‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 37 sur 119 · IV · texte numérisé non relu

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sa mâchoire brisée. De sa bouche sortaient des caillots de sang. Au bout d'une heure il ouvrit les yeux. Du sac à fleurs de lis qu'on lui avait glissé dans la main il ôlait le sang qui emplissait sa bouche. Quelques personnes lui donnèrent des morceaux de papier en gùise de linge. Il regardait fixement tour à tour les employés du Comité qu!il connaissait et portait les yeux au plafonds Quelques assistants^ notamment un canonnier de son pays, Tinsultèr^nt. Ses collègues vinrent le voir, lui crachèrent au visage, le frappèrent. Des commis le piquèrent de leurs canifs.

A six heures du matin, un chirurgien entra, mit une clef dans la bouche du blessé, lui tira trois dents et quelques esquilles, lui banda sa blessure et lui fit donner de Tcau. Pendant le pansement, qui dut lui causer des douleurs atroces, Robespierre, à part quelques mouvements convulsifs, resta impassible, regardant fixement la chirurgien, a Si tu n'étais pas un scélérat, on te guérirait, » dit celui-ci. Le pansement fini, au moment où nul ne s'y attendait, Robespierre se dressa sur son séant, releva ses bas et courut s'asseoir dans un fauteuil. Les boucles jarretières de sa culotte le gênaient, un employé, homme charitable, s'en aperçut et les lui détacha. Robespierre, surmontant la douleur que devait lui causer l'articulation de la parole, lui dit distinctement : a Je vous remercie, monsieur. »

Couthon et un membre de la Commune, Gobeault, avaient été déposés au pied du grand escalier du Co-

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