‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800 (volume 3)Chapitre 29 sur 45 · LIVRE XVni S · texte numérisé non relu

LIVRE XVni S

appareil plein de pompe et d'insolence. Ils accu- im. salent la yille de mercantilisme et de fédéralisme. Le peuple les méprisait, les isolait. Ils destituèrent le Comité de SurTcillance de Bordeaux. Mais le Comité de Salut public, sur l'initiative de Robespierre, SaintJust et Couthon, cassa leur arrêté. Les deux proconsuls étaient d'ailleurs trop sensuels et trop vaniteux pour ne pas se laisser circonvenir, laabeau, ancien prêtre, aimait les lettres et la table. Tallien ne vivait que pour la bonne chère, ka femmes et l'argent. On eut raison du premier avec des repas exquis et des hommages. Le second uaison tomba aux mains d'une femme d'une grande ^^^^^^^ beauté, madame de Fontenay, fille du banquier banquier caespagnol Cabarus. Cette femme était divorcée. Qle devint plus tard l'épouse de Tallien. En attendant elle fit fortune, dit -on, en vendant des grâces. Ceux que Tallien condamnait rachetaient leur vie chez sa maîtresse. A ce produit il joignit celui de l'argenterie enlevée aux riches et aux églises. Tallien avait fait placer l'échafaud en Tue de ses fenêtres, et partout où il passait il se plaisait à effrayer la population par des discours révolutionnaires. Mais l'idée du trafic était le mobile dominant de ses paroles et de ses actions. Etalant un faste impudent, il se promenait en voiture découverte avec la belle Cabarus, vêtue de blanc , coiffée du bonnet rouge , et portant une pique à manche d'ébène.

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I7M A Nantes, la tragédie fut complète et sans mé-

lange. Elle couronna la grande guerre de Vendée, où tant d'abominations furent commises de part et d'autre, par un de ces dénouements épouvantables dont les plus terribles époques du moyen-âge et de l'antiquité peuvent seules offrir Tanalogîe.

Succès des Après le passage de la Loire, Tarmée vendéenne vendéens après ^^ ^immense émiffratiou de vieillards, de femmes et

lepassage ^ ^ '

de la Loire, d'cufants qu'elle traînait à sa suite, élut pour chef le jeune et héroïque Larochejacquelein. Il s'empara de Château-Gontier , repoussa Westermann, qui voulut l'en déloger, et remporta contre le générai Léchelle une victoire sanglante, quoique l'armée du général républicain fût forte de vingt -cinq mille hommes. On vit sur ce champ de bataille Lescure, blessé à mort, porté dans un fauteuil que sa femme escortait à cheval. Gomme dans une tuerie du temps des Armagnacs et des Bourguignons, les rangs, les divers corps, les deux armées ellesmêmes se confondirent, se mitraillant à bout portant, puisant des cartouches aux mêmes caissons, se hachant à coups de sabres et de baïonnettes. Les vieilles divisions qui régnaient depuis l'origine de la guerre de l'Ouest entre le parti de Nantes et \e parti ds Saumur contribuèrent à la défaite des républicains. Les uns prirent la fuite, les autres se rendirent; ces derniers même furent fusillés par les vainqueurs. Les lois de la guerre et les lois de l'humanité étaient foulées aux pieds. L'héroïque général Beau-

la Chouannerie.

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