‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 31 sur 119 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

Un secrétaire entra et annonça aux membres du Comité de sûreté générale qu'il étaient attendus au lieu ordinaire de leurs séances. Ils traversèrent la salle au milieu des applaudissements de l'assemblée et des tribunes. Les huissiers et les gendarmes emmenèrent les accusés. Collot-d'Herbois acheva son dis- <îours, reprochant à Robespierre de n'avoir aimé ni Marat, ni Challier. A cinq heures la séance fut imprudemment suspendue pendant deux heures.

La commune de Paris, informée de ce qui se passait à la Convention, se mit aussitôt en insurrection. La Convention venait de lui signiTier un décret qui chargeait le conseil général de veiller à la sûreté de Paris. Le conseil répondit à ce décret en publiant une adresse au peuple conçue dans les termes suivants : « Citoyens, la patrie est plus que jamais en danger. Des scélérats dictent des lois à la Convention qu'ils oppriment. On poursuit Robespierre qui fit déclarer le principe consolant de Texistence de l'Etre suprême et de l'immortalité de l'âme; Saint-Just, cet apôtre de la vertu, qui fit cesser les trahisons du Rhin et du Nord, qui, ainsi que Lebas, fit triompher les armes de la République, avec Couthon, ce citoyen vertueux qui .n'a que le corps et la tête de vivants, mais qui les a brûlants de l'ardeur du patriotisme. Robespierre le jeune, qui présida aux victoires de l'armée d'Italie. Et quels sont leurs ennemis? Un Amar, noble de 30,000 livres de rente ; Dubarran, ▼icomte, et des monstres de cette espèce ; Collot-

La séance est suspendue

pendant deux heures.

Adresse

de la (!omniun«^

au peuple.

La (Commune

se met

en insurrection.

Indécision des bections.

d'IIerbois, le partisan de Tinfâme Danton, comédien qui, dans Tancien régime, avait volé la caisse de sa troupe; ce Bourdon (de TOise), qui calomnia sans cesse la Commune de Paris; ce Barrère, qui appartient à toutes les factions tour à tour, et qui a fait fixer le prix des journées des ouvriers pour les faire périr de faim ; voilà les scélérats que le conseil te dénonce; PEUPLE, LÈVE-TOI, ,ne pcpdons pas le fruit du i août et du 51 mai, et précipitons au tombeau tous les traîtres. — Signé Lescot-Fleuriot, maire. — Blin, secrétaire adjoint. » Le conseil mit en outre sous la sauvegarde du peuple les citoyens décrétés d'arrestation par la Convention. Il fit fermer les barrières de Paris, ordonna de battre le rappel, desonner le tocsin^ d'arrêter les messages de la Convention, d'amener des canons et de les ranger en batterie devant la maison commune. Des cartouches furent distribuées à la gendarmerie.

A six heures, la Commune était en insurrection complète. Mais les sections ne répondaient pas avec ensemble et vigueur à l'appel du conseil général. Le faubourg Saint-Antoine était indécis. Dans plusieurs quartiers de Paris, on ne savait pas au juste de quoi il s'agissait. Un grand nombre de personnes apprenant que la Convention venait de faire arrêter Robespierre, et rattachant à ce nom la responsabilité des exécutions par fournées, se réjouissaient et croyaient qu'avec le règne de Robespierre allait finir le régime de la terreur et l'effusion du sang. Celte conviction

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