LIVRE XVIII M
de fripons stipendiés, qui s'introduisaient partout, itm.
mime au sein des sociétés populaires. » Tout en se défendant d'avoir conçu le projet de dénoncer Sébert, Pache et toute la Commune, il conclut cependant qu'il fallait soulever le masque du patriotisme derrière lequel se cachaient certains visages, et purger la société des traîtres qu'elle renfermait dans 8cn sein. Il dénonça comme des aristocrates dé- ^piisés, comme des agents de l'étranger, Dubuisson, ea-commissaire du ministre Lebrun en Belgique, à l'époque de la trahison de Dumouriez; Proli, fils naturel du prince de Kaunitz ; et, comme affiliés à ^roli, Desfieux et Pereyra. « Je demande, ajouta-t-il en terminant, qu'il soit fait un scrutin épuratoire à Isi tribune pour chasser les agents des puissances étrangères qui se seraient introduits dans cette société. »
L'épuration , telle était l'arme que Robespierre ^^ait résolu de tourner contre les Hébertistes ; arme terrible si Ton songe qu'elle expulsait des Jacobins Ceux qu'elle atteignait et les dévouait ainsi à peu près sûrement à l'échafaud . La Commune atterrée Efforts de «sista pourtant. Chaumette prononça le 23 no- ch'^'^«^'« «* ^e
* f ^ la Commune
Membre un réquisitoire violent contre les prêtres et pourconsenrer fitprmdre un arrêté qui ordonnait la fermeture des ^^""^ pop»!»"^temples, l'arrestation comme suspect de quiconque en demanderait l'ouverture ; qui enjoignait aux Comités de surveiller les prêtres et déclarait qu'une iemànde serait adressée i la Convention pour leur
1793. interdire toute espèce de fonction. Deux arrêtés rendus à Lyon furent adoptés le même jour par la Commune de Paris : l'un ordonnait aux boulangers de ne faire qu*une sorte de pain , qui fut nommé pain de r égalité; l'autre établissait une taxe sur les riches au profit des pauvres. Pour compléter cas mesures à Taide desquelles les Hébertistes espéraient encore triompher de Robespierre lui-même, ils envoyèrent une députation de la Commune demander à la Convention que la sœur du dernier tyran fût traduite au tribunal révolutionnaire et que les enfants de Capet fussent enfermés dans une prison définitive (1). » La proposition fut renvoyée au Comité de Salut public.
Défaite Ccs vaiucs tcutativcs ne pouvaient infirmeries dis-
positions du décret constitutif du gouvernement révolutionnaire. Sous un petit nombre de jours ce décret allait prendre force de loi et réduire les communes à l'obéissance. Les velléités d'usurpation de Chaumette et des Hébertistes tombèrent encore une fois. L'athéisme battit en retraite avec précipitation. Une attaque de Danton, que l'approche de l'épuration alarmait, accéléra la déroute. Il fit contre la faction de l'étranger une proposition par laquelle il demandait que toutes les dénonciations fussent examinées par le Comité de Salut public. Danton avait aussi réclamé la fin des mascarades anti-re-
(1) Séance de la Convention du ^5 novembre (5 frimaire) 4793.
des apôtres de la Raison.
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ligieuses, et quoiquen rappelant la conduite de 1793. Henri IV vis-à-vis du peuple de Paris il fît encore ses réserves en faveur de la clémence, il cédait aux nécessités présentes. Le désordre se mit alors dans les rangs des Hébertistes. Ce fut à qui d'entre eux démentirait ses doctrines. On apprit sur ces entrefaites que Robespierre ferait le 28 novembre (8 frimaire) une communication aux Jacobins. Gbaumette alors ne se contint plus. Paraphrasant le thème de Robespierre : c La tribune des hommes libres ne peut être, dit-il, convertie en chaire de métaphysique. » 11 ajouta que le conseil ne devait plus désormais discuter sur les matières de culte et ferait bien d'en proclamer purement et simplement le libre exercice. 11 avoua ses torts et proposa des mesures protectrices qui furent adoptées.
Le même soir, dans la séance des Jacobins, Hébert entendit nommer la commission de quinze Xïiembres qui devait procéder à l'épuration. Son audace faiblit tout à fait. Gbaumette l'avait abandonné; il sentait que l'isolement allait se faire aatour de lui. La peur le prit, et dans des termes Lâches d'une bassesse égale à son impudence, il accusa ses '^^'Hébort propres partisans de chercher à faire croire qu'il s'agissait de substituer un culte à un autre, de ridiculiser la Révolution , et de laisser se répandre cette calomnie que les Parisiens étaient sans religion et sans foi. Ces plates palinodies cachaient un nou- ^^u piège. La question religieuse, pour la plupart
bypocrine de GbaomeUe.
*'••• des Hébcrtistes, n'étant qu'un moyen d'intrigue, ils en faisaient aisément l'abandon, mais ne renonçaient pas pour cela à leurs ambitieux projets. Tant qu'ils avaient espéré dominer la situation par la popularité que leur donnait l'agitation anti-religieuse, les chefs de la Commune ne s'étaient point émus du décret qui, dans la réorganisation du gonvemement, obligeait les Comités révolutionnaires à relever hiérarchiquement du seul Comité de Sûreté générale. Privés de l'instrument anti-religieux, ils songèrent à fortifier la Commune en rattachant à sa
RnM«i direction les Comités révolutionnaires. Chaume essaya de prouver qu'on calomniait la Commune, affecta de défendre le Comité de Salut public contre de prétendus adversaires, de s'incliner devant la Convention , et , à l'aide de cette tactique ténébreuse, de surprendre un arrêté qui empêchât les sections de s'isoler et obligeât les Comités révolutionnaires de communiquer avec le conseil général de la Commune pour toutes les mesures de police et de sûreté.
Pousser l'audace de la ruse jusqu'à paraître défendre celui qu'on attaquait , c'était dépasser les bornes d'une tactique raisonnable. L'arrêté de U Commune ne mentionna même pas le décret da 17 septembre. Le Comité de Salut public s'émut. Les Comités révolutionnaires étaient convoqués* l'hôtel-de-ville pour la soirée du 4 décembre (14 frimaire). Dans la matinée du même jour, Biilaud-
est réduite à TobéiseaDce.