‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 109 sur 119 · LIVRE XXVH 3Ï · texte numérisé non relu

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lettres, et affectait de porter le costume de membre 1799: de rinstitut. Le désintéressement des sciences^ lé respect qu^elIes inspirent, ont de tout temps offert aux hommes de haute et profonde ambition le masque le plus sûr. Mais derrière les lettrés se tenaient les généraux et les hommes d'État, qui déjà formaient le conseil de Bonaparte, sans pourtant^

Altitudo

qu'il eût entièrement dévoilé ses projets. On distin*'' de Bonaparte guait, parmi ce groupe de mécontents ou d'hommes les pîéu^Mires qui aspiraient à mn plus vaste avenir. Lannes, Muratr "*" *^, bruinait;

* * * ' ' ' ses fréquentations

Berthier, Jourdan, Âugereàu, Macdonald, Beumoftville,' Leclerc, Lefebvre, Marbot, Regnault de Saint^î Jean d'Angely, Moreau lui-même, qui vint gros^r cette cour anticipée, et parmi les hommes d'État et les savants, Rœderer, Tancien procureur-syndic de h Commune de Paris, et M. de Talleyrand, auquel ' ' Bonaparte pardonna de n'être point allé en Orient^ Brùix, Boulay (de la Meurthe), Cabanis, Chénier, Cornudet, Lemercier, Daunou, etc. Dans le gouTers ncment, il eut des relations avec Sieyès, Moulins» Gohier, Roger-Ducos, Barras, ainsi qu'avec Dubois-^ Crancé, ministre de la guerre, Fouché, ministre dei'la police, Cambacérès, ministre de la. justice, Real, etc. Mais avec ces derniers il se tenait sur une grande réserve. Son ton était sec et froid. Sa redingote grise, ses longs cheveux, son teint pâle et bruni pftr le soleil d'Egypte, lui donnaient cette physionomie si éminemment originale dont l'art s'est tant dé fois inspiré. Joseph et Lucien, ses frères, le quit-

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1799. tajenl peu. Le second, cinq jours après son retour,: avait été nommé président du Conseil des Cinq-cents. Redouté des républicains, quoiqu'il les honorât, et des gens de mauvaises mœurs et de rapines, qu'il désignait sous le nom de pourris^ il n'avait d'appui réel que chez les modérés, et dans le peuple et dans l'armée.

Sieyès avait trop d'ambition personnelle pour servir du premier coup les projets de Bonaparte; mais son orgueil lui inspira un moment l'idée de le dominer. Quant à Barras, il espérait follement écarler ce formidable rival. Un propos calomnieux et inconsidéré qu'il tint sur son compte lui montra bientôt à quel homme il avait affaire. On agitait au Directoire Malencontreux l^ questiou dc dounor à Bonaparte le commandement I lopos de Barras j^ ^arméo d'Italie. c< Le petit caporal, dit-il, y a trop

contre Bonaparte, * r » » j r

bien fait ses affaires pour avoir envie d'y retourner.» Bonaparte, informé de ces paroles, flétrit Barras en face du Directoire par une menaçante allusion à ses dilapidations. Fouché, qui sentait bien de quel côté soufflait le vent de la fortune, aspirait à se rallier à Bonaparte et essaya de réconcilier son protecteur Barras avec le général. Barras invita Bonaparte à dîner le 8 brumaire (50 octobre). Mais il eut la maladresse, tout en affectant une grande lassitude du pouvoir, de proposer pour son successeur au Directoire un obscur honnête homme, le général Hédouville. 11 laissait en même temps entendre à Bonaparte que sa place était à la tête des armées. Or

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