LIVRE XXI
public, ordonna en maître d'arrêter l'impression, se 1794. fit remettre les pièces par Fouquier-Tinville et les Robespierre emporta. Les comités firent beaucoup de bruit de ànmprellion cette affaire, demandant comment on pouvait arrêter le cours de la justice. L'impression fut réduite au nombre d'usage. Vadier, le lendemain, 16 juin (28 prairial), essaya de prolonger le scandale en lisant son rapport aux Jacobins. Mais plus on se rapproche des masses, moins le ridicule, cette arme de la corruption, trouve de prise. Des murmures d'indignation couvrirent plus d'une fois la voix de Vadier. L'exécution des Chemises rouges , dont on connaît les funèbres détails, eut lieu sur ces entrefaites et vint ajouter l'odieux au ridicule.
La nouvelle de la bataille de Fleurus, qui eut lieu le 26 juin (8 messidor), rendit un peu de force à Robespierre et à ses partisans. L'obstination de Saint- Just fut pour beaucoup dans cette victoire. Il avait donné l'ordre à Jourdan de passer encore une fois la • Sambre, comprenant qu'une bataille gagnée sous l'inspiration de sa volonté rendrait à son parti la vigueur nécessaire pour se débarrasser des conspirateurs, ramener l'ordre et assurer par des institutions la stabilité du système républicain. Le combat s'engagea dès l'aube. Cinq corps d'armée, commandés par Bataille le prince d'Orange, le général Quosdanowich, le comte Kaunitz, l'archiduc Charles et le général Beaulieu se déployèrent sur les hauteurs de Boigne, de Tongrin , se prolongeant j usqu'à Herlaimont et Ander-
de Fleurus.
1794. lues. Jourdan,Bernadotte, Kléber, Marceau, Lefebvre, Ghampionnel combaitirenl dans celte journée mémorable. La victoire fut disputée avec un acharnement; extraordinaire. Repoussés sur divers points, nos soldats se ralliaient autour de leursjeunes et admirables chefs et revenaient à la charge en criant : a Point de retraite aujourd'hui! » C'est à cette bataille que Ton employa pour la première fois un aérostat comme moyen de connaître les dispositions de Tennemi. Jourdan, qui en fit usage, s'en trouva bien. La victoire de Fleurus fut suivie de nouveaux succès et de la jonction des deux armées à Bruxelles, après la prise de Charleroi, de Toumay, d'Ostende, de Bruges et de Gand.
irritauon Quoiquc Saint4ust eût pris une part énergique à
de^LStoe. 'a journée du 18 juin et que \e parti de Robespierre - pût disputer Thônrieur de cette victoire, réclat du
Imprudence * ^
le ses partisans, rcstc de la campague, jusqu'au 10 juillet (22 messidor}, rejaillissait sur Camol et sur le Comité de salut public, où, depuis les derniers jours de prairial, Robespierre ne paraissait plus. L'affaire des Saint-Amarattthc et de Catherine Théot, les accusations auxquelles il s'était vu en butte depuis la fête de l'Être suprême, avaient achevé d'aigrir le caractère de cet •^' homme habituellement porté à la méfiance. Il se rejetait donc avec une roidear excessive dans ses théories de la vertu, de la sagesse et de la justice, et rangeait dans la catégorie des indulgents des hommes couverts de sang, mais dont les mœurs et la probité n'étaient