LIVRE XXVIl
Bey et les mameluks. Murat courut à sa rencontre \w. et le rejeta dans le désert. Marmont, qui occupait Alexandrie, ne se sentit pas de force à empêcher le débarquement. Mais Bonaparte arrivait à marche forcée, ordonnant à ses lieutenants de se concentrer entre Alexandrie et Aboukir. Cette bataille fut une des plus terribles dont l'histoire ait gardé la mémoire. Lannes, Murat, Destaing, exécutèrent avec tant d'intelligence et de valeur le plan de bataille de Bonaparte, que douze mille Turcs furent noyés dans Baume d a oukir les flots de la rade où avait péri notre flotte. Trois mille autres moururent sur le champ de bataille. L'armée fut entièrement détruite. Murat, blessé, peu grièvement d'ailleurs, par Mustapha-Pacha, le fit prisonnier. Kléber arriva vers la nuit, et, transporté d'admiration, il serra Bonaparte sur sa poitrine en s'écriant : « Général, vous êtes grand comme le monde! » Bonaparte rentra triomphalement dans xVlexandrie. Ayant fait en Afrique et en Asie tout ce qu'il pouvait faire avec une armée réduite à vingtcinq mille hommes, sa pensée se reporta avec plus de persistance vers la France.
Une circonstance imprévue vint tout à coup lui apporter la nouvelle de la déplorable situation politique et militaire dans laquelle était tombée la patrie depuis l'époque de son départ. Ce fut Sidney-Smith qui, dans une intention perfide, joua dans cette circonstance le rôle de la Providence. Il remit à un parlementaire envoyé par Bonaparte à la flotte turque
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Bonaparte
apprend
la situation de
la France.
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*'?^- r J?PMr. y :lraijter de rechange des prisonniers un paquet dq journaux d'Europe. Ces journaux ne contefiaient que . le récit de nos défaites et rien de nos derniers supcès. Bonaparte les lut avidement pendant une. nuit entière. Au jour^ sa résolution était prise, U neja communiqua à personne. Il fit seulement vei^irTamiral Ganlheaume, lui ordonna de disposer les frégates le Muiron et la Carrer e poar un voyage immédiat. Il parjtit ensuite pour le Caire, rendit ^ liberté k Hustapha-Pacha, le renvoya au :isullan en offmnt de renoncer à TOrient s'il acceptait l'ialliance de la France. U rédigea ensuite des ïn- , ^tractions qui jfurent cachetées et adres^sées à Klé)^, lauquelil donnait rendez-vousle 7 fructidor à Rosette. Ces dispositions terminées, il retourna le 1^' fructidor à Alexandrie, annonçant Tintention de parcourir le .4eUa; mais le 5 du même mois, vers la fin du jour, escorté seulement d'un petit détachement de guides .et accompagné de Monge, BerthoUet, Denou, La Valette son aide de camp, Bourienne son secrétaine,
Bonaparte Bert^i^r, Lanucs, Murât, Marmont, Ândreossy, il se quille 1 Egypte. j,^jjjj|. ^^ j^^^j j^ j^ j^^j.^ ^^^^ ^^ jj^^ ahsolumcnt
désçrt. Des canots l'y^ttendaieutetle transportèrent . avec i^es^ compagnons à bord du Muiron et de la Carr.ère^. jLes deux frégates, escortées des chebecks k Revanche et la Fortune levèrent l'ancre et disparure^^tdons ^a nuit.
, Lç. lendemain l'armée d'Egypte lissiit avec surprise ^ et acij^ douleur la proclamation siuivante : a.^oldats !