‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 13 sur 119 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

pas exemptes de blâme. Ses partisans recueillaient sa 1794. pensée, la traduisaient en actes et Texagéraient. Plus leur chef était ennemi de la violence, plus il mettait sa foi dans la seule force de la-parole, plus ces hommes se croyaient obligés de suppléer à ce qui lui manquait.

Dans le parti de Robespierre, au-dessous de Couthon, de Saint-Just et de Lebas, il existait des esprits impétueux' et imprudents comme Hanriot, des personnages d'un génie sombre et tortionnaire comme Dumas etHermann. L'agent national Payan faisait seul exception parmi eux. C'était un iiomme d'assez bon conseil, d'une énergie puissante et que sa position de chef de la Commune rendait important. Il comprenai^ la situation, n'ignorait pas les intrigues du Comité de pureté générale et le but du rapport de Vadier sur Catherine Théot. II pensait que Robespierre devait s'appuyer sur le Comité de salut public et,, dans un vaste rapport qui eût à la fois frappé des feuillants, des royalistes, des hébcrtistes et des dantonistes^ écraser d'un seul coup toutes les factions, mettre un frein aux débordements de la presse, réduire les fonctionnaires à l'obéissance et centraliser dans les mains du gouvernemen/; la puissance matérielle et la puissance morale. 11 exposa ses idées dans une longue lettre adressée à Robespierre et lui fit pressentir les dangers dont il était environné. ' .

Tandis que les uns excitaient à l'action ce dictateur incoînplet, d'autres agissaient.' Hermann, à l'aide de

1794. son bureau Je police, faisait main basse sur les prisons. Il commença par trente galériens de Bicêtre. Les comités ne refusèrent pas leur signature, et les Robespierre galéricus périrent, accusés, par un dénoncia leur com-

(lans la Terreur, plaisaut, dc projcls d'évasiou. Une autre série passa. Craintes qu'il Cette fois Hemiaun y mêla deux personnes connues :

aux représentants uu bâtard dc Sillcry ct le représentant du peuple, de'^^^s^ion. Osselin, montagnard dantoniste, emprisonné pour avoir caché une jeune femme émigrée qu'il aimait. Osselin essaya de se percer le cœur à Taide d'un clou. On le porta mourant à la guillotine. Le parti de Robespierre visait évidemment à reprendre la dictature de la Terreur et à répondre par des actes terribles à •ceux qui Taccusaient d'indulgence. Le Comité de sûreté générale le secondait periîdemenl. A la mort d'Osselin, la Montagne eut peur. Il y avait là plus d'un homme coupable de cette faule généreuse. D'autres, couverts de crimes, redoutaient le théoricien de la vertu. L'un de ceux qui devaient le plus influer sur le grand événement qui sepréparait,Tallien, tremblait pour lui-même et pour sa maîtresse, la dame Cabarrus deFontenay, récemment incarcérée comme suspecte.

La conduite de plusieurs représentants en mission dans les départements contribua singulièrement à développer ce violent retour de Robespierre vers la Terreur. Il devint évident qu'il cherchait à effacer l'effet produit par la fête à l'Être suprême et par le rapport de Vadier sur Catherine Théot. Couthon dé-

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