‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 33 sur 119 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

cria l'assemblée. Collot-d'Herbois prit place au fauteuil de la présidence, et d'un ton solennel : « Citoyens, dit-il, voici l'instant de mourir à notre poste ; des scélérats, des hommes armés ont investi le Comité de sûreté générale et s'en sont emparés. » A ces mois, la foule qui remplissait les tribunes sortit, et bientôt la Convention se trouva même sans témoins pour cette mort à laquelle elle se préparait. Elle s'attendait de minute en minute à voir le lieu de ses séances envahi par des bandes armées. AiméGoupilleauavailannoncc que Hanriot délivré avait été emmené en triomphe, que Robespierre avait été refusé à la prison du Luxembourg, et que les gardes, changés en escorte, l'avaient embrassé et conduit à la Commune. Un autre membre vint annoncer que Hanriot était sur la place, qu'il tournait ses canons contre la Convention. Les boulets d'un instant à l'autre pouvaient briser les portes, trouer les murailles et ensevelir la Convention sous un monceau de ruines. L'Assemblée indignée se leva en criant : « Hors la loi ! » faible protestation dans un pareil moment. L'un des hommes les plus pusillanimes des comités, Amar, eut une inspiration courageuse, n erra sur la place du Carrousel, et s'apercevant que Hanriot ne réussissait pas à se faire obéir de ses canonniers, auxquels il ordonnait de tirer le canon contre la Convention, il s'élança vers eux en s'écriant : « Canonniers, déshonorerez-vous votre patrie, de qui vous avez toujours bien mérité? » Un aide de camp d'Hanriot leva le sabre sur la tête d'Amar; les

La Convention se prépare ù mourir.

Mise hors la loi des insurgi's.

1794. canonniers le protégèrent. Hanriot furieux tourna bride suivi d'un petit nombre d'hommes et se replia sur la Commune. Araar rentra dans le sein de la Convention, raconta ce qui venait de se passer et ranima les esprits. Vouland proposa de nommer un chef à la garde nationale. On nomma Barras, auquel on tarras est nommé adjoignit Fcrraud, Fréron, Rovère, Delmas, Baletti, commandement Léouard Bourdou ct Bourdou (de rOise). Tandis que

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la force armée. Barras Organisait la force armée, d'autres députés devaient se répandre dans les sections et les haranguer. Les sections étaient indécises. Quiconque eût examiné de haut la situation eût été frappé de Tépui^ sèment de la force révolutionnaire. Les esprits ne se tournaient plus vers le parti du mouvement. Us inclinaient dans un sens contraire. Les comités révolutionnaires évitèrent pour Ja plupart de se rendre à la convocation de la Commune. Les Jacobins eux-mêmes étaient divisés et gardèrent une attitude assez froide. Quant à la population de Paris, elle resta manifestement indifférente ou inerte. La terreur, la vue continuelle du sang versé, avaient tué en elle Texcitation révolutionnaire. Elle espérait sans doute que la chute de Robespierre entraînerait celle de Téchafaud. Mais une prudente réserve l'empêchait de se prononcer pour Tun des deux partis.

Barras et ses collègues ne purent pendant la nuit entière réunir deux mille hommes sur la place du Carousel. Léonard Bourdon parvint cependant à soulever la section des Gravilliers et marcha à la tête

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