‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 35 sur 119 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

avaient fait des déclarations analogues. Tallien monta i^yi. au fauteuil et s'écria : « Partez sur-le-champ, afin que le soleil ne se lève pas avant que la tête des conspirateurs ne soit tombée. » Barras forma deux colonnes, Tune investit les rues situées derrière Thôtel de ville; Tautre, que dirigeait Léonard Bourdon, se composait en grande partie d'hommes de la section des Graviliiers, où la condamnation de Roux, de Chaumette et de quelques hommes de la faction des enragés avait accumulé des semences de haine et de vengeance contre Robespierre.

On a vu que cette troupe était arrivée la première, au moment où la majeure partie des canonniers abandonnait la défense de Thôtel de ville. Hanriot à la tête de ce qui lui restait de soldats, engagea un combat contre la colonne. Il y eut aloi^ de nouvelles désertions. Hanriot, à cette vue, perdit complètement la tête. « Est-ce possible! s'écria-t-il, ces scélérats de canonniers qui m'ont sauvé la vie il y a quelques heures m'abandonnent maintenant! »I1 rentra à rhôtel de ville pour demander au conseil ce qu'il y avait à faire. Le reste des troupes d'Hanriot se dispersa ou se joignit aux assaillants. Le décret de mise hors la loi, lu à haute voix à la lueur des torches par les huissiers de la Convention qui précédaient les troupes, frappait le peuple de terreur.

Déjà, d'ailleurs, Merda, Dulac et quelques gendarmes montaient le grand escalier de l'hôtel de ville en criant : « Vive Robespierre ! » Interrogé, Merda,

Le gendarme

Merda

lire un coup de

pistolet sur

Robespierre.

Défaite tl»'S conjurés.

qui marchait en avant, répondit qu'il était chargé d'une mission secrète. En approchant de la salle du secrétariat, où délibéraient Robespierre et ses principaux partisans, la foule devint plus compacte. Le meurtrier s'enfonça résolument dans un corridor gardé par une masse d*hommes qui s'opposafent à son passage. Quelques-uns le frappèrent, il continua d'avancer, se trouva devant la porte du Secrétariat, heurta et se vit en face d'une cinquantaine de personnes. Robespierre était assis près de la table du conseil. Il venait de jeter sa plume après avoir écrit les deux premières lettres de son nom au bas d'un appel à l'insurrection. Merda sauta sur lui et lui mettant le sabre sur la poilrine : «Rends-toi, traître ! » s'écrie-l-il. « C'est toi qui es un traître, et je vais le faire fusiller, » réplique Robespierre. L'assassin prit un des deux pistolets qu'il tenait cachés sous ses vêtements et tira à bout portant sur Robespierre. Au lieu de l'atteindre en pleine poitrine, le coup lui brisa la mâchoire du côté gauche. II tomba en avant sur un décret ainsi conçu et dont l'original taché du sang de la victime a été conservé : « Commune de Paris. Comité d'exécution. Le 9 thermidor : Courage, patriotes de la section des piques, la liberté triomphe. Déjà ceux que leur ferm.eté a rendus formidables aux traîtres sont en liberté; partout le peuple se montre digne de son caractère. Le point de réunion est à la Commune, dont le brave Hanriot exécutera les ordres du comité d'exécution, qui est créé pour sauver la

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