‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 14 sur 119 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

Mort tragique

des derniers

girondins.

fendit ouvertement Joseph Lebon, qui avait commis des actes cruels à Arras. UnaulreagentdeRobespierre, JuUien, qui avait à Nantes, près de Carrier, joué le rôle de modéré, devenait tout à coup terroriste à Bordeaux. Il n'ignorait pas que Guadet, Salles, Barbaroux, Pétion et Buzot avaient paru au Bec-d*Ambès. Us avaient remonté la rivière. Guadet fut aperçu à Libourne. On comprit que les fugitifs s'étaient cachés dans les immenses souterrains de Saint-Émilion. Jullien fit prendre des informations. La famille de Gua- Affaire des grones det habitait les environs; on l'épia. Jullien choisit saint-ÉmiUon. dix hommes résolus. Ils emmenèrent des dogues, iju'ils devaient lancer sur la piste des infortunés proscrits. Un détachement du bataillon de Bec-d'Ambès cerna les souterrains et investit les maisons de la famille de Guadet. Salles et Guadet furent pris dans un grenier. Le lendemain, des volontaires passant près d'un champ de Pinada, entendirent la détonation d'une arme à feu. Ils s'approchèrent et virent un homme couvert de sang, dont la mâchoire était fracassfie. On lui demanda son nom. Il ne pouvait répondre, mais quand on lui dit le nom de Barbaroux, il fit un signe affirma tif. Quelques jours après, on Irouva en outre deux cadavres déjà en proie aux vers, hideux, défigurés et à demi rongés par les bêtes fauves, on les reconnut pour les restes de Pétion et de Buzot. Louvet avait pu revenir à Paris, s'y cacher et gagner le Jura. .

Ce lugubre récit parvint le 28 juin (8 messidor)

1794. à la Convention. Les rires soulevés par l'affaire de Catherine Théot et parle bouffon rapport de Barrère cessèrent aussitôt. Quand, trois jours après, Robespierre prit la parole au club des Jacobins, signala la fausse marche imprimée au gouvernement, se plaignit da système de calomnie organisé contre lui et dénonça ceux qu'il comprenait dans la dénomination de faction des indulgents, il redevint encore une fois le chef suprême de la Terreur: Il parla aussi des fripons; le nombre en était considérable alors, comme à toutes les époques d'anarchie. U s'éleva contre les agents de l'étranger, qualificalic/n dont l'affaire des chemises rouges et le rapport d'Élie Lacoste avaient permis d'apprécier l'effrayante élasticité. Lorsqu'on songeait en outre que dans cette faction des indulgents Robespierre, qui ne parlait plus des exagérés, comprenait tous ses adversaires, parmi lesquels figuraient des liotttmes couverls de sang, les Vadier, Ijes Vbuland, les Amar et leurs complices tremblèrent. Avec une amertume'prôforide il parb. des libelles imprimés contre lui à Paris et à Londres, où on le représentait comme l'assassin defe honnêtes geni&. « €'est ainsi, artiôulM-ifi que l'on absout les tyrans en attaquant un patriote isolé, qui n'a pour lui que son courage et sa vertu. » Les Jacobins s'émurent à cette parole de leur chef, et Fun deux s'écria : « Robespierre, tu as tous les Français pour toi. » Mais lui, se méfiant de l'éloge autant que du blâme :« Je ne veux ni de partisans, ni d'éloge, ma défense est dans ma

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