‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 38 sur 119 · LIVRE XXll · texte numérisé non relu

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mité. Le Comité ordonna le transfert à là Concier- m\,

g^erie des prisonniers mis hors la loi. Les blessés durent auparavant subir un nouveau pansement à THôlel-Dieu. Supplice bien inutile, car, étant mis hors la loi, il suffisait de constater leur identité pour les conduire à Téchafaud. C'est ce que Thuriot ne cessa de demander avec rage, comme s'il eût craint que les victimes échappassent. Dumas, président du tribunal révolutionnaire, était du nombre des accusés. Il allait être jugé par son propre tribunal. Fouquier-Tînville, malgré son audace et son impudeur, éprouva quelque embarras. Il se rendit ii la Convention. « Un décret, dit-il, exige que l'identité soit constatée en présence de deux officiers municipaux de la commune des prévenus ; or il nous est impossible de satisfaire à cette formalité dans cette circonstance, où les municipaux sont frappés eux-mêmes. » Fouquier-Tinville, sur la demandjB de Thuriot, fut renvoyé au Comité de sûreté générale.

Le Comité ordonna de ne pas s'arrêter à ces difficultés. A. trois heures, Tidentité était constatée et les charrettes sortaient de la Conciergerie Elles contenaient, outre -Robespierre aîné, Robespierre jeune,

' ^ ^ ^ ' ' . Robespierre

Couthon,Saint-Just,Hanriot,Payan, Dumas, Fleuriot- «i ««s compiioes

I i • J n • 17* • ' 'j A j 11-1 sont conduits à

Lescot, maire de Pans, Vivier, président du club des léchafaud. Jacobins pendant la nuit du P au 1 thermidor, le général Lavalette et douze membres du Conseil général. Ceux des blessés qui ne pouvaient pas se soutenir furentliés deboutauxparoisdelachari'elle. Robespierre,

inSTOlRE DE SOIXANTE Ai\S

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& la mort (In UohMpierrc.

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le visage gonflé, la mâchoire soutenue par un linge sanglant, regardait la foule de cet œil fixe que les chirurgiens avaient remarqué. La multitude se pressait immense et passionnée autour des charrettes. Le nom de Robespierre était devenu le synonyme de la terreur. En le voyant traîner à Téchafaud, les parents des victimes et des détenus, les gens qui craignaient d'être arrêtés, ceux qu'inspirait la seule horreur du sang versé, les gens de plaisir qu'effrayaient ses théories sur la vertu, tout ce peuple voyait dans sa mort la (indu régime donltous les crimes lui étaient imputés. Nul alors peut-être ne songea que parmi les gens qui faisaient périr Robespierre se trouvaient des hommes comme Collot-d'llerbois et Fouché, qui avaient à Lyon versé desflolsde sang, Tallien, Carrier, Rovère, Tun des instigateurs des massacres de Nîmes, et vingt autres phis ou moins chargés de crimes. Aux fenêtres on vit des filles, la gorge nue, des fleurs dans les cheveux. 11 était naturel qu'elles vinssent applaudir à la mort du moraliste austère et triste qui avait voulu décréter la vertu et fonder un régime sur le sacrifice et la morale absolue, et non sur l'utile et l'agréable. Un fait singulier complète l'antithèse. L'incarnation du vice, le marquis de Sade, fut mis en liberté le 10 thermidor.

11 y eut des joies plus légitimes, les joies des prisons. La loi de prairial, sortie de la pensée de Robespierre, y avait amoncelé des légions de suspects. Quand Robespierre s'était rejeté dans la terreur, il

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