‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 22 sur 119 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

on trompe : donc on conspire; on était audacieux, on méditait un grand acte d*oppression ; on s'entourait delà force pour comprimer Topinion publique, après l'avoir irritée; on cherche à séduire des fonctionnaires publics dont on redoute la fidélité ; on persécute les amis de la liberté : on conspire donc. On devient tout à coup souple et même flatteur; on cherche à endormir l'opinion publique ; on calomnie le peuple; on érige en crime la sollicitude civique; on ne renvoie point les déserteurs, les prisonniers ennemis, les contre-révolutionnaires de loufe espèce qui se rassemblent à Paris, et on éloigne les canonniers, on désarme les citoyens; on intrigue dans l'armée; on cherche à s'emparer de tout : donc on conspire. Ces jours derniers, on chercha à vous donner le change sur la conspiration; aujourd'hui, on la nie; c'est même un crime d'y croire. On vous effraye, on vous rassure tour à tour : la véritable conspiration, la voilà (1). »

Il dénonçait en outre une division intestine entre le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale, où siégeaient, selon lui, des complices de la conspiration. Il disait, non sans raison, que ces deux comités constituaient deux gouvernements. c< Quel est le remède à ce mal? ajoutait-il. Punir les traîtres, renouveler les bureaux du Comité de sûreté générale, épurer ce Comité lui-même et le subordonner au Co-

Conclusions

du

discours

de Robespierre.

(i) Séance de la Convention du 2 thermidor 1794.

1794. mité de salut publk^ épurer le Comité de salut public

lui-'mêôïe, constituer l'unité du gouvernement sous

Tautorité de la Convention nationale. » 11 «termina

parcesîngûfier argument : « Que peut-on objecter à

un homme 'qui sait- mourir pour son pays? » Et il

prononça lui-même le mot de sa destinée : c< Je suis

fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. »

Lorsqu'il etil cessé de parler, le silence se pro-

. . longea. Les ennemis de Robespierre n'osaient pas

des ennemis l'attaquer. Lcs iudécis attendaient que la fortune parût

lie Robespierre. »% i » r t\ \ t • ^

- se prononcer. Deux des conjures, novère et Lecomtre,

vole ri^'î^resLn échangeaient quelques paroles à voix J)asse, s'excitani du discours, à l'attaque. Mais le moment de jeter le masque n'était pas venu. Lecointre dit au contraire : « Je demandel'impression du discours. ))Barrère et Couthon appuient cette proposition. Mais Bourdon (de l'Oise), plus courageux que Lecointre, son complice, la combat. Elle fut pourtant admise. Vadier essaya d'engager une discussion à propos de Catherine Théot. Mais déjà Cambon s'était élancé à la tribune. c< Avant d'être déshonoré, s'écrie-t-il, je parlerai à la France! »

Collot-d'Herbois, qui présidait, maintint la parole a Vadier, qui parla en faveur des deux comités, dont il certifia impudemment l'estime et la confiance mutuelles. Cambon prouva aisément l'injustice des attaques de Robespierre contre l'administration des finances. « Tous les partis m'ont trouvé sur leur route, articula-t-il, il est temps de dire la vérité tout entière : un seul homme paralysait la volonté de la

Premières

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