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Les Hébertistes se crurent alors assez puissants 1793. pour songer à la réalisation de leurs projets ambi- ""^^jj^*^" lieux. Une première tentative avait eu lieu à la fin d'Hébert, d'octobre. Vincent avait fait prendre par la section de Mutius Scœvola un arrêté par lequel elle devait demander à la Convention un décret qui eût composé le conseil général du département d'un délégué psir section. Hébert et ses acolytes, maîtres de la Commune, se fussent ainsi emparés de l'administration du département. L'affaire n'eut pas de suite. Vincent revint à la charge le lendemain et fit prencixre, par la même section, un arrêté qui excluait les suspects, leur retirait leur carte civique et denciandait que leurs noms fussent affichés à la porte de l'Assemblée. On devait en outre distribuer des cartes rouges aux signataires de pétitions anti-ci viennes. Le conseil de la Commune se crut assez fort de l'adhésion d'une seule section au projet de la section de Mutius Scœvola pour convertir en mesure de police ces vœux proscripteurs. Plusieurs membres de la Convention pressentirent alors les projets d*Hébert, et comprirent que ce système de dénonciations et d'excessive rigueur révolutionnaire ne tarderait pas à les atteindre. L'Assemblée, terrorisée, n'osa pas résister à la faction. Le décret qui: transformait les églises et presbytères en asiles poiur les pauvres et en établissements pour l'instruction publique, prouve assez qu'elle suivit le mouvement. Les Jacobins eux-mêmes eurent la
la Révolution.
47W. faiblesse ou la Tersatilité de donner la présidence à Ciootz.
FMigne de La Révolutîon était lasse. Le régime de la Terreur avait achevé d'épuiser les âmes. Comme pendant la peste, chacun s'enfermait. Nul ne briguait les fonctions. La populace, les fanatiques et les plus vils des intrigants s'emparaient de la direction de la chose publique. L'obscurité, l'oubli, devenaient l'objet de l'ambition générale. On redoutait le pouvoir comme un péril. Les clubs, déserts ainsi que Tétaient devenus jadis les couvents, montraient par la solitude de leurs salles jadis retentissantes le dégoût des affaires publiques. Les deux réunioQS par semaine que formaient les sections se soutenaient par le salaire qui était attribué aux indigents qui y assistaient ; mais la société des Jacobins elle-même, autrefois si nombreuse, était bien diminuée. C'est au club des Jacobins qu'Hébert avait établi le centre de son action. Homme de dénonciation et de publicité, ne se souciant des doctrines nouvelles qu'autant qu'elles servaient ses intrigues, il laissait le naïf Chaumette poursuivre à la Commune le développement de ses théories subversives. Hébert accusa Fréron, les généraux Lapoype etDuquesnoy. Il demanda et obtint que le Journal de to Montagne changeât de rédacteur. Son but étsdt d'atteindre Laveaux qui, dans un remarquable a^ ticle, avait battu en brèche la doctrine de Chaumette et celle de Ciootz, en soutenant que l'arrangement
Robespierro
flétrit la ftMStion
hébertUte.
fortuit des diverses parties de la matière ne pouvait «m. faire la base des principes qui sont indispensables à la formation et à la conservation des sociétés humaines.
Robespierre s'intéressait à Duquesnoy, à Laveaux, au Journal de la Montagne. Le déiste souffrait en lui des théories matérialistes de la Eaction d'Hébert; le politique s'alarmait de l'ascendant que prenait cette faction, qui comptait dans ses rangs Ck)llot-d'Herbois, Vincent, Ronsin, les Cordeliers, les exagérés, les enragés. Il prit la défeDge de Duquesnoy, parla des manœuvres de l'étranger, qui suscitait au sein même des Jacobins des traîtres qui, sous le masque du patriotisme, semaient la division dans la société mère. « Je voudrais les voir, ces hommes qui nous calomnient et se prétendent plus patriotes que nous, » dit Robespierre. Hébert, silencieux, reçut ce coup accablant. Robespierre , poussant le mépris jusqu'aux dernières limites, ajouta : « Ils veulent nos places.... qu'ils les prennent. » La société se leva en criant : *NonI non! » Or, tandis qu'Hébert dénonçait aux Dënonciauong Jacobins, il avait lancé un dénonciateur dans la Convention, qui, le jour même, avait demandé la mise en accusation d'Osselin, qui avait caché une femme émigrée, du maréchal de camp Lagadie et Je deux administrateurs de police, intermédiaires iam cette affaire. 11 existait dans l'Assemblée des lommes qui s'étaient enrichis par des moyens cou-