q^{q^i ç^g scaudalcs s'arrêtcut. Un homme de haute
protestation de
Grégoire, taillc, au frout sévère, paraît à la tribune. C'est